Mónica Mayer
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Facultad de Artes y Diseño (en)
Goddard College
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Atlantic College (- Facultad de Artes y Diseño (en) Goddard College |
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Pinto mi raya Archive (d) |
Mónica Mayer, née en 1954, est une artiste, militante féministe et critique d'art mexicaine dont le travail englobe les performances, le graphisme numérique, le dessin, la gravure, la photographie et la théorie de l'art. Artiste conceptuelle, commissaire d'exposition, critique et théoricienne de l'art, elle s'est impliquée dans divers forums et groupes, et a organisé des ateliers et des mouvements collectifs.
De 1988 à 2008, elle a été chroniqueuse pour le quotidien mexicain El Universal. Elle continue d'écrire pour différents blogs.
Depuis le début de sa carrière, elle remet en cause les définitions traditionnelles de l'art. Au fil des ans, elle développe une approche très personnelle de l'art, non seulement à travers ses performances, ses dessins et ses interventions, mais aussi par sa contribution artistique à travers l'écriture, l'enseignement, l'archivage et son engagement communautaire. Elle fait partie des premières femmes qui, dans les années 1970, ont utilisé l'art comme outil de revendication politique dans une Amérique latine peu favorable aux droits des femmes[1].
Mónica Patricia Mayer Lucido naît le à Mexico. Elle est issue d'une famille mi-juive mi-chrétienne, son père étant un homme d'affaires d'origine anglo-allemande très investi dans les questions d'éducation au Mexique, et sa mère, Lilia Lucido, une artisane et artiste féministe, un temps hôtesse de l'air. Elle a deux frères, et son père étant souvent absent, ils sont principalement élevés par leur mère qui soufre d'une maladie mentale mal diagnostiquée, et qui alterne avec ses enfants périodes de violence et périodes de grande affection[2].
Elle suit une formation d'artiste plasticienne à l'École nationale des arts plastiques[3]. Son intérêt pour le féminisme s'éveille durant ses études. Elle participe au mouvement féministe mexicain au sein des groupes Movimiento Feminista et Colectivo de Cine Feminista[4]. Elle obtient ensuite une maîtrise en sociologie de l'art au Goddard College, aux États-Unis, avec un mémoire intitulé « L'art féministe : un outil politique efficace ». De 1978 à 1980, elle participe au Feminist Studio Workshop du Woman's Building à Los Angeles, en Californie[3].
Carrière
À la fin des années 1970, l'œuvre de Mónica Mayer prend une dimension performative, aboutissant à l'une de ses pièces les plus célèbres, « El Tendedero » (La corde à linge). En 1978, elle parcourt les rues animées de Mexico et distribue des centaines de bulletins roses à des femmes de tous horizons, accompagnées de la question : « En tant que femme, ce que je déteste le plus dans cette ville, c'est… » Elle reçoit des dizaines de réponses, dont beaucoup évoquent le harcèlement sexuel subi par les femmes dans la ville, et notamment dans les transports en commun. Mayer rassemble ces réponses et les épingle en rangées sur une corde à linge, comme on le ferait pour étendre son linge. Cette action met en lumière le problème du harcèlement sexuel et donne la parole à de nombreuses femmes trop souvent réduites au silence. L'utilisation de bulletins roses vives fait référence à l'expérience féminine, et la corde à linge fait référence aux tâches domestiques quotidiennes assignées aux femmes dans la société. La première exposition de cette œuvre a eu lieu en 1978 lors de l'exposition Nouvelles tendances (dont le commissaire était Mathias Goeritz ) au Musée d'art moderne de Mexico. Comme cette œuvre a été bien accueillie, elle a été recréée dans une version légèrement différente et exposée dans différents lieux, et pour commencer à Los Angeles, en Californie, dans le cadre du projet Making it Safe de Suzanne Lacy en 1979.
En 1983, avec Maris Bustamante , elle fonde le premier collectif d'art féministe du Mexique, Polvo de Gallina Negra (Poudre de Poule Noire). Le travail de Mónica Mayer et Maris Bustamante mêle critique sociale radicale et humour, comme en témoigne le nom du groupe : « Poudre de Poule Noire – pour nous protéger de la magie patriarcale qui fait disparaître les femmes. » Le groupe réalise des performances dans les médias et mène diverses autres interventions sociales. La même année, elle anime un atelier intitulé « Femmes et Art » à l'Escuela Nacional de Artes Plásticas, qui aboutit plus tard à la création d'un autre collectif d'art féministe, Tlacuilas y Retrateras[5].
Elle s'est produite seule et avec Victor Lerma au Mexique et au Japon, et a présenté son travail dans divers musées. La plupart de ses performances consistent en des interventions sociales conçues pour des contextes spécifiques. En 1989, avec Víctor Lerma, Mayer a créé le projet conceptuel toujours en cours, Pinto mi Raya , dont la fonction principale est celle d'archives de presse spécialisées dans l'art contemporain mexicain[6]. L'objectif du projet est de dynamiser le système artistique mexicain en organisant diverses activités, ateliers et interventions performatives impliquant d'autres praticiens tels que El Balcón del CENIDIAP, De Crítico, artista y loco..., et El Mejor Amigo de los Museos. Pinto mi Raya a également animé des émissions de radio telles que « Pinto mi Raya : Donde las Artes Visuales Suenan » (ABCradio, 1999-2000) et a participé activement à diverses actions militantes au sein de la communauté artistique.
Dans leur publication de 1998 intitulée « Pinto mi Raya – A Brief Story of Almost 10 Years of Applied Conceptual Art Projects », Lerma et Mayer écrivent : « Cette expérience nous a permis de déceler certains des problèmes les plus graves de notre système artistique, et peu à peu, nous sommes devenus une plateforme à partir de laquelle nous pouvions lancer des projets d’art conceptuel appliqué afin d’essayer d’y apporter des solutions. En d’autres termes, nous cherchons à fluidifier le fonctionnement du système artistique. Nous avons également décidé de devenir nomades. »
Mónica Mayer a fait partie de la sélection de la promotion 2011 du Système national des artistes du Fonds national de la culture et des arts mexicains avec le projet De Archivos y Redes (Des archives et des réseaux) de 2012 à 2014, soutien renouvelé pour la période de 2015 à 2018. Il s'agit d'un projet au long cours où elle explore les archives de différents musées pour en tirer en génral deux œuvres[7].
En 2013, l'Institut Culturel du Mexique à Paris expose sa vidéo One More Dinner… or a Banquet in TetlapaMUAC qui est une reviviscence du film de l’écrivain et historien de l’art Olivier Debroise, Un banquet à Tetlapayac (1997-1998), lui-même réappropriation de Que Viva Mexico (1931), le film inachevé de Serguei Eisenstein[8]. Le film, qui au premier abord semble être une simple prise de vue d'un diîner, est considéré comme un témoignage clé sur la méthodologie d'Olivier Debroise, un artiste et personnalité de la scène artistique mexicaine, mort en 2008, jouissant dans son pays d'une forte reconnaissance, et dont elle a été commissaire d'exposition[8].
Une exposition de son œuvre « Si tiene dudas... pregunte: una exposición retrocolectiva de Mónica Mayer » (En cas de doute... Demandez : le projet artistique de Mónica Mayer) a été inaugurée au Musée universitaire d'art contemporain de l'université nationale autonome du Mexique (UNAM) le [9].
En , l'Instituto de las Mujeres de la Ciudad de México (Institut des femmes de Mexico) lui décernéela médaille Omecíhuatl pour sa « participation exceptionnelle à l'éducation, aux arts, à la culture et au sport, qui ont inspiré et influencé le développement et l'autonomisation des femmes »[10].
En 2017 et 2018, elle participe à l'exposition rétrospective itinérante “Radical Women: Latin American Art, 1960–1985” au Musée Hammer à Los Angeles puis au National Museum of Women in the Arts à Washington et au Musée de Brooklin dans laquelle elle réitère sa performance « La corde à linge », en affichant cette fois les réponses des visiteuses de l'exposition à la question affichée en grand « En tant que femme, comment avez-vous surmonté ou comment surmontez-vous les violences ou le harcèlement ? » et à d'autres questions du même type[11],[12],[13]. Elle participe en parrallèle au colloque “The Political Body in Latina and Latin American Art” qui s'ouvre en même temps, et déclare « Je suis un mauvais homme et une femme méchante »[11]. Une autre de ses œuvres exposées est Lo normal (Quiero hacer el amor) (The normal [I want to make love]), de 1978, est née d'une performance où le public était invité à compléter la phrase : « Quiero hacer el amor… Je veux faire l'amour… »[14]
En 2025, elle reçoit le Prix féministe d'excellence (« Distinguished Feminist Awards ») dans la catégorie Art, décerné par la College of Arts Association (CAA). Depuis 2007, ce prix récompense « une personne qui, par son art, ses travaux de recherche ou son engagement, a contribué à l'avancement de la cause de l'égalité des femmes dans les arts » Le Prix féministe d'excellence est remis chaque année par le Comité des femmes dans les arts (CWA) de la CAA lors d'une cérémonie organisée pendant la conférence annuelle[15]. C'est la première fois qu'une artiste mexicaine reçoit cette distinction.
Publications
- (es) Mónica Mayer, Rosa chillante: mujeres y performance en México, Conaculta/Fonca, (ISBN 978-970-93849-0-1, lire en ligne)