Maurin naît à Agen dans une famille de confession catholique, à l’époque où les Wisigoths ariens d'Alaric II règnent sur la région. Il est le 1er enfant du gouverneur de la ville, Eutichius, et de sa femme Alabanna. Ses parents l'envoie s'instruire dans les lettres chrétiennes et profanes auprès de saint Germain, évêque de Capoue de 516 à 540. Il est élevé à la dignité de « lévite », c’est-à-dire de prêtre. Après sept ans, il revient à Agen, où il est accueilli triomphalement par la foule et accomplit un miracle. Il commence à parcourir la région pour prêcher et répandre la foi catholique.
Il arrive à Lactora (Lectoure) pour prêcher, bravant l’interdiction lancée par le préfet wisigoth de la cité, Walduan, contre les prédicateurs catholiques. Il est arrêté, sommé de renier sa foi, et soumis à plusieurs supplices qu’il supporte sans plainte et auxquels il résiste miraculeusement, puis est finalement décapité. Ses parents à Agen auraient également été tués en représailles par les Wisigoths. Le corps de Maurin aurait été enseveli là où s’élèvera plus tard l’abbaye puis le village de Saint-Maurin[1].
Des légendes disent qu’après avoir été décapité, Maurin ramassa sa tête et marcha jusqu’à l’emplacement de sa future abbaye, dans l’actuelle commune de Saint-Maurin (Lot-et-Garonne), à 50 km de Lectoure. Ce record de céphalophorie et les multiples approximations historiques de la légende (certes classiques du genre) sont pointées par Jacques Gardelles dans une étude sur l’abbaye[2].
Deux chapiteaux de l’abbaye racontent son histoire et son martyre[2],[3].