Maréchal, nous voilà !

hymne officieux de l'État français (1940-1944) From Wikipedia, the free encyclopedia

Maréchal, nous voilà ! est une chanson française à la gloire du maréchal Pétain. Les paroles sont d'André Montagard, également cosignataire avec Charles Courtioux[1] de la musique. Toutefois, elle est le plagiat d'un air d'opérette composé par Casimir Oberfeld pour le film La Margoton du bataillon () de Jacques Darmont par ailleurs déjà plagiée par Frédo Gardoni pour accompagner le Tour de France de sous le titre de La Fleur au guidon. La chanson créée durant l'occupation et le régime de Vichy fait partie intégrante de la propagande et du culte de la personnalité du régime autoritaire et antisémite mis en place par le maréchal Pétain.

Affiche de propagande du régime de Vichy : en médaillon, le portrait du maréchal Philippe Pétain sous la devise « Travail, Famille, Patrie », au-dessus d'une francisque et d'une scène représentant la France rurale et industrielle, .

Histoire

Création

La chanson est créée en et éditée par les éditions musicales du Ver Luisant[2]. Cette maison d'édition, dirigée à l'époque par Rolf Marbot (d'origine allemande, de son vrai nom Albrecht Marcuse), produit d'autres chansons à la gloire de Philippe Pétain, comme La France de demain ou La Marche des jeunes[3]. Charles Courtioux[4] était l'imprimeur des partitions musicales du Ver Luisant[3],[5],[6],[7].

Au moment de la déclaration de la chanson à la SACEM, celle-ci décèle une « parenté évidente[5] » avec une composition de Casimir Oberfeld, La Margoton du bataillon[8], et met en garde Charles Courtioux sur cette « étrange similitude[5] » par une note[9],[10],[3]. Mais en raison des lois antisémites sous Vichy, Casimir Oberfeld, qui a été l'un des premiers ayants droit de la SACEM à la veille de l'occupation allemande[3], perd le droit d'y déposer des œuvres et la possibilité de toucher ses droits d'auteur parce qu'il est Juif[11]. Déporté à Auschwitz en [12], il meurt lors d'une « marche de la mort » en [11].

La musique de Maréchal, nous voilà ! présente aussi une « ressemblance frappante[5] » avec une chanson intitulée La Fleur au guidon[13], de Frédo Gardoni, dédiée à l'édition du Tour de France[5]. Celle-ci ainsi que le Chant de l'avenir, chanson des Amicales socialistes de (composée par Michel Emer et G. Aubry[14]), sont apparemment d'autres exemples d'influence ou de plagiat de La Margoton du bataillon[15],[11].

Statut sous le régime de Vichy

Pendant la Seconde Guerre mondiale, durant l'Occupation, cette chanson est interprétée, entre autres, par Andrex et André Dassary[5] (enregistrement Pathé, accompagné par l'orchestre de Marcel Cariven[16]).

La Marseillaise reste l'hymne principal de la France durant cette période[17],[18] et tient une place prépondérante, ce qui illustre la volonté du régime de ne pas abandonner les symboles nationaux à la Résistance[19]. Mais elle n'est pas officiellement désignée comme l'hymne national[20]. Elle est souvent suivie, dans la zone sud, de Maréchal, nous voilà !, qui devient l'hymne officieux du régime de Vichy. Maréchal, nous voilà ! est régulièrement diffusée sur les ondes de Radio-Paris et de la Radio nationale[3]. Elle est jouée dans l'ensemble des territoires de la France et de l'Empire ; c'est le cas en particulier dans la plupart des écoles mais aussi dans les chantiers de jeunesse[21], les casernes et les meetings de la Milice française[3].

Le refrain seul montre combien cette chanson participe largement du culte de la personnalité créé autour de Pétain dès [22],[23] :

« Maréchal, nous voilà ! / Devant toi le sauveur de la France / Nous jurons, nous tes gars / De servir et de suivre tes pas / Maréchal, nous voilà ! / Tu nous as redonné l’espérance / La Patrie renaîtra / Maréchal, Maréchal, nous voilà ! »

Parodies

Le chant Maréchal, nous voilà ! étant un élément majeur de la propagande de Vichy, il a été l'objet d'un pamphlet contre Pétain, Maréchal vous voilà, et de parodies de la part de la Résistance comme Général, nous voilà !, en hommage au général de Gaulle[24], ou Maréchal, les voilà ! de Julien Clément[25].

Lors de la mort de Jean-Marie Le Pen, Libération titre : « Maréchal, le voilà » ()[26].

Documentaire

Dans la culture populaire

Cinéma

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Littérature

Dans le roman Le Traître, de Pierre Cormon, la chanson passe régulièrement dans un restaurant du Caire, en .

Bande dessinée

Télévision

Notes et références

Bibliographie

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