Pour Gaston Bachelard, « on connaît contre une connaissance antérieure »[1]. Il est donc nécessaire d'écarter, sans nier leur existence, les obstacles qui nous empêchent d'accéder à la connaissance. Le plus difficile à surmonter est l'obstacle présent « dans l'acte même de connaître »[2].
Pour tout esprit scientifique en formation souhaitant lutter contre les obstacles épistémologiques, Bachelard préconise quatre impératifs : réaliser une catharsis intellectuelle et affective, réformer son esprit, refuser tout argument d'autorité et laisser sa raison inquiète.
Michel Fabre, spécialiste des problèmes de formation et de professionnalisation des enseignants, désigne plusieurs caractéristiques complémentaires des obstacles épistémologiques : leur intériorité, la facilité mentale (économie pour l'esprit), la positivité (les obstacles ne proviennent pas d'un déficit de connaissance mais le plus souvent de la préexistence de savoirs solidement ancrés), l'ambiguïté (tout mode de fonctionnement mental présente la double dimension d'outil nécessaire et de source potentielle d'erreurs), la récursivité (les erreurs ne sont reconnaissables qu'après coup, une fois que les obstacles ont été franchis)[3].