Mazalim
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La juridiction des maẓālim était dotée de trois fonctions principales. En tant que justice "ordinaire" – tout justiciable pouvant en théorie porter son affaire devant le calife –, elle symbolisait le caractère retenu de la justice du souverain qui pouvait, à tout moment, exercer le pouvoir qu’il déléguait d’ordinaire à d’autres juges. Les maẓālim permettaient, par ailleurs, d’obtenir le redressement d’abus commis par des fonctionnaires, des officiers publics ou de hauts dignitaires, que le cadi aurait eu plus de peine à sanctionner. Enfin, elles apparaissaient comme un recours possible contre des jugements de cadis et pouvaient ainsi servir de cour d’appel.
Histoire de l'institution
Selon la tradition islamique, l'un des premiers califes à avoir tenu audiences de maẓālim est le calife umayyade 'Umar b. 'Abd al-'Azīz. Ce n'est cependant que sous les Abbassides, dans la seconde moitié du VIIIe siècle, que l'institution se développa autour de califes comme al-Mahdī et Hārūn al-Rashīd.
En tant que symbole de la justice souveraine, l'institution connut très tôt une utilisation politique importante. Arrivés au pouvoir à la suite d'une « révolution » contestée par de nombreux musulmans (fidèles aux Umayyade), les Abbassides développèrent notamment les maẓālim afin de renforcer leur légitimité et de s'afficher en restaurateurs d'une justice mise à mal par leurs prédécesseurs. Dans la seconde moitié du IXe et au Xe siècle, les dynasties qui prirent leur autonomie localement (comme les Ṭūlūnides et les Ikhshīdides en Égypte) usèrent à leur tour de l'institution pour affirmer leur légitimité et leur souveraineté.