Pour désigner telle ou telle section d'une œuvre de musique vocale, différents termes sont à la disposition du compositeur — « partie », « acte », « aria », « récitatif », « ensemble », etc. — mais le mot « mouvement » n'est que très exceptionnellement utilisé. De manière plus précise, le titre d'une pièce chantée reprend très souvent le propre titre du texte mis en musique — lorsque celui-ci en possède un — soit, plus simplement, le début du texte en question, dans le cas contraire. Par exemple, pour la musique religieuse : « Benedictus », « Quia respexit », « He was despised », etc., et pour la musique profane : air « La fleur que tu m'avais jetée » de l'opéra Carmen, air « Là, ci darem la mano » de l'opéra Don Giovanni, lied « Die Forelle », etc.
En ce qui concerne la musique instrumentale, la manière d’intituler un mouvement a trouvé des solutions différentes, selon les époques, selon les pays, selon les compositeurs.
Un mouvement peut être désigné par son tempo[2].
Aux périodes baroque et classique, un mouvement de musique est généralement affecté d'un seul et unique tempo : en conséquence, les compositeurs ont pris tout naturellement l'habitude de désigner chaque mouvement, soit par l'intitulé officiel de son tempo — allegro, adagio, andante, etc. — soit, dans le cas de la suite de danses par le nom de la danse de destination, ce nom lui-même faisant référence de façon implicite au tempo qui la caractérise[2] — exemple : la sarabande est une danse lente, la gigue une danse rapide. Exemple : on dira que telle suite de danses comprend cinq mouvements, respectivement intitulés : « Allemande », « Courante », « Sarabande », « Gavotte » et « Gigue » ; ou encore, que telle symphonie en comprend quatre, respectivement intitulés : « Allegro », « Adagio », « Menuet » et « Presto », etc.
L'habitude de désigner un mouvement par son tempo sera progressivement abandonnée par de nombreux compositeurs au cours du XIXe siècle — sans disparaître totalement, toutefois. Exemple : Hector Berlioz a intitulé les cinq mouvements — plus exactement, les cinq parties — de sa Symphonie fantastique : « Rêveries - Passions », « Un bal », « Scène aux champs », « Marche au supplice » et « Songe d'une nuit de sabbat ».
Si le compositeur a souvent recours à la terminologie relevant du tempo ou de la danse, pour désigner les différents mouvements d'une œuvre musicale, d'autres procédés sont également à sa disposition pour remplir la même fonction.
Le titre d'un mouvement peut :
- renvoyer au type de structure compositionnelle sollicité[2]. Ex. : « canon », « toccata », « fugue », « variation », « prélude », etc.
- renvoyer au nombre de parties de destination — procédé très utilisé dans les opéras[2]. Ex. : « duo », « trio », « quatuor », etc.
- renvoyer au caractère de son interprétation[3], avec des termes appropriés en italien, en français ou dans la langue choisie par le compositeur. Ex. : « scherzo », « patetico », « lamento », « cantabile », « grave », « gai », « vif », etc.
- renvoyer à une particularité technique de l'instrument de destination. Ex. : « pizzicato » — pour un instrument à cordes frottées — ; « tierce en taille », « basse de trompette », « écho » — pour l'orgue — ; « louré » — pour le clavecin — etc.
- être une trouvaille purement poétique, ne relevant pas spécifiquement de la technique ou de la théorie musicales — ce dernier procédé a été particulièrement utilisé par de nombreux compositeurs baroques, français pour la plupart. Ex. : Les Barricades mystérieuses de François Couperin ; La Pouplinière de Jean-Philippe Rameau ; etc. — voir aussi les cinq mouvements de la Symphonie fantastique de Berlioz, cités ci-dessus.