Tirzépatide
composé chimique
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Le tirzépatide est une molécule identifiée pour son potentiel dans le traitement du diabète de type 2. Elle agit en imitant deux hormones intestino-pancréatiques naturelles, qui diminuent l’appétit et la glycémie après la prise d'aliment.
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| Usage |
Ce produit est commercialisé par Eli Lilly depuis novembre 2024 sous le nom de marque Mounjaro pour le traitement du diabète, et Zepbound (aux USA) pour la perte de poids et l'apnée obstructive du sommeil modérée à sévère ; en présentations injectables (administrées par voie sous-cutanée de manière hebdomadaire)[1].
Classe
Il appartenant aux deux classes des agonistes du récepteur du GLP‑1 et du GIP, il a la propriété d'être activateur du récepteur du GLP1 (comme les incrétines), de même que du récepteur du peptide insulinotrope dépendant du glucose (GIP) ; il mime deux hormones : le GLP-1 et le polypeptide insulinotrope glucosé (GIP). Cette double action aide mieux à contrôler l’appétit, rendant le Mounjaro encore plus efficace pour la perte de poids que d’autres médicaments similaires[2].
Efficacité
Il permet de réduire le taux d'hémoglobine glyquée de 2 points sans hypoglycémie[3]. Il s'avère être plus efficace que le sémaglutide[4], l'insuline degludec[5] ou l'insuline glargine[6]. En association avec cette dernière, il permet un meilleur équilibre du diabète[7]. Il ne semble pas y avoir plus d'accidents cardiaques[6]. Dans l'insuffisance cardiaque à fonction systolique conservée, il en améliore les symptômes et diminue la mortalité, et ce, de manière indépendante de la perte de poids[8]. Dans la stéatohépatite non alcoolique, il permet l'amélioration des lésions hépatiques[9].
Chez le patient obèse et non diabétique, il permet d'obtenir une réduction du poids[10]. Chez ceux qui ont un syndrome d'apnée du sommeil, Il réduit le nombre d'apnées et les épisodes d'hypoxie[11].
Il est considéré comme prometteur contre la maladie de Parkinson, l'arthrose et même la maladie d'Alzheimer[12],[13].
Une proportion notable de patients arrête néanmoins le traitement dans les premiers mois, principalement à cause d’effets digestifs (nausées, vomissements, diarrhées), du coût élevé du produit ou de difficultés d’accès au médicament (dans les essais, les taux d’abandon du tirzépatide se situent souvent entre 10 et 20 %, selon la dose et la durée, mais les premières études en vie réelle suggèrent des taux d’arrêt plus élevés que dans les essais (jusqu'à 30–40 %) avec des chiffres variant notamment selon les pays et les systèmes de remboursement.
Son utilisation à faible dose (titration) ne consiste pas seulement à faciliter l’adaptation du corps ; des preuves cliniques montrent qu'elle permet souvent de meilleurs résultats (probablement à cause du caractère "hormonal" de cette molécule dont la capacité d'action n'est pas « dose dépendante ») ; et dans les études sur le tirzépatide, les participants restés à la dose plus faible tout au long de l’essai ont tout de même connu une perte de poids significative sur le long terme. Par contre, après l'arrêt d'un traitement, sans une autre thérapie, plus de la moitié des patients (53 %) vont reprendre le poids perdu pendant le traitement dans un délai d'un an[14],[15].
Une revue systématique et une méta-analyse ont, en 2024, aussi montré que le tirzépatide présente des bénéfices dans la prise en charge de la Stéatohépatite non alcoolique[16].
Risques et effets secondaires
Selon les données scientifiques disponibles, le tirzépatide est associé à un risque rare mais réel de pancréatite aiguë, fulminante, documenté par les analyses de pharmacovigilance et par des cas publiés, dont un épisode de pancréatite fulminante et nécrosante rapporté dans JCEM Case Reports. Rien n'indique à ce jour un risque de pancréatite chronique[17],[18],[19].
Les effets secondaires sont le plus souvent d'ordre digestif mais conduisent rarement à la nécessité d'arrêter le traitement[20].
Des patients signalent des éructations (rôts) à odeur de soufre ou d’œufs pourris (hydrogène sulfuré) ; ces gaz sont issus du travail des microbes qui ont plus de temps pour dégrader par fermentation des aliments riches en composés soufrés[21]. En effet, le Mounjaro ralentit fortement le transit du bol alimentaire, faisant que les aliments stagnent plus longtemps dans l'estomac et l'intestin, où leur fermentation par les bactéries peut entraîner des effets secondaires tels que nausées, ballonnements et parfois des rots excessifs et/ou à l'odeur d'hydrogène sulfuré.
Ce n'était pas un effet secondaire courant selon le profil officiel de sécurité de Mounjaro, mais de nombreux utilisateurs l'ont signalé sur des forums en ligne, des groupes de soutien à la lutte contre l'obésité ou lors de suivis cliniques[22].
Amélioration des performances sportives
Du fait de son effet sur l'appétit et la digestion, le tirzépatide pourrait être utilisé à des fins d'amélioration des performances sportives[23]. Toutefois, en 2026, le tirzépatide ne fait pas partie des substances interdites, car considérées comme dopante, par l'Agence mondiale antidopage. Il est uniquement inscrit sur sa liste de surveillance, c'est-à-dire celle des molécules qui sont dosées lors des prélèvements sans entrainer de poursuites[24],[25].