Notes sur la mélodie des choses

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PaysDrapeau de l'Autriche Autriche
GenreEssai
Langue(de)
Notes sur la mélodie des choses
Auteur Rainer Maria Rilke
Pays Drapeau de l'Autriche Autriche
Genre Essai
Version originale
Langue (de)
Titre Notizen Zur Melodie Der Dinge
Lieu de parution Francfort et Wiesbaden
Date de parution 1955-1966
Version française
Traducteur Bernard Pautrat
Éditeur Allia
Lieu de parution Paris
Date de parution 2008
ISBN 978-2-84485-275-5

Notes sur la mélodie des choses est un petit livre de jeunesse de l'écrivain autrichien Rainer Maria Rilke, rédigé en 1898 et publié dans le tome 5 de ses Œuvres complètes, entre 1955 et 1966 à Francfort et à Wiesbaden.

Distillée en 40 courts paragraphes, qui font évoluer l'œuvre entre l'essai théorique, le recueil de petits poèmes et la collection d'aphorismes, la réflexion de Rilke porte sur la scène théâtrale. L'écrivain réfléchit sur une nouvelle manière de faire du théâtre, en plaçant ce qu'il appelle l'arrière-plan sur le devant de la scène.

Réflexion

Très rapidement, la question théâtrale se révèle la métaphore d'une réflexion beaucoup plus générale et profonde qui s'étend à la création, à l'homme, à l'art en général, à la solitude et à la communauté, dans une vision singulière du monde et de la vie. Le dilemme théâtral de l'apparence et de la réalité est repris par Rilke pour exprimer le dilemme de la présence de l'homme au monde qui l'entoure. La mélodie dont parle Rilke est celle de cet « arrière-plan » (du théâtre, mais aussi de notre perception) devenu avant-scène, c'est-à-dire perceptible par l'attention, la poésie et l'art.

Cette mélodie des choses est la mélodie de l'Univers (la « grande mélodie » dit Rilke), unique symphonie composée des infinies mélodies particulières et se superposant. L'homme est une mélodie parmi d'autres, et c'est en prêtant attention aux autres mélodies et à la « grande mélodie » qu'il peut résoudre sa solitude essentielle. Le chant universel, dont l'art est un signe, permet aux hommes de se retrouver, de s'unir. Il s'agit d'une mélodie-lien, que Rilke compare dans le paragraphe XIII aux paysages des tableaux de Fra Bartolomé ou de Léonard (peintre) : le paysage unit en arrière-plan les personnages, notamment les ponts symboliques. Mais l'arrière-plan du tableau est tout métaphorique, puisque concrètement l'image est plane : l'arrière-plan est donc aussi premier (et seul) plan. Ainsi Rilke élabore-t-il une mise en abyme de la condition de l'homme : le tableau, autrement dit l'art en général, unit le personnage et l'arrière-fond dans le tableau, tout comme il s'efforce de le faire dans notre réalité quotidienne.

Rilke offre au lecteur une réflexion sur la place de l'homme, toujours problématique, au sein du monde. Selon l'écrivain, celui-ci peut concilier sa solitude profonde avec un lien profond à autrui et au monde, en se tenant à l'écoute de la mélodie des choses, mélodie discrète mais essentielle.

Extraits

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