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Charles de Louviers

auteur présumé du coup d'arquebuse ayant tué l'amiral Gaspard de Coligny le 22 août 1572 From Wikipedia, the free encyclopedia

Charles de Louviers, plus connu sous le nom de Maurevert, né vers 1505 et mort le , est un gentilhomme français des règnes de François Ier et Henri II et de l'époque des guerres de Religion (1562-1598). Il est principalement connu comme l'auteur probable du coup d'arquebuse tiré le sur l'amiral de France Gaspard de Coligny, un des principaux chefs militaires protestants, attentat à l'origine du massacre de la Saint-Barthélemy.

Naissance
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Décès
Pseudonyme
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Faits en bref Seigneur, Naissance ...
Charles de Louviers
Vue d'artiste de Charles de Louviers lors de l'attentat contre l'amiral Gaspard de Coligny, le .
Illustration de J. Gerlier, gravée par Auguste Trichon, 1863.
Titre de noblesse
Seigneur
Biographie
Naissance
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Décès
Pseudonyme
Tueur du royVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Conjoint
Marguerite d'Aquino (famille d'Aquino)
Autres informations
Religion
Distinction
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Issu d'une famille noble de la Brie où se trouve notamment sa seigneurie de Maurevert (dans l'actuelle commune de Chaumes-en-Brie), il entre d'abord au service de la maison de Guise, notamment de François de Guise encore enfant. En 1561, il épouse une princesse italienne de la maison d'Aquino (dont est issu saint Thomas d'Aquin), ce qui lui donne accès à la cour de France.

En 1569, au cours de la troisième guerre de Religion (1568-1570), se présentant comme rallié aux protestants, il assassine Louis de Mouy, lieutenant de l'amiral Gaspard de Coligny. Le , quatre jours après le mariage d'Henri de Navarre avec Marguerite de Valois, il tente d'assassiner l'amiral, qui n'est que blessé, mais qui va être assassiné le , ainsi que des centaines d'autres protestants, dès le début du massacre de la Saint-Barthélemy.

Maurevert, qui par la suite vit dans la crainte des représailles, meurt en 1583, à la suite d'un combat avec le fils de Louis de Mouy, qui meurt lui aussi de ses blessures.

Biographie

Origines familiales

Charles de Louviers est issu d'une famille noble de la Brie (actuelle Seine-et-Marne), possédant des seigneuries autour de Melun et de Provins, notamment la seigneurie de Maurevert (actuelle commune de Chaumes-en-Brie). Selon le généalogiste Pierre d'Hozier (1592-1660), le premier membre connu de cette famille est Guy de Louviers (mort en 1493), seigneur de Maurevert, père de Nicolas de Louviers, maître des requêtes de l'hôtel du roi.

Charles est le fils de Nicolas de Louviers et de Charlotte de Postel d'Ormoy.

La seigneurie de Maurevert, possédée depuis plusieurs générations par sa famille, fait de Charles un voisin de l'abbé Jean de Gondi, frère d'Albert de Gondi (1522-1602), premier duc de Retz, considéré comme un des instigateurs du massacre de la Saint-Barthélemy.

Débuts

Il devient page des fils du duc de Guise, Claude de Lorraine (1496-1550), François (1519-1563), qui succèdera à son père comme duc de Guise, et Claude (1526-1573), par la suite duc d'Aumale.

Mariage avec une princesse italienne (1561)

En 1561, il se marie avec Marguerite d'Aquino, fille du comte Antoine d'Aquino, marquis de Corato et prince de Castiglione Marittimo et d'Isabelle Caracciolo, sœur d'Antoine Caraccioli (1515-1570), fille de Jean Caraccioli (1487-1550), prince de Melfi et maréchal de France.

Ce mariage dans une famille illustre permet à Charles de Louviers d'accéder à un statut plus élevé dans la noblesse.

En tant que petite-fille du maréchal de France Jean Caraccioli, cousin issu de germain de Catherine de Médicis, elle est apparentée aux rois de France, François II, Charles IX et Henri III.

De plus, par sa grand-mère, elle descend de la maison Carafa : elle est la cousine issue de germains du cardinal Vincenzo Carafa, parent du pape Paul IV (Gian Pietro Carafa, 1476-1549).

Elle est aussi la cousine germaine d'Anna d'Acquaviva, une des maîtresses du roi Charles IX.

Cette alliance matrimoniale donne à Charles de nouvelles perspectives. Cela lui permet d'intégrer la cour de France et de s'approcher des grands du royaume. C'est ainsi qu'il se lie avec les Guise et les Gondi, personnalités catholiques de premier plan.

Durant les premières guerres de Religion (1562-1568)

L'assassinat de Louis de Mouy (9 octobre 1569)

Maurevert se rallie à la cause protestante pendant la troisième guerre de Religion (-), prétextant son dégoût pour ses anciens protecteurs catholiques[réf. nécessaire], se mettant au service de Louis Claude de Vaudrey, seigneur de Mouy, lieutenant de Gaspard II de Coligny, amiral de France et un des principaux chefs militaires protestants.

Louis de Mouy est issu d'une importante famille noble de Champagne[réf. nécessaire], avec laquelle Maurevert a des liens familiaux. Les deux hommes se sont rapprochés au fil du temps.[réf. nécessaire]

Alors que les forces protestantes occupent la ville de Niort, Maurevert assassine Mouy le d'un coup de pistolet, puis s'enfuit. Coligny jure alors de se venger du meurtrier de son lieutenant.

Arrivé au camp royal, Maurevert est bien accueilli par le frère du roi, Henri (1551-1589), duc d'Anjou.

Le reste de l'armée royale lui est moins favorable, le considérant comme indigne de confiance après avoir tué son propre bienfaiteur.[réf. nécessaire]

Charles IX voit un avantage dans la situation. Le , il écrit à son frère François (1555-1584), à Paris, pour lui demander d'introniser Maurevert comme chevalier de l'ordre de Saint-Michel. Outre le collier de l'ordre, il doit recevoir 2 000 livres.

Après l'assassinat de Louis de Mouy (1569-1572)

Après la fin de la troisième guerre de Religion, achevée avec la paix de Saint-Germain (), une réconciliation a lieu entre les protestants et le pouvoir royal. Notamment, il est prévu de marier le calviniste Henri de Bourbon (1553-1610), premier prince du sang, avec la sœur du roi, Marguerite (1553-1615), mariage fixé au . Le , Henri devient roi de Navarre à la mort de sa mère Jeanne d'Albret.

Gaspard de Coligny réapparait à la cour en 1571, mais il devient de plus en plus gênant pour le pouvoir en place. Il prône une politique de soutien aux Néerlandais insurgés depuis 1568 contre Philippe II, souverain des Pays-Bas, mais aussi roi d'Espagne et adversaire intransigeant du protestantisme.

L'objectif de Coligny est de rapprocher les catholiques modérés, les « politiques » et les protestants face à un ennemi commun, les catholiques les plus inflexibles, réunis sous l'égide du duc Henri de Guise, que Maurevert a servi dans sa jeunesse, mais aussi contre la maison de Habsbourg, dont fait partie Philippe II, fils de Charles Quint, que les rois de France ont combattu tout au long des guerres d'Italie.

Lorsqu'approche la date du mariage d'Henri de Navarre avec Marguerite de Valois, de nombreux gentilshommes protestants viennent à Paris pour y assister. Le mariage a lieu à la date prévue, le .

Maurevert, très vraisemblablement poussé les chefs de la Ligue, mais aussi (il y a des controverses sur se sujet bien qu'il existe de nombreux éléments concordants) par une partie de la famille royale (Charles IX, ses frères Henri et François possiblement aussi Catherine de Médicis, la reine mère)[réf. nécessaire] décide alors d'assassiner Coligny.

Il obtient l'accès à une maison appartenant à des proches des Guise (peut-être Pierre de Villemur), située rue des Fossés-Saint-Germain, surplombant le chemin habituel de l'amiral du Louvre à sa résidence parisienne[Où ?]. Il est présenté aux habitants par François de Villiars, seigneur de Chailly, surintendant du duc de Guise.

L'attentat contre Coligny (22 août 1572)

Le , revenant du Louvre, l'amiral de Coligny est atteint par un coup d'arquebuse tiré d'une fenêtre du premier étage de cette maison. Le projectile lui traverse la main et le bras, mais ne réussissant pas à le tuer. La balle est ensuite extraite de son coude et un doigt amputé.

Personne n'a vu le tireur[réf. nécessaire] qui s'est enfui après avoir tiré un seul coup. Cependant, beaucoup s'accordent sur Charles de Louviers. Par exemple, le cardinal Anton Maria Salviati (1537-1602) a écrit que si Maurevert avait tiré avec plus de précision (c'est-à-dire : s'il avait tué Coligny), le massacre de la Saint-Barthélemy n'aurait pas eu lieu.

Les historiens ont approuvé ce point de vue[réf. nécessaire], estimant que, dans ce cas, la noblesse protestante aurait quitté immédiatement Paris et serait entrée en guerre, plutôt que de rester dans la capitale en demandant justice et de se faire massacrer deux jours après.

Surnommé « le tueur du roy », puisque pour une grande partie des Français, c'est Charles IX qui a commandité l'attentat, Maurevert obtient plusieurs pensions pour son acte[réf. nécessaire], de la part des Guise en premier lieu ainsi que d'Henri d'Anjou.

Après l'attentat (1572-1583)

En 1574, Maurevert se dispute avec son cousin[Qui ?] et le tue.

En 1579, il se bat avec un neveu[Qui ?], ce qui lui coûte un bras.

Conscient d'être menacé par la vengeance des proches de ses victimes, il se déplace toujours accompagné de gardes armés et porte une cotte de mailles en permanence.

Mort et funérailles

La famille de Mouy n'a en effet pas pardonné à Maurevert : le , le fils de Louis de Mouy l'affronte[Comment ?]. Ils meurent tous deux des blessures qu'ils subissent au cours du combat.

Maurevert dans la culture populaire

Il apparaît aussi dans le cycle des Pardaillan de Michel Zévaco et dans le roman Une colonne de feu de Ken Follett.

Au cinéma, Maurevert est un personnage secondaire du film La Reine Margot (1994) de Patrice Chéreau, adaptation du roman homonyme d'Alexandre Dumas père. Il y est incarné par l'acteur belge Johan Leysen.

Notes et références

Bibliographie

  • Pierre de Vaissière, Récits du temps des troubles (XVIe siècle). De quelques assassins : Jean Poltrot, seigneur de Méré, Charles de Louviers, seigneur de Maurevert, Jean Yanowitz, dit Besme, Henry III et les Quarante-cinq, Jacques Clément, Paris, Émile-Paul Éditeur, , X-411 p. (présentation en ligne, lire en ligne), [présentation en ligne].
  • Baird, Henry (1880). History of the Rise of the Huguenots: Vol 2 of 2. Hodder & Stoughton
  • (en) Stuart Carroll, Martyrs and Murderers : The Guise Family and the Making of Europe, Oxford, Oxford University Press, , XIV-345 p. (ISBN 978-0-19-922907-9, présentation en ligne).
  • Diefendorf, Barbara (1991). Beneath the Cross: Catholics and Huguenots in Sixteenth Century Paris. Oxford University Press Oxford University Press.
  • Holt, Mack P. (2005). The French Wars of Religion, 1562-1629. Cambridge University Press.
  • Jouanna, Arlette (2007). The St Bartholomew's Day Massacre: The Mysteries of a Crime of State. Manchester University Press.
  • Knecht, Robert (2014). Catherine de' Medici. Routledge.
  • Knecht, Robert (2016). Hero or Tyrant? Henry III, King of France, 1574-1589. Routledge.
  • Salmon, J.H.M (1975). Society in Crisis: France during the Sixteenth Century. Metheun & Co.

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