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Ode à Priape

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L’Ode à Priape est un poème érotique et satirique français, écrit par Alexis Piron vers .

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Ode à Priape
Édition anonyme de 1786
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Œuvre de jeunesse devenue un classique de la littérature libertine, elle a valu à son auteur de vifs tourments tout au long de sa vie, notamment en lui fermant les portes de l'Académie française.

Style

Poème de facture classique, l’ode à Priape parodie le style noble pour célébrer les plaisirs de la chair sous le patronage de Priape, divinité de la fertilité.

Genèse et diffusion

Le poème a été composé à Dijon, alors que Piron avait vers les vingt ans[1]. Piron l’aurait composé à la suite d’un défi lancé par son cousin, Jehannin de Chamblanc[2]. Bien que l’auteur ait demandé la destruction du manuscrit original, une copie en a été faite et a circulé rapidement dans les milieux mondains et libertins de Dijon. L’œuvre a choqué les autorités religieuses et morales de l’époque, forçant Piron à quitter sa ville natale pour s’installer à Paris, quelques années plus tard[3].

Analyse

L'Ode à Priape est écrite en vers alexandrins. Piron utilise le cadre mythologique gréco-romain et le style de l’ode classique pour livrer un texte volontairement outrancier, mêlant érotisme, blasphème et humour. L’auteur y dresse une apologie de la vie épicurienne, se moquant des conventions religieuses et de la pompe des Grands de ce monde au profit des plaisirs simples et charnels.

Le veto royal et l’Académie française

La célèbre ode a poursuivi Piron durant toute sa carrière. En 1753, alors que l’élection du poète à l’Académie française semble acquise, ses ennemis politiques et littéraires ressortent cette œuvre de jeunesse pour le discréditer. Priape. Fontenelle est d’avis que « S’il a fait l’ode à Priape, il faut bien le gronder et le recevoir, mais s’il ne l’a pas faite, il ne faut pas le nommer. » La majorité de l’Académie choisit Piron. Alerté par les Jésuites et le cardinal de Mirepois, Louis XV fait valoir son veto et empêche l’entrée de Piron à l’Académie[4][a].

Piron a pris sa revanche sur cette institution avec sa propre épitaphe :

Ci-gît Piron
qui ne fut rien,
Pas même académicien[5].

Postérité

Vignette d’une édition illustrée du XVIIIe siècle.

Malgré la censure, l’œuvre a circulé sous le manteau pour connaitre de nombreuses rééditions clandestines tout au long des XVIIIe et XIXe siècles. Elle est aujourd’hui considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de la poésie badine et facétieuse du XVIIIe siècle.

Historique

Piron, dans la préface de la Métromanie, a exprimé son profond repentir de l’Ode à Priape[6]. De nombreux écrivains ont néanmoins profité de l’occasion pour prêter à Piron une foule de volumes de grossièretés auquel il n’avait à jamais mis la main[7].

Jugements

« cette pièce qui l’a rendu célèbre […] est une des meilleures que nous possédions dans le genre érotique, genre qui a presque disparu de notre littérature, et qu’il ne faut pas confondre avec la vulgaire obscénité[8]. »

Éditions

  • Ode à Priape : par Pyron, Ornée de gravures représentant les sujets de chacune des douze strophes, s. l. n. n. n. d., 12 p., xi pl. ; in-12 (lire en ligne sur Gallica).
  • Ode à Priape, Priapeville, Imprimerie galante, an iii du xxe siècle foutatif, 16 p., in-12 (lire en ligne sur Gallica).

Notes et références

Liens externes

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