Orens d'Auch

évêque et saint catholique From Wikipedia, the free encyclopedia

Saint Orens d'Auch († vers 444), en latin sanctus Or(i)entius, a été selon de très antiques manuscrits métropolite d'Auch. Fête le 1er mai.

Naissance
Vers 360
Partie occidentale de l'empire romain (Urgell, Catalogne ???)
Décès
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AuchVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Ermite puis métropolite de Novempopulanie (Gascogne) ; poète
Faits en bref Archevêque, Naissance ...
Orens d'Auch
Fonction
Archevêque
Biographie
Naissance
Vers 360
Partie occidentale de l'empire romain (Urgell, Catalogne ???)
Décès
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AuchVoir et modifier les données sur Wikidata
Époque
Activité
Ermite puis métropolite de Novempopulanie (Gascogne) ; poète
Période d'activité
v. 395 - v. 444
Père
inconnu (proconsul ?)
Mère
inconnue
Fratrie
un frère (proconsul ?)
Autres informations
Religion
Eglise chrétienne catholique (au sens d'orthodoxe)
Étape de canonisation
Fête
Fermer

Sources

Il existe trois Vies qui assimilent « Or(i)entius », le premier évêque d'Auch connu (peut-être le deuxième) avec Or(i)entius, un poète chrétien de langue latine dont est principalement conservée une sorte de long sermon en distiques élégiaques intitulé par Sigebert de Gembloux (Viri illustres, § 34) Commonitorium fidelium. Ce poème, divisé en deux livres et comptant en tout 1 036 vers, met l'homme en garde contre les obstacles à son salut : l'attrait pour la beauté de la femme , la jalousie, la cupidité, la guerre, l'ivrognerie, les honneurs. Le texte s'inspire de poètes païens et chrétiens. L'auteur précise que sa nation est la Gaule (III, 184), et que la Gaule vient d'être la proie des barbares.

Un seul manuscrit médiéval (le BnF lat. 457, provenant de Tours ) conserve le Commonitorium. Un manuscrit de l'abbaye d'Anchin (texte imprimé par les soins de Martín Antonio Delrío à Anvers en 1600) contenait le livre, mais il est aujourd'hui perdu. Le texte entier a été publié par Edmond Martène à Rouen en 1700 (reproduit en PL, vol. LXI).

L'Histoire littéraire de la France lui consacre un chapitre[1].

Les trois Vies latines sont les suivantes :

  1. Manuscrit BNF lat. 2627, origine Moissac, fin-XIe s., f°162-170 (douteuse) ; partiellement reproduit par le manuscrit n° 32 de la B.M. de Bagnères-de-Bigorre, XIVe s., origine Saint-Savin (Lavedan) et par le manuscrit n° 73 de la B.M. de Toulouse, XIVe s. (f° 248) ;
  2. manuscrit 207-208 de la B.R. de Bruxelles, origine Bödeken (Westphalie), XIIIe s. (le plus fiable), reproduit dans le manuscrit 477 de la B.M. de Toulouse, f° 145r-146v ;
  3. manuscrit du bréviaire d'Albi, début-XIVe s., probablement passé entre les mains de Bernard Gui (ce qui n'est pas bon signe), reproduit dans le manuscrit n° 718 de la B.M. de Toulouse, auteur Montgaillard, lui-même copié d'un manuscrit perdu du XVe s. C'est la Vita la plus douteuse, qu'on retrouve dans la 1re et rarissime Vie française de Bertrand Guiraud, père croisier de Toulouse (1667).

Biographie

Né vers 360 en Occident (seule la Vita d'Albi-Toulouse, la plus tardive et la plus douteuse, le dit né à Urgell, en Catalogne) ; Orientius n'est pas natif de Huesca[2], en Espagne.

Il est issu d'une famille aux sentiments religieux assez tièdes et vivant sous le régime des honneurs et des plaisirs. Il reçoit une éducation morale et suit le quadrivium dans des écoles prestigieuses de l'époque. Héritant dans un bref laps de temps, successivement de son père puis de son frère ainé, il se retrouve à devoir gérer la fortune de son père et à administrer la province (toujours selon la Vita d'Albi-Toulouse, la plus douteuse).

Ressentant ensuite en lui l'appel d'une vie plus conforme aux préceptes évangéliques, il se démet de ses fonctions de gouverneur et se retire dans la solitude dans la vallée du Lavedan, au bord d'un ruisseau nommé Isavrius (aujourd'hui Isaby), en un lieu qui deviendra plus tard l'abbaye de Saint Orens (monastère fondé IXe siècle), près d'Ortiac (hameau rattaché à Villelongue)..

Il se construit un oratoire et un moulin sur les bords du torrent d'Isaby.

La légende veut que sa sainteté fût reconnue aux alentours et qu'une foule sans cesse grandissante vînt le consulter. Fuyant cette foule, aurait échappé miraculeusement à ses poursuivants grâce à un éboulement providentiel, et se serait caché sous un auvent rocheux et exigu, où il jeûna et vécut dans une grande rigueur, récitant les Psaumes, les reins ceints d'une chaîne de fer.

Toujours selon la légende, au moment du décès de son hypothétique prédécesseur, les habitants d'Auch,qui connaissaient la réputation d'Orientius, vinrent en délégation lui demander d'être leur évêque. La Bigorre en effet était à cette époque dépendante de l'archidiocèse (ou métropole) d'Auch. L'ermite résista, puis finit par céder devant leur insistance.

Orientius est aussi à l'origine de la destruction d'un lieu de culte païen, le fanum du mont Narveia, dont la cime avoisine les nuages (aujourd'hui le Nerbiou, qui domine l'ermitage primitif, et non la colline de St Cricq au-dessus d'Auch). Ce fanum païen est à situer dans la période érémitique qui précède l'ordination épiscopale, et non après comme ont cru le comprendre les copistes.

Selon la Vita de Moissac (fin-XIe s.), elle aussi très douteuse, c'est l'abbé Savin qui aurait hérité de la charge pastorale d'Orientius en Lavedan (''héritage'' qui a pu se concrétiser beaucoup plus tard, à moins qu'il ne s'agisse là d'un des nombreuses falsifications des moines clunisiens de Moissac).

Selon une tradition orale ancienne, saint Orens aurait sauvé miraculeusement la ville d'Auch de la destruction lors de l'invasion des Vandales (vers 407-410). Aucun écrit ne témoigne de ce fait, qui est probablement une fable sans fondement. C'est peu après, vers 410-411, ou peut-être vers 418 (arrivée des Wisigoths) qu'il aurait composé son long poème. Il fut l'un des prélats que les Wisigoths envoyèrent en députation auprès du général romain Littorius en 439 lors du siège de Toulouse. En effet, Littorius voulait détruire la capitale des Wisigoths, alors que son supérieur, le célèbre Aetius, qui contrairement à ce que rapportent les trois Vies, était absent à ce moment-là, se serait montré plus clément par la suite. Il s'ensuivit une bataille où les troupes de Littorius se perdirent dans un brouillard nocturne causé par la prière d'Orientius, dit-on, et se jetèrent sur les armes des Wisigoths.

Saint Orens vécut fort âgé (cent ans selon certaines sources). Peu de temps avant son trépas, le Seigneur lui apparut afin de lui faire savoir que sa dernière heure approchait ; il aurait demandé qu'après sa mort, ceux qui auraient recours à lui eussent leurs grâces exaucées. Ce qui se réalisa par une abondance de miracles, sur le lieu de sa sépulture à Auch et aussi en Lavedan : un homme aux mains recroquevillées fut guéri instantanément (c'est le seul miracle raconté par les trois Vies latines ; les autres sont brièvement évoqués.

Orentius est mort un , jour où l'Église célèbre sa fête. Il fut enseveli à Auch en l'église dite de l'Aubépine, qui plus tard prit le nom de Saint-Orens. Cette église devint rapidement trop petite et on construisit à sa place une basilique qui fut finalement vendue à la Révolution française et démolie en 1800.

Un nom présent sous des graphies très variées

Un relevé exhaustif a été établi[3] :
– latin : Orientius, Oriencius, Horiencius, Orencius, etc., et Urgentius pour la traduction d’Orien dans Villiers-Saint-Orien. On trouve très marginalement Aurientius et Aurentius (latinisations intégrant la diphtongaison). On trouve aussi, dans des textes relatifs à l’ancienne viguerie de Saint-Orens sise à Berrac, la création de l’adjectif centorangus ou centorengus . On citera enfin un Sentures dans une charte de 1271, probablement né d’une erreur de lecture et, ailleurs encore, une mauvaise latinisation en sanctus Oriens ;
– français et dialectes occitans : « Orens », « Orience », « Horens » et « Orent », « Oriens », « Orence », « Orense », « Orient », « Orien », « Aurens », « Aurence », « Ourens », « Orin », et un « Urin » (déduit du lieu-dit Santurin, dans la commune de Vigoulet-Auzil), sans compter un « Aurenc » (probablement prononcé comme si le c était cédillé) et un « Torens » ;
– catalan : « Orenç », « Orenci », mais aussi « Aurenç », « Auren », « Orèn » ;
– espagnol : « Orencio » et « Orenzo », avec parfois l’aphérèse du o initial dans les composés (comme « Sandrenzo »). Plus rarement, et sans doute par tradition savante, « Oriencio » ;
– galicien : « Ourente », « Orente » ;
– basque : « Orentzi » ;
– italien « Orienzio » et portugais « Oriêncio » : créations savantes, calquées sur le latin.

Voir aussi

Bibliographie

  • Saint-Orens, mon village par Guilhem Castagné, édition 1986.
  • Sous la direction de Georges Courtès, Le Gers. Dictionnaire biographique de l'Antiquité à nos jours, Société Archéologique et Historique du Gers, Auch, 1999 (ISBN 2-9505900-1-2)
  • Rémy Verdo, « L’anthroponyme Orens dans l’onomastique française et espagnole », dans Circulations linguistiques dans les noms propres : onomastique occitane - onomastica occitana [actes du XVIIIe colloque d'onomastique organisé par la société française d’onomastique, Toulouse, 17-], dir. Michel Tamine, Paris : L’Harmattan, 2020, p. 433-454.
  • Jean Béziat, Vie de saint Orens d'Auch, métropolite de Gascogne au Ve s., sur le site ''Pèlerinage orthodoxe en terre de France'', (https://pelerinage-orthodoxe-france.blogspot.com/2017/05/vie-de-saint-orens-dauch.html)
  • Jean Béziat, juin 2026 : étude beaucoup plus poussée, en attente de publication (contact dominique.beziat@orange.fr

Liens externes

Notes et références

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