Montreuil-l'Argillé
commune française du département de l'Eure
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Montreuil-l'Argillé est une commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie.
| Montreuil-l'Argillé | |
Vue de la motte féodale et des toits du bourg, en contrebas. | |
Blason |
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| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Eure |
| Arrondissement | Bernay |
| Intercommunalité | Communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie |
| Maire Mandat |
Sylvie Vauquelin 2026-2032 |
| Code postal | 27390 |
| Code commune | 27414 |
| Démographie | |
| Gentilé | Montreuillais |
| Population municipale |
783 hab. (2023 |
| Densité | 57 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 56′ 22″ nord, 0° 28′ 53″ est |
| Altitude | Min. 161 m Max. 225 m |
| Superficie | 13,72 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Hors attraction des villes |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Breteuil (Eure) |
| Législatives | Troisième circonscription |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | http://www.montreuillargille.fr |
| modifier |
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Géographie
Montreuil-l'Argillé est un village-centre du pays d'Ouche établi dans la vallée du Guiel. Ce bourg se trouve à 10 kilomètres d'Orbec, 26 kilomètres de L'Aigle, 5 kilomètres du département du Calvados, 30 kilomètres de Lisieux et 20 kilomètres de Bernay.
Communes limitrophes
Les communes limitrophes sont La Goulafrière, Saint-Agnan-de-Cernières, Saint-Denis-d'Augerons, Saint-Pierre-de-Cernières et La Trinité-de-Réville.
Voies routières
Le territoire laisse passer les routes départementales RD 35, RD 107, RD 438 et RD 819.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Guiel et divers autres petits cours d'eau[2],[Carte 1].
La Guiel, d'une longueur de 24 km, prend sa source dans la commune de La Trinité-des-Laitiers et se jette dans la Charentonne à La Trinité-de-Réville, après avoir traversé huit communes[3].Les caractéristiques hydrologiques de la Guiel sont données par la station hydrologique située sur la commune de Montreuil-l'Argillé. Le débit moyen mensuel est de 0,671 m3/s[Note 2]. Le débit moyen journalier maximum est de 8,6 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 29,3 m3/s, atteint le même jour[4].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[7] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[8]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,7 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 814 mm, avec 12,8 jours de précipitations en janvier et 8,4 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ticheville à 16 km à vol d'oiseau[11], est de 10,9 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 826,1 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,1 °C, atteinte le ; la température minimale est de −12 °C, atteinte le [Note 4].
Urbanisme
Typologie
Au , Montreuil-l'Argillé est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[14]. Elle est située hors unité urbaine[15] et hors attraction des villes[16],[17].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (90 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (91,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (49,4 %), prairies (40,6 %), forêts (5,6 %), zones urbanisées (4,4 %)[18]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes latinisées Monasteriolum, Monsteriolum, Mosteiolum au XIe siècle (Orderic Vital) ; Monstariolo en 1050[19], Mosterel en 1124 (charte de Henri Ier), Mosteroel en 1205 (archives de l’Eure), Mosteruel en 1259 (cartulaire de Lyre), Montreuil l’Argillier en 1404 (O. Desnos, Mém. hist. sur Alençon), Monstereul en 1424 (ch. de Henri VI d’Angleterre), Monstreul en 1624 (man. de la charité de Sainte-Croix de Bernay), Montreil en 1631 (Tassin, Plans et profilz), Montreul et Montereul l’Argile en 1722 (Masseville), Montreuil l’Angele en 1759 (déclar. royale)[20].
Le toponyme Montreuil correspond à un type courant au nord de la France, c'est un terme d'ancien français qui désignait un édifice religieux d'un genre difficile à déterminer, soit une église[21], soit une petite église[22] ou encore un petit couvent[23]. Il est issu du gallo-roman MONASTERIOLU (autrement du latin tardif monasteriolum[21]), dérivé en -iolum, du bas latin mŏnastērium « monastère ».
Le déterminant complémentaire l'Argillé n'est pas attesté avant 1719[21], il permet sans doute de faire la distinction avec les autres Montreuil de Normandie, notamment Montreuil-en-Auge (Calvados) et Montreuil-la-Cambe (Orne), situés à moins de cinquante kilomètres. L'Argillé dérive peut-être du mot argile[21],[24] qui pouvait s'écrire avec deux L en ancien français selon l'étymologie latine argilla, mais son sens précis dans le cas de Montreuil reste obscur.
Le toponyme du hameau Ectot[25] correspond à un type toponymique exclusivement normand et très courant, puisqu'on en dénombre plus d'une quinzaine (on trouve aussi les graphies Ecquetot et Hectot). Les formes anciennes des différents Ectot, comme Eschetoth, Esketoth, comparables à celles de Eastoft en Grande-Bretagne ou Essetoft au Danemark, plaident en faveur d'une origine scandinave[26]. En outre, l'appellatif -tot « emplacement pour une ferme, une maison » est fréquent en Normandie septentrionale, non loin des côtes de la Manche, et bien identifié comme étant issu du vieux norrois topt « emplacement, site d'une maison ». Cependant, il est très rare dans le pays d'Ouche et si loin au sud. Un peu à l'ouest et au sud se trouvent Chiffreteau (ancien Chiffretot) à Saint-Aubin-de-Bonneval à 10 km dans l'Orne, Chiffretot à Champosoult à 35 km, également dans l'Orne et Chiffretot aux Moutiers-Hubert à 25 km, dans le Calvados. Le premier élément Ec- représente vraisemblablement le vieux norrois eski qui signifie « frênes » comme dans les autres Ectot / Ecquetot (anciennement Esketot, Eschetot).
Histoire
Montreuil fut un fief de la famille Giroie à partir du début du XIe siècle. Cette famille est probablement à l'origine de la motte féodale du village, témoin d'une fortification de la première moitié du XIe siècle[27],[28].
La commune absorbe Saint-Aquilin-d'Augerons (120 habitants) en 1963.
Héraldique
Politique et administration
Administration municipale
Élections de 2026
Depuis la loi du 21 mai 2025, le conseil municipal de Montreuil-l'Argillé, commune de moins de 1 000 habitants, est élu au scrutin de liste proportionnel à deux tours avec prime majoritaire, comme l'ensemble des autres communes[29]. Le nombre d'habitants au recensement de 2023[Note 5] étant compris entre 500 et 1 499, le nombre de sièges de conseillers municipaux à pourvoir lors de l'élection de 2026 est de 15[30].
Deux listes sont en présence lors du premier tour qui se tient le 15 mars 2026. Elles sont menées, par ordre décroissant de résultats, par Sylvie Vauquelin (52,45 %) et Jean-Louis Groult (47,55 %). 12 sièges de conseillers municipaux sont attribués dès le premier tour à la liste de Sylvie Vauquelin et trois à celle de Jean-Louis Groult[31]. Sylvie Vauquelin est élue maire le [32],[Note 6].
Liste des maires
Population et société
Démographie
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[34]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[35].
En 2023, la commune comptait 783 habitants[Note 7], en évolution de −4,86 % par rapport à 2017 (Eure : +0,14 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Pyramide des âges
La population de la commune est relativement âgée. En 2023, le taux de personnes d'un âge inférieur à 40 ans s'élève à 40,6 %, soit en dessous de la moyenne départementale (45,9 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 64 ans est de 27,2 % la même année, alors qu'il est de 20,9 % au niveau départemental[38],[39].
En 2023, la commune comptait 380 hommes pour 403 femmes, soit un taux de 51,47 % de femmes, supérieur au taux départemental (51,20 %)[40],[41].
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit :
Enseignement
Montreuil-l'Argillé possède une école publique maternelle et élémentaire de 186 élèves[42].
Logement
Selon l'INSEE, la commune compte environ 15 % de résidences secondaires en 2022, et à peu près autant de logements vacants[43].
| Catégorie de logement | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2006 | 2011 | 2016 | 2022 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Ensemble | 274 | 315 | 329 | 379 | 403 | 452 | 487 | 510 | 532 |
| Résidences principales | 236 | 249 | 265 | 283 | 312 | 357 | 386 | 381 | 377 |
| Résidences secondaires et logements occasionnels | 17 | 40 | 37 | 63 | 61 | 48 | 54 | 53 | 78 |
| Logements vacants | 21 | 26 | 27 | 33 | 30 | 47 | 47 | 76 | 77 |
Économie
Revenus de la population et fiscalité
En 2008, le revenu fiscal médian par ménage était de 13 725 €, ce qui plaçait Montreuil-l'Argillé au 29 614e rang parmi les 31 604 communes de plus de 50 ménages en métropole[44].
Emplois
Le taux d'activité en 2008 est de 61,3 % pour la tranche d'âge 15 - 24 ans (France métropolitaine : 43,2 %), 86,4 % pour la tranche d'âge 25 - 54 ans (France métropolitaine : 89,6 %), et 28,2 % pour la tranche d'âge 55 - 64 ans (France métropolitaine : 41,5 %)[45].
Répartition de la population active par type d'activité (recensement de 2008)
| Actifs ayant un emploi | Étudiants | Chômeurs | Retraités | Autres inactifs | |
|---|---|---|---|---|---|
| Montreuil-l'Argillé | 60,2 % | 5,9 % | 8,6 % | 11,4 % | 13,8 % |
| Moyenne nationale | 63,8 % | 10,6 % | 8,0 % | 8,6 % | 9,1 % |
| Sources des données : INSEE[45] | |||||
Entreprises et commerces
Les deux principales entreprises sont le producteur de machines à capsuler André Zalkin (400 salariés) et l'atelier de mécanique de précision Le Nouaille (30 salariés)[46].
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
La commune de Montreuil-l'Argillé compte trois édifices inscrits au titres des monuments historiques :
- la maison du Bailliage (XVIe)
Inscrit MH (1949)[47] ; - le château féodal (XIe)
Inscrit MH (1989)[48]. Il s'agit d'une motte féodale, des vestiges archéologiques de l'enceinte principale et des deux basses-cours du château féodal ; - le château de Lusigneul (XVIIe et XVIIIe)
Inscrit MH (1984)[49].
Autres édifices et monuments :
- les églises Saint-Georges du XIe siècle et Saint-Aquilin du XVe siècle ;
- des vieilles maisons normandes dont l'une date du XVIe siècle ;
- vaste mairie de briques rouges (à l'origine un projet de gare ferroviaire) ;
- le menhir dit « la Pierre-aux-Bœufs », rue Gilbert-Hue.
- L'église Saint-Georges, au nord du village.
- Menhir de la Pierre aux Bœufs.
Personnalités liées à la commune
- Guillaume de Montreuil, aventurier normand du XIe siècle qui s'illustra en Italie méridionale et en Espagne, et qui fut gonfalonier du pape Alexandre II[27] ;
- Pierre Vattier (1623–1667), médecin et orientaliste français, professeur d'arabe au Collège royal et traducteur d'Avicenne ;
- Les frères Louis (1649–1724) et Jean Boivin (1663–1726), hommes de lettres et érudits.

