Ménandre d'Éphèse

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Naissance
Début IIᵉ siècle av. J.-C.
Éphèse, Asie Mineure
Nom dans la langue maternelle
ΜένανδροςVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Ménandre d'Éphèse
Buste de Ménandre, conservé au Musée archéologique d'Éphèse à Selçuk, Turquie.
Biographie
Naissance
Début IIᵉ siècle av. J.-C.
Éphèse, Asie Mineure
Nom dans la langue maternelle
ΜένανδροςVoir et modifier les données sur Wikidata
Époque
Nationalité
Activité
Période d'activité
IIe siècle av. J.-C.Voir et modifier les données sur Wikidata

Ménandre d’Éphèse (en grec ancien : Μένανδρος), actif vers le début du IIe siècle av. J.-C., est un historien dont l’ouvrage perdu sur l’histoire de Tyr a été utilisé par Flavius Josèphe, qui cite la liste des rois de Tyr de Ménandre dans son apologie pour les Juifs, Contre Apion (1.18).

« Ce Ménandre écrivit les Actes accomplis tant par les Grecs que par les Barbares[n 1], sous chacun des rois tyrien, et il s’était beaucoup appliqué à apprendre leur histoire à partir de leurs propres archives. » Comme tous les documents ont été perdus, ce rapport indirect constitue la base de la liste traditionnelle des rois. Ménandre, vivant dans une ville comptant une population importante de Juifs hellénisés[1], semble également avoir écrit sur l’histoire des Juifs, souvent citée par Josèphe.

Les seules sources existantes concernant les écrits de Ménandre sont les citations de son œuvre que l’on trouve dans les deux ouvrages de Josephus, Antiquités judaïques et Contre Apion, ou dans des extraits de ces ouvrages repris par des auteurs postérieurs. Ces auteurs postérieurs étaient Théophile d'Antioche, Eusèbe de Césarée et Georges le Syncelle. William Barnes[2] liste les sources suivantes que les chercheurs utilisent pour reconstruire le texte de Ménandre :

  • Le Codex Laurentianus, daté du Xe ou XIᵉ siècle après J.-C., contient le plus ancien manuscrit grec de Contre Apion, mais Barnes (p. 70) précise qu’il est « défectueux à bien des égards ».
  • Il existe une version latine ancienne des citations de Ménandre dans les écrits de Cassiodore.
  • La liste des rois de Ménandre, de Abibaal, père de Hiram Ier, à Pygmalion, telle qu’extraite de Contre Apion 1.18, se trouve dans le À Autolycus de Théophile d'Antioche.
  • Tous les manuscrits grecs de la Chronographie d’Eusèbe de Césarée ont été perdus, mais une traduction arménienne en conserve quasiment l’intégralité.
  • Des fragments de la Chronographie d’Eusèbe de Césarée sont présents chez des auteurs grecs postérieurs.
  • Des extraits grecs de la Chronographie se trouvent chez Georges le Syncelle.

Contenu des extraits conservés de Ménandre

Le titre exact de l’ouvrage perdu de Ménandre n’est pas clairement indiqué par Flavius Josèphe, qui emploie les descriptions suivantes lorsqu’il cite Ménandre : « Ménandre aussi, qui traduisit les archives tyriennes du dialecte des Phéniciens en langue grecque » (Antiquités judaïques. 8.5.3). « Ménandre en atteste, lui qui, lorsqu’il écrivit sa Chronologie, traduisit les Archives de Tyr en langue grecque » (Ant. 9.14.2). « Ménandre écrivit les actions accomplies à la fois par les Grecs et les Barbares sous chacun des rois de Tyr » (Contre Apion 1.18).

Josèphe ne cite Ménandre que comme moyen d’authentifier les thèmes de ses propres écrits. L’un de ces thèmes est l’antiquité du peuple juif, pour laquelle Josèphe invoque Ménandre et plusieurs autres historiens non juifs afin d’étayer son argumentation. Du point de vue chronologique, l’événement le plus ancien pour lequel Josèphe fait appel au témoignage de Ménandre est le règne de Salomon. Dans Antiquités judaïques 8.5.3, Josèphe décrit l’aide apportée par Hiram Ier, roi de Tyr, à la construction du Temple de Salomon. Une description des travaux de construction réalisés par Hiram à Tyr est ensuite citée d’après Ménandre afin de montrer l’historicité du Hiram mentionné dans la Bible. Quelques autres détails concernant Hiram sont ajoutés, notamment un échange d’énigmes entre Salomon et Hiram. Dans Ant. 8.13.2, la sécheresse en Israël à l’époque d’Élie (1 Rois 17 et 18) est mise en parallèle par Josèphe avec une sécheresse que Ménandre situe sous le règne d’Ethbaal (Ithobaal Ier, 878-847 av. J.-C.), roi des Tyriens. Dans Ant. 9.14.2, après avoir relaté que Salmanazar V fut responsable de la destruction de Samarie (2 Rois 17:3-6), Josèphe cite Ménandre comme témoin de l’existence de Salmanasar. Ménandre y indique que le roi de Tyr à cette époque se nommait Elulée, qui régna trente-six ans et résista avec succès à un siège de cinq ans entrepris par Salmanasar.

Pour les historiens, la partie la plus intéressante de l’œuvre de Ménandre conservée se trouve dans Contre Apion 1.18. Josèphe y démontre de nouveau l’antiquité de sa nation, attestée par des historiens extérieurs à sa propre tradition nationale. Évoquant Salomon et son contemporain Hiram, Josèphe cite la liste des rois de Tyr donnée par Ménandre, depuis Abibalus (Abibaal), père d’Hiram, jusqu’à Pygmalion, avec la durée de règne de chaque roi ainsi que les années de leur vie. Pour Pygmalion, il est rapporté qu’« il vécut cinquante-huit ans[n 2][3] et régna quarante-sept ans. Ce fut dans la septième année de son règne que sa sœur prit la fuite et fonda la ville de Carthage en Tunisie »[4].

Après avoir terminé sa citation de Ménandre par cette phrase, Josèphe résume la liste des rois donnée par Ménandre de la manière suivante :

« Toute la période comprise entre l’avènement de Hirom (Hiram) et la fondation de Carthage s’élève ainsi à 155 ans et huit mois ; et, puisque le Temple de Jérusalem fut construit dans la douzième année du règne du roi Hirom, 143 ans et huit mois s’écoulèrent entre l’édification du temple et la fondation de Carthage[n 3]. »

Évaluations modernes des écrits de Ménandre

Références

Bibliographie

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