Noroy-lès-Jussey
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| Noroy-lès-Jussey | |
Vue aérienne de Noroy-lès-Jussey | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Bourgogne-Franche-Comté |
| Département | Haute-Saône |
| Arrondissement | Vesoul |
| Commune | Jussey |
| Statut | Commune associée |
| Géographie | |
| Coordonnées | 47° 48′ 44″ nord, 5° 50′ 26″ est |
| Élections | |
| Départementales | Jussey |
| Historique | |
| Fusion | 1973 |
| Localisation | |
| modifier |
|
Noroy-lès-Jussey est une ancienne commune française située dans le département de la Haute-Saône, en région Bourgogne-Franche-Comté. Depuis 1973, elle est rattachée à la commune de Jussey en tant que commune associée.
Le nom de Noroy-lès-Jussey trouve son origine dans le latin *Noeriacum*, dérivé du bas latin *nucaretum*, désignant un lieu planté de noyers. Cette étymologie renvoie à un paysage anciennement marqué par la présence de noyers[1].
Sous la Révolution française, la commune porta temporairement le nom de Mont-Libre. Le nom actuel de Noroy-lès-Jussey permet de distinguer la localité des autres communes homonymes et rappelle sa proximité avec la ville de Jussey[1].
Géographie
Le village de Noroy-lès-Jussey est situé à proximité immédiate de Jussey, dans la partie orientale du département de la Haute-Saône. Il est implanté sur le versant d’un plateau culminant à environ 332 mètres d’altitude[1]

Le territoire communal, d’une superficie d’environ 528 hectares, se compose de terres agricoles et de zones boisées (dont des bois communaux).
Le ruisseau de la Couaz (parfois orthographié « Gouaz » dans certaines sources locales ou anciennes) limite une partie du territoire communal à l’ouest. Ce ruisseau, figurant sous le nom de « La Couaz » sur les cartes topographiques modernes, s’écoule en direction de la vallée de l’Ougeotte.
Au début du XXIe siècle, une activité viticole de petite échelle a réapparu sur le territoire de Noroy-lès-Jussey, avec l’implantation de projets viticoles reposant sur des pratiques biodynamiques et expérimentales, comme l’ont rapporté plusieurs articles de la presse régionale[2],[3].
Histoire
Le territoire de Noroy-lès-Jussey est occupé depuis l’Antiquité. Des vestiges gallo-romains ont été mis au jour sur le site-dit « Le Montherot – Chapelle Saint-Martin ». Des notices archéologiques mentionnent l’existence d’un établissement antique, avec notamment des structures assimilables à des installations balnéaires alimentées par une source, ainsi que du mobilier et des objets votifs.
Des opérations archéologiques menées en 1968-1969 puis en 1973 par François Kasperowicz ont permis d’identifier des structures et du mobilier attribués à l’époque gallo-romaine. Le mobilier archéologique issu de ces fouilles est conservé par le Service régional de l’archéologie de Bourgogne-Franche-Comté sous le code national OA 090258. Les objets sont actuellement déposés au Centre de conservation et d’études archéologiques (CCEA) de Besançon.
Au Moyen Âge, Noroy-lès-Jussey relève de la prévôté de Jussey. Le lieu-dit Le Montherot, dont le toponyme correspond à une graphie locale apparentée à « moutier » (terme désignant un établissement religieux ou monastique), occupait une position stratégique à proximité d’anciens axes de circulation.
Une chapelle dédiée à saint Martin y est attestée ; elle est déjà décrite comme ruinée au début du XIXᵉ siècle. Une réfection partielle est entreprise en 1805 à l’initiative du père Cordienne, alors curé de Noroy. Le site est occupé dès le haut Moyen Âge, probablement à partir du VIᵉ siècle, et est mentionné dans des textes hagiographiques relatifs à saint Colomban, moine de Luxeuil, mort en 650.

L’église paroissiale actuelle est reconstruite en 1831 et placée sous le vocable de sainte Madeleine, marquant l’abandon de l’ancienne dédicace à saint Martin.
En 1973, la commune de Noroy-lès-Jussey est fusionnée avec Jussey par arrêté préfectoral et devient une commune associée, dans le cadre des regroupements communaux engagés en France à partir des années 1970[1].
Fusion avec Jussey
Population
La population de Noroy-lès-Jussey a connu d’importantes variations au cours des siècles. En 1614, le village comptait 61 ménages. La population atteint environ 500 habitants à la fin du XVIIIe siècle et au milieu du XIXe siècle, avec 504 habitants recensés en 1841.
À partir de la fin du XIXe siècle, la commune connaît un déclin démographique progressif : 375 habitants en 1881, 165 habitants en 1936, 106 habitants en 1968, puis 71 habitants en 1999. Cette évolution reflète les transformations économiques et sociales du monde rural en Haute-Saône[1].
Patrimoine
Le patrimoine de Noroy-lès-Jussey est représentatif de l’architecture rurale traditionnelle de la Haute-Saône.
Le site archéologique du Montherot – Chapelle Saint-Martin constitue l’un des principaux éléments du patrimoine ancien de la commune. Ce site, occupé dès l’époque gallo-romaine, a livré des vestiges de structures et du mobilier archéologique mis au jour lors de campagnes de fouilles menées en 1968-1969 et en 1973. Il est référencé par le Service régional de l’archéologie de Bourgogne-Franche-Comté sous le code national OA 090258.

L’église paroissiale Sainte-Madeleine, reconstruite en 1831, a remplacé une ancienne chapelle dédiée à saint Martin située au Montherot. Elle conserve plusieurs éléments de mobilier religieux et des statues datées principalement du XIXe siècle[1]. Selon une notice archéologique publiée dans ADLFI. Archéologie de la France – Informations, le site du Montherot – chapelle Saint-Martin a livré des structures et du mobilier gallo-romains, ainsi que des indices d’occupations funéraires postérieures, notamment à l’époque mérovingienne et au Moyen Âge. Cette continuité d’occupation est attestée par la présence de sépultures, de sarcophages et de vestiges bâtis associés au site religieux[4].
Une statue de la Vierge Marie, implantée hors du bourg sur un socle en pierre, constitue un élément du petit patrimoine religieux local. Érigée sur un point légèrement dominant le paysage environnant, elle forme un repère paysager visible depuis les abords du village. Le monument, composé d’un piédestal en maçonnerie et d’une statue en pierre représentant la Vierge les bras ouverts, s’inscrit dans la tradition des dévotions rurales des XIXe et XXe siècles.

Le village possède également un monument aux morts dédié aux habitants de Noroy-lès-Jussey morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale.
Le bâti ancien comprend des maisons rurales, des granges, des portes charretières en pierre et des éléments de remploi, témoignant de l’histoire longue du village et de ses transformations successives[1].
Culture locale
La vie culturelle locale de Noroy-lès-Jussey est notamment marquée par des manifestations organisées durant la Seconde Guerre mondiale[5].
Un document intitulé « L’Aristote », daté du , témoigne d’une soirée organisée au profit des prisonniers de Noroy. Rédigé en grande partie en parler régional, ce texte évoque des scènes de la vie villageoise et mentionne plusieurs habitants de la commune[5].
Vie locale et environnement
Au début des années 2020, un projet de création d’une carrière de roche massive au lieu-dit « Le Mont », sur le territoire de la commune de Noroy-lès-Jussey, a suscité des échanges et prises de position au niveau local.
Dans ce contexte, une association de protection de l’environnement dénommée Pro Natura Jussey s’est constituée afin de suivre le dossier et de participer aux procédures réglementaires. L’association a notamment déposé des observations dans le cadre de l’enquête publique relative à la demande d’autorisation environnementale, faisant état de préoccupations liées à la préservation des zones boisées, des paysages ruraux et de la biodiversité locale. Ces démarches ont été relayées par la presse régionale.
Par un arrêté préfectoral en date du , le préfet de la Haute-Saône a refusé l’autorisation de création de la carrière. La décision administrative mentionne notamment l’incompatibilité du projet avec le schéma départemental des carrières, la présence d’espèces protégées sur le site concerné et l’absence de justification d’un besoin local avéré en matériaux[6].