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Oscar Micheaux (réalisateur)

réalisateur et scénariste américain From Wikipedia, the free encyclopedia

Oscar Micheaux, de son nom complet Oscar Devereaux Micheaux, né le à Metropolis (Illinois) et mort le à Charlotte (Caroline du Nord), est un réalisateur, producteur, scénariste, acteur et écrivain américain.

Sépulture
Great Bend Cemetery (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Oscar Devereaux Micheaux
Faits en bref Naissance, Décès ...
Oscar Micheaux
Photographié vers 1913
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Great Bend Cemetery (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Oscar Devereaux Micheaux
Nationalité
Activités
Conjoint
Alice B. Russell
(de 1926 à 1951 - décès -)
Autres informations
Distinctions
Black Filmmakers Hall of Fame (en) ()
Étoile du Hollywood Walk of FameVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Story of Dorothy Stanfield (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Vue de la sépulture.
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Poster publicitaire pour le film Lying Lips (1939)

Il est considéré comme le père du cinéma afro-américain[1].

Biographie

Jeunesse et formation

Oscar Micheaux[2], [3] est le fils de Calvin Swan Micheaux, un fermier, et de Belie (Washingham) Michaux[4], une institutrice[5], il est le cinquième[4] de leurs treize — ou onze, les sources divergent — enfants[6]. Après ses études secondaires à la Great Bend High School (en), il occupe différents emplois.

Inspiré par Booker T. Washington[7] qui prône l'indépendance économique vis-à-vis de la société « blanche », en 1904, il achète une ferme près de Gregory dans le Dakota du Sud[5] qu'il commence à exploiter en 1905[8].

Carrière professionnelle

Auteur de sept romans (entre 1913 et 1947), ainsi que de nouvelles, il publie en 1913 son premier livre The Conquest[9] qui est suivi de The Forged Note en 1915, puis de The Homesteader en 1917, sorte de trilogie racontant la vie de jeunes ruraux afro-américains dans le monde blanc du Dakota du Sud[10]. Pour garder le contrôle de la diffusion de ses œuvres littéraires, il crée une maison d’édition, la Western Book Supply Company[11].

Oscar Micheaux est surtout reconnu comme un pionnier du cinéma américain. La sortie en 1915 de Naissance d'une nation, choque la communauté noire et plus généralement les défenseurs des droits civiques. Certains cherchent une réplique, c'est ainsi qu'il est contacté par la Lincoln Motion Picture Company[10] fondée en 1916 par les frères Noble, la première société de production cinématographique "black"[12], leur souhait est de réaliser une adaptation de son roman The Homesteader. Oscar Micheaux refuse, comme pour ses romans, il tient à garder le contrôle. C'est ainsi qu'il emménage à Chicago en 1919, pour créer sa propre compagnie de production, au sein de laquelle il réalise le premier film afro-américain la même année, The Homesteader[13] (réputé perdu à ce jour). C'est par ce film, tourné et produit par lui qu'il est considéré comme le père du cinéma afro-américain[14].

Son deuxième film en 1920, Within Our Gates (classé en 1992 au National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès pour son importance historique), est une critique plus ou moins voilée — de même que son premier film précité — de Naissance d'une nation (The Birth of a Nation, réalisé par D. W. Griffith en 1915)[15]. Son film de 1920, The Symbol of the Unconquered, est considéré comme une réplique de Naissance d'une nation, un tournant décisif du cinéma afro-américain[16]

En 1924, il réalise Body and Soul (sorti l'année suivante), qui lance la carrière de Paul Robeson dans sa première prestation au cinéma[11] et, en 1931, le premier film parlant afro-américain, The Exile (adapté de son premier roman de 1913, The Conquest: The Story of a Negro Pioneer by the Pioneer).

En tout, il réalise quarante-deux films — la plupart, produits et adaptés par lui, d'après l'un ou l'autre de ses romans et nouvelles —, le dernier en 1948. Il sera également acteur dans deux de ses films, en 1934 et 1935.

Engagement social

Oscar Micheaux était membre du mouvement Renaissance de Harlem, destiné à promouvoir, dans les années 1920 et 1930, la culture afro-américaine, son cinéma balaie les stéréotypes dévalorisants que les acteurs noirs devaient jouer[17]. Cette émergence de nouveaux rôles, délivré du regard raciste, est également appelé The New Negro Renaissance[18]. Son cinéma est politique, il aborde diverses questions comme les mariages mixtes, le racisme entre afro-américains selon la couleur plus ou moins prononcée, les arrestations arbitraires, les quartiers ségrégués, etc.[19]. Cela dit, les relations avec les intellectuels du mouvement Renaissance de Harlem pouvaient être tendues, ces derniers voyant en cet autodidacte un être sans éducation[20].

Une de ses paroles résume son œuvre et sa vie :

« One of the greatest tasks of my life has been to teach that the [Black] man can be anything, »[21] / L'une des plus grandes tâches de ma vie est d'apprendre que tout homme noir peut faire ce qu'il veut. (littéralement « peut être qui il veut »).

Après son décès des suites d'un infarctus, il est inhumé au cimetière de Great Bend dans le Kansas[22].

Vie privée

Il a eu deux épouses : en 1910, il se marie avec Orlean E. McCracken, morte en 1917, puis il épouse en 1926, l'actrice Alice B. Russell, décédée en 1984[23], qui jouera dans plusieurs de ses films[24].

Filmographie

Affiche du film God's Step Children (1938).
Affiche du film Birthright (1938).

(comme réalisateur, producteur et scénariste, sauf mention contraire)

Œuvres (sélection)

Romans d'Oscar Micheaux

(l'année indiquée est celle de première publication)

  • 1913 : The Conquest : The Story of a Negro Pioneer by the Pioneer, Woodruff Press, Lincoln, Nebraska, 311 p.
  • 1915 : The Forget Note : A Romance of the Darkness Races, Western Book Supply Company, Lincoln, Nebraska, 521 p.
  • 1917 : The Homesteader, Western Book Supply Company, Sioux City, Iowa, 533 p.
  • 1941 : The Wind from Nowhere, Book Supply Co., New York, 385 p.
  • 1944 : The Case of Mrs. Wingate, Book Supply Co., New York, 518 p.
  • 1946 : The Story of Dorothy Stanfield, Book Supply Co., New York, 416 p.
  • 1947 : The Masquerade, Book Supply Co., New York, 401 p.

Postérité et distinctions

L'apport d'Oscar Micheaux au cinéma a surtout été valorisé bien après son décès car, de son vivant, la ségrégation raciale sévissant pleinement aux États-Unis, ses films étaient voués à une diffusion plus ou moins confidentielle[26]. En 1986, la Directors Guild of America lui a décerné (à titre posthume donc) un prix spécial, le "Golden Jubilee Special Award", pour l'ensemble de sa carrière, puis a créé une récompense remise chaque année, le "Oscar Micheaux Award". en 1980, se fonde la "Oscar Micheau Society" qui fait la promotion des films réalisés par des afro-américains[27]. C'est à partir de 1969 que l'œuvre cinématographique d'Oscar Micheaux soit reconnue, par un article de Thomas Cripps paru dans le Negro Digest, puis en 1970 par Pearl Bowser qui publiera diverses études sur son œuvre filmographique[28], [29]. Le , une étoile lui est attribuée sur le Walk of Fame au 6721 d'Hollywood Boulevard[30].

Documentaire

  • 2021 : Oscar Micheaux, the superhero of black filmmaking réalisé par Francesco Zippel[31].

Notes et références

Voir aussi

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