Mouvement de libération de l'Iran
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| Mouvement de libération de l'Iran (fa) نهضت آزادی ايران | |
| Présentation | |
|---|---|
| Secrétaire général | Mohammad Tavasoli (en) |
| Fondation | |
| Scission de | Front national |
| Idéologie | Nationalisme iranien Démocratie islamique Libéralisme islamique Démocratie libérale Constitutionnalisme |
| Affiliation nationale | Front national (1961-1965) |
| Site web | https://nehzateazadi.org/ |
| Représentation | |
| Assemblée consultative islamique | |
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Le Mouvement de libération de l'Iran (en persan : نهضت آزادی ايران, Nahżat-e āzādi-e Irān) est un parti politique iranien, fondé en par des membres se désignant comme « musulmans, iraniens, constitutionnalistes et mossadeghistes ». Il s'agit d'un des plus anciens partis politiques encore actifs en Iran et il est décrit comme un parti d'opposition.
Le parti est fondé en par des membres du Front national iranien déçus pas son manque de réussite. Parmi eux, Mehdi Bazargan[1], qui plaide pour la compatibilité de l'islam et de la démocratie[2], Yadollah Sahabi et Mahmoud Taleghani, un ayatollah progressiste[3]. Le parti est proche du Front national iranien[4]. Lors de la création du parti, Bazargan définit la ligne du parti : « Nous sommes musulmans, iraniens, constitutionnalistes et mossadeghistes »[3].
Révolution blanche et 15 Khordad
En , sous la pression du président Kennedy, le Shah entreprend une série de réformes désignées sous le nom de « révolution blanche »[3]. Elles comportent une réforme agraire destinée à distribuer des terres aux paysans, la nationalisation des forêts, une proposition d'accorder le droit de vote aux femmes, un assouplissement de la loi contrôlant la vente d'alcool[3],[5]. Les dirigeants du Front National d'Iran et ceux du MLI sont arrêtés préventivement. Mais tandis que ceux du FNI sont libérés rapidement, ceux du MLI sont gardés en détention, considérés comme plus hostiles. En effet, ils se joignent aux protestations du clergé, mené par l'ayatollah Khomeini[3]. Les émeutes sont réprimées le 15 khordad (). Tandis que Khomeini est chassé d'Iran, les dirigeants du MLI sont arrêtés et jugés par un tribunal militaire. Bazargan, Taleqani, Yadollah Sahabi, son fils Ezatollah Sahabi sont condamnés à plusieurs années de prison en . Le MLI est déclaré illégal, son interdiction sera maintenue jusqu'à la révolution de 1979[3].
À l'instigation d'Ali Shariati, une branche du mouvement est créée en exil à Paris, en 1963. Son Comité central compte Ali Shariati, Ebrahim Yazdi, Fereydoun Sahabi (un des fils de Yadollah Sahabi) et Mohammad Tavasoli. Ils publient le journal Iran-e Azad[3].
Le MLI dans la révolution
Contestation du régime du Shah
En , Bazargan propose d'écrire une lettre ouverte au Shah, qu'il voudrait voir signée par le plus de monde possible au sein de l'opposition. Mais les cadres du Front National iranien sont plus favorables à une lettre signée par un petit nombre de personnalités. Finalement, Bazargan ne signe pas[6],[7]. En novembre, une lettre de doléances est signée par des personnalités politiques, dont Bazargan fait partie. Elle énumère les revendications des opposants : respect de la Constitution, libération des prisonniers politiques, suppression du système de parti unique, liberté de la presse, tenue d'élections libres... À l'automne 1977, le MLI est influent : les discours de Bazargan sont suivis ; un rassemblement à Rey, à l'appel de Bazargan et ses sympathisants, attire une foule nombreuse[7]. Les domiciles de plusieurs dirigeants du MLI sont la cible d'attentats. L'appel à la grève lancé par le MLI en est très suivi[7]. Mais à mesure que le répression se fait plus dure, la contestation se tourne vers Khomeyni, qui s'impose comme chef de file du mouvement révolutionnaire[6]. Bazargan rencontre l'ayatollah à Paris pour discuter de la composition d'un futur gouvernement. À son retour, il exprime ses réticences : Khomeyni ne comprend pas le monde moderne, dit-il. Il lui avait écrit une lettre en mai de la même année, où il exprimait des réserves au sujet du « gouvernement islamique » projeté par Khomeyni, mal défini, et confié au clergé, ce qui ne lui semblait pas « dans l'intérêt de la nation »[7].
Le gouvernement provisoire
Malgré ces réserves, Bazargan accepte la proposition de Khomeyni de diriger un gouvernement provisoire de l'Iran. Bazargan a pu être convaincu par le discours rassurant de Khomeiny, qui tient à Paris des propos plus démocratiques que dans son livre Velayat-e faqih[8],[7]. Plusieurs membres du MLI participent au gouvernement provisoire - Yazdi est ministre des Affaires étrangères, Mostafa Chamran ministre de la Défense - mais aussi des membres du Front national iranien et de l'Association islamique des ingénieurs. Cependant les divergences apparaissent assez vite. Un premier projet de Constitution, conforme à l'esprit de la Constitution de 1906, est proposé. Bazargan souhaite la soumettre au vote d'une assemblée constituante. Mais l'Assemblée des experts pour la Constitution y introduit le principe du Velayat-e faqih, malgré l'opposition de Bazargan et Taleqani. Lorsqu'un groupe d'étudiants qui se présentent comme des disciples de l'imam (Khomeyni) investit l'ambassade américaine et y retient 53 otages, Khomeyni leur exprime son soutien. Le gouvernement provisoire démissionne[7].
Dans l'opposition
Par la suite, le MLI est écarté du pouvoir[9]. Il rejoint l'alliance nationalistes-religieux[9]. En 1984, le MLI appelle à boycotter les élections législatives. La candidature de Bazargan à la présidence de la République en 1985 est rejetée par le Conseil des gardiens de la constitution[10]. Le parti est interdit en 1991. Les demandes pour lever cette mesure restent sans suite[11].
Après la mort de Bazargan en 1995, Ebrahim Yazdi prend sa succession à la tête du mouvement[12] qui s'éloigne alors du Front national[4]. Il participe à la coalition qui conduit à l'élection du président Mohammad Khatami en 1997[12],[11]. En mars et , alors que le parti est officiellement interdit depuis 1991 mais toléré, plusieurs de ses membres sont arrêtés. Plusieurs d'entre eux sont condamnés en 2002[11]. À la mort d'Ebrahim Yazdi, Mohammad Tavasoli (en) prend la tête du mouvement[4].