Mon père, je m'accuse est un roman historique de Mylaine Demers paru en 1996[1] portant sur la société patriarcale des années 1940 à 1950 en Ontariofrançais. Le roman met en scène deux familles se débattant contre la société contrôlée par l'Église. Le personnage principal, Maria Comtois est forcée de donner son enfant en adoption, puis se marie. Elle continue avec sa vie, mais neuf ans plus tard, le passé refait surface lorsqu'elle devient par hasard la voisine de la mère adoptive[2],[3].
À Wendover en , Maria, sa sœur Florence, son père Aurèle et sa mère vivent dans une ferme. Maria rencontre et tombe amoureuse d’un homme nommé Laurient, mais ils sont séparés quand il part à l'université d'Ottawa pour y faire des études. Elle est triste, mais quelques semaines plus tard, elle apprend qu'elle est enceinte. Elle le dit à son père qui l'envoie à un hôpital à Hawkesbury pour donner naissance. Elle finit par accoucher et est triste de ne pas pouvoir garder le bébé.
Un couple nommé Armand et Amélie est marié depuis deux ans et demi. Le prêtre va voir Amélie, et lui dit qu'elle doit avoir un enfant si elle veut continuer de pouvoir aller à l'église. Armand accepte l'adoption dans l'espoir d'avoir un garçon, mais lorsqu'ils arrivent sur place, il est fâché de découvrir qu'il n'y a plus que des filles. Armand est opposé à adopter une fille, mais Amélie réussit à le convaincre après avoir raconté ce que le prêtre lui a dit. Alors qu'Amélie s'occupe de leur fille adoptive nommée Élisabeth, il l'ignore complètement et n'a aucun amour pour elle.
La Seconde Guerre mondiale débute et la plupart des hommes sont enrôlés et l'économie ralentit. Armand est trop vieux pour être enrôlé, mais il subit quand même les conséquences de la conscription puisque son commerce fait moins d’argent. Leur voisine Alda a besoin d'aide car son mari est parti à la guerre et elle a 7 enfants. Elle demande à Amélie si elle peut s'occuper de son plus jeune enfant pour qu'elle puisse trouver un travail. Armand ne veut pas qu'Amélie garde l'enfant d'Alda car, dit-il, "elle a le culot de vous demander beaucoup de dépression. Nous aussi, on a du mal. Les affaires ne marchent pas très bien au magasin". Armand n'aime pas dépenser de l'argent, quel qu'il soit, et ne veut pas payer les affaires d'Amélie ni celles de sa fille. De plus, il essaie de contrôler ce que fait Amélie, tel que pour qui elle vote. Élisabeth n'aime pas Armand et la façon dont il traite Amélie et dit que jusqu'à sa mort, elle fera tout pour se venger. Amélie et Élisa s'éloignent d'Armand en allant chercher la boîte que la mère d'Amélie a laissée pour elle.
Élisabeth entre à l’Académie du Sacré-Cœur et est intimidée par une autre étudiante, Rose-Marie Tremblay, qui l’appelle continuellement "bâtard". En réponse, Élisabeth la frappe dans l’estomac et court à la maison pour voir sa mère. Quand elle explique l’histoire, Amélie visite la famille des Tremblay. Plus tard, lors du spectacle de Noël de leur école, Rose-Marie barre Élisabeth dans les toilettes pour qu’elle manque le spectacle. Puisqu'il n’a pas de preuve que c’était Rose-Marie qui l'a fait, elle ne reçoit pas de punition. À la maison, Amélie donne de l’argent à Armand pour acheter Élisabeth une poupée car elle se sent mal pour elle. Quand Armand revient à la maison deux heures en retard, il dit qu’il n’avait pas de poupée car il a «oublié». Amélie le croit après puis part à la messe tandis qu'Armand reste à la maison sous le prétexte qu'il est fatigué. Armand quitte ensuite pour aller à l’hôtel Inn pour boire du gin. Au bar, il rencontre un homme avec qui il parle d’Amélie. En retournant à la maison, il fait une chute et perd beaucoup de sang et en meurt avant que quelqu'un puisse lui venir en aide. Amélie se sent coupable pour sa mort et croit que c’est sa faute.
La maison des Tremblay prend feu et le père de Rose-Marie meurt dans l’incendie. Après cela, Rose-Marie ne taquine personne, y compris Élisabeth. La guerre prend fin le et le pays éclate en fête. À cause des changements sociaux causés par la guerre, les femmes commencent à accéder à de nouveaux droits. «Il avait fallu une guerre et la mort de milliers d’hommes pour enfin donner aux femmes leur place dans la société!».
Maria part de Wendover pour aller à Hawkesbury, et reste avec les Lalonde, les parents de son nouveau mari Damasse. Elle est dans leur jardin lorsque Élisabeth rentre et Maria sent immédiatement des fortes émotions envers l’enfant. Elle sait tout de suite qu’elle est sa fille puis s'est mise à pleurer pendant des jours dans sa chambre. Maria est obsédée par la ressemblance entre Élisabeth et Laurient mais ne veut pas demander à Amélie par peur de soulever des soupçons. Maria retourne à l'hôpital pour leur demander à propos d’Élisabeth. Elle demande pour sœur Thérèse, mais elle ne peut pas lui montrer le dossier. Cependant, pour l’assurer, elle va confirmer ou non ses suspicions de si Élisabeth est son enfant biologique. Maria et Élisabeth deviennent proches, et Élisabeth l’appelle sa tante. Amélie s’interroge sur les motifs de Maria qui montre tant d’affection pour Élisabeth et lui achète plein de cadeaux. Amélie croit alors que Maria est la vraie mère d’Élisabeth.
Amélie commence à se sentir bizarre et faible. Elle reste au lit pendant deux semaines, car elle n'aime pas que son enfant rende visite aux Lalonde, mais garde secret qu'elle sait qui est la vraie mère. Elle dit à tout le monde qu'elle est malade. Elle finit par tomber à cause du stress. Fleur est venue demander à Élisabeth si elle voulait se joindre à elle et à sa famille pour aller au cinéma et quand elle demande à sa mère, Amélie panique et lui dit non. Elle se rend compte de sa méchanceté et essaie d'aller lui dire qu'elle peut, mais elle entend sa fille dire qu'elle est jalouse de Fleur et qu'elle aimerait que sa mère soit Maria à sa place.
Amélie tombe dans le coma et le médecin lui annonce qu'elle a un cancer. Son père demande à Beatrice, la sœur d'Amélie, d'emmener Elisabeth avec elle à Montréal. Amélie croit qu'elle a le cancer parce qu'elle a "tué Armand", et que c'est sa pénitence de Dieu. Élisabeth ne veut pas vivre avec Béatrice à Montréal et court voir les Lalonde et Maria. Maria va parler à Amélie mais elle ne veut pas l’entendre et lui dit que sa décision est finale et que ce n’est pas de ses affaires. Amélie et Maria ont arrêté de parler encore. Aurèle et Maria discutent d'Élisabeth. Aurèle figure qu'Élisabeth est la fille biologique de Maria et il n’en est pas heureux. Ils ont arrêté Aurèle car il avait une crise cardiaque, Maria va à l'église après avoir reçu les nouvelles. Elle est retournée à Wendover et Aurèle a subi une autre crise cardiaque. Au début de juin, Amélie perd sa vision. Amélie demande à Maria d'être là pour sa fille, elle lui dit qu'elle sait. Amélie meurt et lui laisse sa fille.