Menahem di Lonzano
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Menahem di Lonzano (hébreu : מנחם בן יהודה די לונזאנו Menahem ben Yehouda di Lonzano) est un rabbin et kabbaliste italien des XVIe et XVIIe siècles (mort à Jérusalem, v. 1608).
Érudit en Massorah et en Midrash, il est l'un des plus anciens immigrants vers la terre d'Israël.
Son caractère
On ne sait où il naquit, mais on a supposé que c'était en Italie. Selon Jellinek (en), qui a identifié Lonzano avec Longano, un port de Messénie, il venait de Grèce, mais il peut s'agir de Longiano, une ville près de Cesena, appelée Lonzanum en latin. Encore tout enfant, il perdit à la fois son père et sa mère, et toute sa vie, il fut poursuivi par la pauvreté, les soucis et la maladie ( Shete Yadot, p. 81a).
Dans sa jeunesse, il se rendit à Jérusalem et s'y maria, mais la trahison d'un de ses amis, Guedalia Cordovéro, le contraignit à quitter la ville ; il se rendit à Constantinople, où il jouit de l'hospitalité d'un certain Solomon (Ṭobah Tokaḥat, p. 140 et 148).
C'est là aussi qu'il rencontra Samuel de Medina, qu'il qualifie de « maître », et auprès duquel il étudia un certain temps (Conforte, Ḳore ha-Dorot, p. 44a). De Constantinople, il revint à Jérusalem mais, pour gagner son pain, il fut obligé d'errer en permanence. Dans la vieillesse, à nouveau poussé par la pauvreté, il revint en Italie, après avoir passé au total près de quarante ans de sa vie à Jérusalem. Bien que paralysé des deux pieds et ayant entièrement perdu la vue d'un œil, il prêcha deux fois dans une synagogue italienne et donna à la communauté l'occasion d'admirer sa connaissance peu commune de la littérature midrashique. Une collecte fut faite par la congrégation pour le remercier et lui permettre de retourner à Jérusalem, et une requête fut envoyée à un homme riche pour lui demander une contribution généreuse. Cette lettre (Mortara, n ° 12) a été publiée par David Kaufmann (‘’J. Q. R.’’ VIII. 525 et suiv.). Lonzano mourut dans la banlieue de Jérusalem et y fut enterré (comp. Shibḥe Yerushalayim, p. 3a ; ’’Ḥibbat Yerushalayim, p. 42b; Luncz, ‘’Jérusalem’’, I. 115).
Lonzano eut trois enfants dont un fils, Adonikam, qui mourut très jeune. Il était le beau-père de l'historien David Conforte («ha Kore-Dorot », l.c.) ; Lonzano de Florence (1716), auteur d'un responsum mentionné dans Shemesh Ẓedaḳah (I, n ° 15, p . 27a), pourrait bien être un de ses descendants (Landshuth, Ammude ha-'Abodah, p. 184).
En dépit de ses infirmités physiques, Lonzano était un grand batailleur et il ne se contentait pas de défendre avec énergie ses propres conclusions, mais il attaquait aussi et même agressait ses prédécesseurs et ses contemporains. En même temps il avait toujours conscience que leur valeur était autant au-dessus de la sienne que « le ciel est au-dessus de la terre » (Shete Yadot, p. 83). Il attaque l'auteur du commentaire midrashique Mattenat Kehunnah, il attaque Israël ben Moses Najara à cause d'illustrations blasphématoires et d'expressions dans son ’Olat Ḥodesh, il se querelle avec Abraham Monson au sujet de la Cabale de Vital, avec Salomon Norzi au sujet de la Masorah, et avec d'autres encore. On peut facilement comprendre que, tout son esprit étant occupé par la dévotion à la vérité « à laquelle tous doivent le plus profond respect » (Shete Yadot, p. 81b), Lonzano s'est créé de nombreux ennemis personnels. À un seul égard il semble avoir été en harmonie avec l'esprit de l'époque, et c'était dans son amour pour la Kabbale et son hostilité contre la philosophie.