P'tit Quinquin (chanson)

chanson en ch'ti du poète lillois Alexandre Desrousseaux From Wikipedia, the free encyclopedia

Le P’tit Quinquin Petit enfant ») est une chanson du poète lillois Alexandre Desrousseaux (1820-1892), publiée en 1852[1] en ch'ti, variante locale du picard, langue régionale des Hauts-de-France. Son titre original est L'Canchon-Dormoire[1], autrement dit berceuse (mais aussi une parodie). Mais plus qu'une berceuse, cette chanson illustre la vie intime des ouvrières dans ce Nord du XIXe siècle[2].

Réplique de 2025, de la statue de 1902 représentant une dentellière et le P'tit Quinquin à Lille (Nord, France).

Étymologie

Le mot quinquin vient du flamand kindeken.[réf. nécessaire]

Historique

Le P'tit Quinquin est chanté pour la première fois au Théâtre de Lille en 1855[3], puis à Paris en 1857[3], et est connu bien au-delà de l'aire linguistique du picard. Simplement écrite à l'occasion des Fêtes de Lille, la berceuse est si populaire[3] qu'elle contribue à souder l'identité culturelle du Nord de la France, au point de devenir la chanson de marche des soldats nordistes partant pour la guerre franco-prussienne de 1870. C’est en quelque sorte l’hymne officieux et populaire de la ville de Lille, sonné par le carillon du beffroi de la chambre de commerce de Lille[4]. Le P’tit Quinquin est aussi le chant de tradition du 43e régiment d'infanterie[réf. nécessaire], qui est implanté au sein de la citadelle de Lille.

L'interprète récent le plus célèbre du P’tit Quinquin est Raoul de Godewarsvelde (1928-1977).

La chanson a également été reprise par Salvatore Adamo dans l'album Les Gens du Nord reprenant des standards du répertoire musical du Nord-Pas-de-Calais.

On retrouve l'air dans une chansonnette de la commune d'Hautmont (Nord) de 1872, « Le feu d'artifice d'Hautmont ».

Tourisme

Ancré dans la culture ch’ti et lilloise, le P’tit Quinquin est représenté sous la forme d'une statue d'une dentellière berçant un enfant, réalisée par Eugène Deplechin en 1902[5], placée au pied du monument à Alexandre Desrousseaux inauguré à Lille la même année[réf. nécessaire].

La statue originale a été restaurée par le sculpteur Philippe Stopin[réf. nécessaire] et a été déplacée à l'abri des intempéries à l’hôtel de ville de Lille en 2000[5]. Une réplique de la statue est alors installée au centre-ville de Lille, square Foch, à quelques pas de la Grand'Place. Cette réplique est fortement vandalisée en , puis remplacée à la mi- par une nouvelle statue en marbre de Carrare[5],[6], à nouveau sculptée sur le modèle du moulage de l'originale réalisé en 2000 lors de la création de la première réplique[5],[7].

Références cinématographiques

Après avoir assassiné son prétendant, et avant de tuer le propriétaire de son appartement, Catherine Deneuve alias Carole, devenue folle dans le film Répulsion (1965) de Roman Polanski fredonne la chanson en tricotant (comme la dentellière de Desrousseaux ?). Elle habite à Londres et dit venir de Bruxelles. L'actrice Yvonne Furneaux, qui joue le rôle de sa sœur, est née à Lille. C'est elle qui, probablement, suggéra cette idée[réf. nécessaire].

Jenny Clève le chante dans Bienvenue chez les Ch'tis (2008) de Dany Boon.

Cela a aussi donné son nom au personnage principal du téléfilm en 4 parties P'tit Quinquin diffusée sur Arte () et la chanson est chantée pour le générique.

En 2014, on trouve cette chanson dans la bande originale du long métrage Pas son genre de Lucas Belvaux (source : générique).

Paroles

Portrait charge d'Alexandre Desrousseaux par Victor Collodion.

Refrain d’origine[1]:

«  Dors min p'tit quinquin,
Min p'tit pouchin,
Min gros rojin ;
Te m' f'ras du chagrin,
Si te n' dors point qu'à d'main.
 »

L'intégrale des paroles et la partition de Desrousseaux, issues de la 3e édition du second volume de ses Chansons et Pasquilles lilloises de 1869, sont disponibles sur la page P’tit Quinquin sur Wikisource.

Les paroles ont connu ensuite plusieurs variations selon les interprètes. Par exemple, le dernier vers du refrain est souvent rendu en si te n'dors point ch'qu'à d'main[8],[9].

Discographie

D'après Alan Kelly

  • "Disque pour Gramophone"
    • 30463 [4556o] "Le Petit Quinquin, Pas-redoublé" (Eugène Mastio) joué par la Garde républicaine (1905)
    • 2-30363 ou 230024 [6206h] "Le Petit Quinquin, Marche" (Eugène Mastio) joué par la Garde Républicaine (été 1908)
    • 2-232663 [BT1843-II] "Le Petit Quinquin" (Alexandre Desrousseaux) chantée par M. Coussart en patois du nord ()
  • "La Voix de son Maître"
    • SK105 [0LA 4395] "Le Petit Quinquin" (Desrousseaux) chanté par La manécanterie des petits chanteurs à la croix de bois ()

D'après Gérard Roig

  • Disque Lumen
    • 33.194 [XC-454] "Le p'tit Quinquin" chanté par Arlette Guttinguer, (acc. orch. dir. Marcel Cariven) (fin des années 1930)
  • Odéon
    • 166169 [2174.K.I] "Le p'tit Quinquin" chanté par Lynel Louis ()
  • Columbia
    • 19357.D [1913.L] "Le p'tit Quinquin" chanté par Sorbier jean ()
  • Gramophone
    • 0232119 (158-L) [01827-v] "Le p'tit Quinquin" chanté par Weber Harry [Monsieur Dhaller] ()
  • Idéal C.P.V.
    • 8060 [ID-558] "Le p'tit Quinquin" chanté par Firzel (acc. orch. dir Julien Rousseau) (1926-1928)
  • Parlophone
    • 80.400 [106609] "Le p'tit Quinquin" chanté par Firzel ()
  • Cristal
    • 6259 [2074-Cp] "Le p'tit Quinquin" chanté par Firzel (vers 1930)

Reprises et références littéraires

  • Le P'tit Quinquin a été repris par le groupe de punk Les Suprêmes Dindes sur l'album Femmes Divines.
  • La chanson est citée par le chanteur Thomas Fersen dans les paroles de Cosmos (2005).
  • À la page 16 de l'album Le Tour de Gaule d'Astérix, alors que les deux protagonistes font étape à Camaracum), le marchand de bêtises assomme le centurion romain d'un coup de rouleau à pâtisserie en lui chantant « Dors mon p'tit Quinquin / Mon p'tit Quinquin / Mon p'tit Quintilius ... ».
  • Le groupe lillois Killer Ethyl a repris la chanson dans une version rock instrumentale lors d'un concert en 1990[10].

Notes et références

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