Nicole Stéphane
actrice et productrice de cinéma
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Nicole Stéphane, née Nicole de Rothschild le [1] à Paris et morte le dans la même ville, est une résistante, actrice, productrice et réalisatrice française[2].
Biographie
Nicole Stéphane est la fille du baron James-Henri de Rothschild et de Claude Andrée de Rothschild[3].
Elle dit : « C'est à 16 ans que j'ai appris que j'étais juive ». À la suite, elle commence à mettre des étoiles de David dans sa chambre. Elle s'engage ensuite dans l'armée puis connaît la prison en Espagne, en 1942, lorsqu'elle franchit les Pyrénées pour rejoindre les Forces françaises libres.
Une fois parvenue en Angleterre, elle intègre l'École des cadets de la France libre, à Ribbesford, avec sa sœur Monique de Rothschild et quatre autres volontaires françaises. Elle reçoit le grade de sous-lieutenante et devient agente de liaison en Allemagne, puis dispatch rider à Londres[2].
Après guerre, alors qu'elle a échoué au concours d'entrée au conservatoire, elle est repérée par Jean-Pierre Melville en 1948 dans le cours d'art dramatique Bauer-Thérond[4],[5]. Elle tourne alors dans son film Le Silence de la mer[4]. Jean-Pierre Melville la présente ensuite à Jean Cocteau qui lui propose le rôle d'Elizabeth dans Les Enfants terribles[2].
Cette même année 1948, à seulement 22 ans, elle voyage en Palestine, alors en pleine guerre, pour y interviewer David Ben Gourion, fondateur de l'état d'Israël[2].
À la suite d'un accident de voiture, elle s’éloigne du jeu d'acteur et se tourne vers la production de films. Elle réalise deux courts métrages sur Israël, La Génération du désert (1958) et Une guerre pour une paix (1967).
Elle s'implique également dans la réalisation du documentaire Mourir à Madrid de Frédéric Rossif, sur la guerre civile espagnole[6].
En 1962, elle obtient les droits d'adaptation du roman de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Débute alors une aventure au cours de laquelle elle collabore avec Luchino Visconti, Ennio Flaiano, Harold Pinter, Joseph Losey, Peter Brook et Volker Schlöndorff[4].
Au début des années 1970, elle vit une relation amoureuse avec Susan Sontag[7], dont elle produit le film Promised Lands en 1973, documentaire tourné en Israël à la fin de la guerre du Kippour.
Elle est faite chevalier de la Légion d'honneur et chevalier des Arts et des Lettres.
En 2001, elle rencontre l'artiste plasticienne Hélène Delprat[8], avec qui elle devient amie et qui réalise à la suite un film documentaire intitulé Nicole Stéphane, A displaced person, pour lequel elle a enregistré et filmé Nicole Stéphane pendant quatre ans, de 2003 à sa mort en 2007, et sorti en 2018[9]
Nicole Stéphane meurt de mort naturelle le . Elle repose au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.
Distinctions
Filmographie
Actrice
Productrice
- 1959 : Le Tapis volant d'Arié Mambouch, court métrage d'animation
- 1962 : Mourir à Madrid de Frédéric Rossif, Prix Jean-Vigo 1963
- 1965 : La Vie de château de Jean-Paul Rappeneau
- 1967 : L'Une et l'Autre de René Allio
- 1968 : Phèdre de Pierre Jourdan
- 1969 : Détruire, dit-elle de Marguerite Duras
- 1974 : La Déchirure (Promised Lands), documentaire de Susan Sontag
- 1988 : Sarah d'Edgardo Cozarinsky
Réalisatrice
- 1957 : La Génération du désert (court métrage)
- 1967 : Une guerre pour une paix (court métrage)
- 1993 : En attendant Godot à Sarajevo (court métrage, co-réalisé avec Susan Sontag)