Michel de Boüard

historien français (1909-1989) From Wikipedia, the free encyclopedia

Michel de Boüard de Laforest, dit Michel de Boüard, né le à Lourdes et mort le à Caen (Calvados)[1], est un historien et archéologue français, membre de l'Institut et doyen de la faculté des lettres de Caen. Il s'est illustré par la promotion des méthodes archéologiques scientifiques dans le domaine de l'histoire médiévale.

Naissance
Décès
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CaenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jean Marie Sébastien Michel de BoüardVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Président Société de l'École des chartes, 1967-1968 ...
Michel de Boüard
Fonctions
Président
Société de l'École des chartes
-
Doyen
Faculté des lettres de Caen (d)
-
Président
Société d'ethnologie française
-
Conservateur de musée
Musée de Normandie
-
Conseiller municipal de Caen
à partir de
Membre de l'École française de Rome
-
Directeur
Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales
Biographie
Naissance
Décès
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CaenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jean Marie Sébastien Michel de BoüardVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Conjoint
Germaine Callies (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Membre de
Lieu de détention
Distinctions
Plaque au château de Caen.
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Biographie

Il est le fils d'Alain de Boüard (1882-1955), chartiste, ancien élève de Louis Duchesne à l'École française de Rome (1911-1912) et professeur de paléographie à l'École des chartes de 1923 à 1953. Diplômé de l'École des chartes, où il consacre sa thèse au Compendium philosophiæ, Michel de Boüard devient membre de l'École française de Rome entre 1930 et 1932. Après avoir contribué à l'édition des travaux posthumes d'Augustin Cochin[2], historien de la Révolution, il enseigne à l'Institut français de Naples de 1935 à 1937, puis à l'Université Fouad-Ier du Caire de 1937 à 1940. Il est nommé professeur d'histoire de Normandie et du Moyen Âge à l'université de Caen en 1940.

Fervent catholique, il devient résistant dans les rangs du Front national de lutte pour l'indépendance de la France et membre du Parti communiste français de 1942 à 1960. Il est arrêté par la Gestapo le . En 1944, il est déporté à Mauthausen où il est une des figures de l'organisation de solidarité française mise en place dans le camp de concentration[3]. De 1945 à 1948, il est à plusieurs reprises candidat aux élections sur les listes du Parti communiste et est élu conseiller municipal de Caen. Catholique et communiste, il participe à la fondation de l'Union des chrétiens progressistes[4]. Il participe activement aux luttes contre le réarmement allemand, la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie[5].

De retour en France après la fin de la Seconde Guerre mondiale, il participe à la reconstruction de Caen en dirigeant notamment les fouilles archéologiques du château de Caen de 1949 à 1966. Dès cette époque, il s'affirme comme le chef de file de l'archéologie médiévale en lui donnant une nouvelle orientation scientifique. Il s'agit d'utiliser la méthode stratigraphique sur des sites d'époque médiévale, période alors totalement négligée pour ce type de fouille. Concentrant ses efforts sur des sites « non-monumentaux », c'est-à-dire dont aucun vestige ne dépasse du sol, Michel de Boüard crée ainsi une nouvelle forme d'archéologie qui n'est plus une histoire de l'art mais un outil essentiel pour mieux comprendre l'histoire de l'homme médiéval et de son habitat. Ses thèses contribueront au développement de l'archéologie préventive en France au cours des années 1970.

Il fonde en 1946 le musée de Normandie au sein du château, avec l'aide de Georges-Henri Rivière. Ce dernier appuie également sa candidature à la présidence de la Société d'ethnographie française. Élu en 1947, il demeure président de la structure jusqu'en 1952[6]. Après avoir fondé la revue Annales de Normandie (1951), il met sur pied en 1955, le Centre de recherches archéologiques et historiques médiévales (CRAHM) à l'université de Caen (actuellement Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales), première structure fondée dans cette discipline. Il est le fondateur de la revue Archéologie médiévale, dont le premier tome paraît en 1971[7].

Il est commandeur de la Légion d'honneur.

Une plaque en son honneur a été posée au pied du donjon du château de Caen, par la ville de Caen. L'esplanade de la Paix, entre l'université et le château, a également été rebaptisée esplanade de la Paix - Michel-de-Boüard en .

Membre du Comité d'histoire de la Deuxième guerre mondiale dès sa fondation, il rédige plusieurs articles sur la répression allemande et l'expérience concentrationnaire.

Au mitan des années 80, dans la tourmente de l’ « affaire de la thèse de Nantes » (ou « affaire Roques »), à laquelle il apporta son soutien[8] – au risque d’être instrumentalisé par les négationnistes – il défend le renouvellement des recherches historiques sur la déportation par « la recension des sources, écrites orales ou matérielles, de tout ce qui existe […], une étude critique source par source»[8], pour se garder de la construction de narratifs mémoriels pouvant conduire à un « mythe de la déportation », parfois cultivé et entretenu par les associations de déportés . Il illustre ce risque de construction mémorielle par sa propre expérience, constatant qu’il n’avait pas de souvenir précis de la présence d’une chambre à gaz au camp de Mauthausen, où il fût déporté[8], alors qu’il en avait témoigné dans sa monographie de 1954 publiée dans la Revue d'histoire de la Deuxième Guerre mondiale[9].

Il développera son argumentaire lors d’une conférence devant l’APHG du Calvados en 1986 (publiée deux ans plus tard[10]) en rendant hommage au travail exhaustif de Beate et Serge Klarsfeld, pour leur « Mémorial de la déportation des juifs de France» : « Le malheur est que de semblables prises de position ne parviennent guère à la masse du public conditionné dans un certain sens par les media et quelques lobbies, ou sollicité en sens contraire par des négations radicales »[10].

Cette séquence est très bien analysée dans le chapitre "une singularité absolue : Michel de Boüard et l'affaire Roques" de la thèse biographique de Bertrand Hamelin[11].

Vie privée

Il a été l'époux de Germaine de Boüard, née Callies, également chartiste[12].

Institutions

Publications

  • La France et l'Italie au temps du grand schisme d'Occident, Paris, E. de Boccard, 1936
  • Mauthausen, Paris, Presses universitaires de France, 1954
  • L'art roman en France : Normandie Bretagne, Flammarion, 1961
  • Caen, ville admirable, Caen, Publica, 1963
  • Les Vikings, Paris, Hatier, 1968
  • Histoire de la Normandie, Toulouse, Privat, 1970
  • Documents de l'histoire de la Normandie, Toulouse, Privat, 1972
  • Manuel d'archéologie médiévale, de la fouille à l'histoire, Paris, CDU Sedes, 1975
  • L'Artisanat en Normandie, Wettolsheim, Éditions Mars et Mercure, 1978
  • Le Château de Caen, Caen, CRAHM, 1979
  • Guillaume le Conquérant, Paris, Fayard, 1984 (ISBN 2-213-01319-5)
  • Journal de route 1946-1956, Caen, Musée d'ethnographie et d'histoire de la Normandie, 2009

Récompenses et distinctions

Notes et références

Voir aussi

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