Plan national d'adaptation au changement climatique
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Un Plan national d’adaptation au changement climatique ou Plan national d’adaptation aux changements climatiques (souvent abrégé PNACC en français, NAP en anglais) est un outil stratégique de planification publique visant à accroître la résilience d’un pays face aux impacts actuels et futurs du changement climatique. Il s’agit d’une démarche volontaire mais largement promue au niveau international, qui vise à :
- réduire la vulnérabilité des sociétés et des systèmes naturels aux effets du changement climatique ;
- renforcer la capacité d’adaptation des secteurs économiques, des infrastructures, des services essentiels et des populations ;
- intégrer l’adaptation dans les politiques publiques, les processus décisionnels et la planification sectorielle ;
- encourager la coordination entre échelles nationale, régionale et locale.
Cette planification s’inscrit dans une conception systémique : elle repose sur des diagnostics de vulnérabilité, des objectifs à moyen et long terme, des mesures concrètes et des mécanismes de suivi et d’évaluation.
Histoire
Cadre de l'ONU/UNFCCC
Programmes d'action nationaux d'adaptation (PANA ou NAPA en anglais, 2001)
Lors de la Conférence de Bonn de 2001 sur les changements climatiques, qui se tient du 16 au afin de procéder à la mise en œuvre du protocole de Kyoto visant à réduire de 5 % en moyenne les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés, deux actions sont engagées dans le domaine de l'adaptation au changement climatique. En premier lieu, l'article 4.9 de la Convention établit un programme de travail pour les pays les moins avancés (PMA), qui comprend les programmes d'action nationaux d'adaptation (PANA, ou NAPA en anglais), afin d'aider les PMA, qui sont souvent particulièrement affectés par le dérèglement climatique, alors qu'il y contribuent moins que les pays riches, pour faire face au déréglement climatique. En second lieu, un fonds d'adaptation est créé, notamment pour financer ces projets ou programmes d'adaptation au changement climatique. Enfin un Groupe d'experts des PMA chargé de fournir un soutien technique et des conseils aux PMA[1],[2],[3].
En décembre 2017, 51 pays du groupe avaient achevé et soumis leurs PANA au secrétariat de l'ONU (trois d'entre eux, le Cap-Vert, la Guinée équatoriale et les Maldives, ont depuis quitté le groupe des PMA). Le document contient principalement une liste des activités/projets d'adaptation classés par ordre de priorité, ainsi que de brefs profils de chaque activité, destinés à faciliter l'élaboration de propositions de projets pour la mise en œuvre du NAPA. Les secteurs/domaines prioritaires abordés dans les PANA sont l'agriculture et la sécurité alimentaire, les ressources en eau, les zones côtières, ainsi que l'alerte précoce et la gestion des catastrophes[2].
Cadre d'adaptation de Cancún et NAP (2010)
Le concept moderne de Plan national d'adaptation (PNACC), ou National Adaptation Plan (NAP) en anglais, est né dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC). Il s’inscrit dans le Cadre d’adaptation de Cancún adopté lors de la COP 16 en 2010 et a été clarifié par la Décision 5/CP.17 adoptée à la COP 17 à Durban en 2011[4],[5],[6].
Selon la Décision 5/CP.17, les objectifs du processus NAP sont[4] :
- réduire la vulnérabilité aux impacts du changement climatique ;
- renforcer la capacité d’adaptation et la résilience des sociétés ;
- intégrer l’adaptation de manière cohérente dans les politiques existantes et nouvelles, notamment dans les processus de planification du développement et dans les stratégies sectorielles.
Ces orientations constituent les fondements du processus international d’adaptation, qui encourage tous les pays — en particulier les pays en développement — à élaborer des NAP adaptés à leurs besoins nationaux[4].
Adaptation des peuples autochtones (2018)
Depuis 2018, le Groupe de travail de facilitation favorise la mise en œuvre de la Plateforme des communautés locales et des peuples autochtones (LCIPP), en facilitant la mise en œuvre de trois fonctions liées aux connaissances, à la capacité d'engagement et aux politiques et actions en matière de changement climatique[7].
UN4NAPs : initiative de soutien technique mondiale (2021)
En 2021, l’UNFCCC lance l’initiative UN4NAPs, un mécanisme d’appui technique rapide à l’échelle de l’ONU pour aider les pays à formuler et mettre en œuvre leurs plans nationaux d’adaptation au changement climatique. Cette initiative mobilise des agences de l’ONU, des experts techniques et des ressources pour accélérer les processus NAP et renforcer les capacités institutionnelles[8].
Avancement et mise en œuvre par pays
Avancement global
Au 30 septembre 2025, 144 pays ont lancé le processus des PNACC, et 67 pays en développement, dont 23 PMA et 14 PEID, ont soumis leurs PNACC à la CCNUCC[9]. Par ailleurs 13 pays développés ont également publié leur plan. Neuf pays en développement ont soumis leur PNACC depuis la publication, en 2024, de la note sur les progrès réalisés dans l'élaboration et la mise en œuvre des PNACC. Le Burkina Faso a soumis un PNA actualisé au cours de la période considérée, devenant ainsi le premier PMA à le faire. Le Paraguay est le seul autre pays en développement à avoir soumis un PNACC actualisé, en 2022, tandis que certains autres sont en train de le faire. L'annexe I du rapport 2025 de l'UNFCCC répertorie tous les PNA soumis par les pays en développement au secrétariat et l'annexe II répertorie les PNACC sectoriels soumis par les pays en développement[10].
- PMA
- Autres pays en développement
Pays développés
Les 11 pays développés ayant publié leur plan en septembre 2025 sont : Autriche, Canada, Finlande, France, Allemagne, Irlande, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis d'Amérique[10]. L'Australie a communiqué le sien le [11].
Union européenne
Au niveau de l’Union européenne, une Stratégie européenne d’adaptation au changement climatique est adoptée en 2021 pour guider les États membres dans la planification et la coordination de leurs plans nationaux, en favorisant l’échange de bonnes pratiques et une approche cohérente pour une société européenne plus résiliente. La stratégie définit une vision à long terme pour que l’UE devienne une société résiliente au changement climatique, pleinement adaptée aux effets inévitables du changement climatique d’ici à 2050, en définissant des actions qui se segmentent en tois axes : une adaptation plus intelligente, plus systémique et plus rapide[12].
France
Les principales dates de l'adaptation en France sont : Stratégie nationale d'adaptation (2006), PNACC-1 (2011), PNACC-2 (2018), PNACC-3 (2025).
L’adoption d’un plan n’est qu'une étape. L’implémentation effective (suivi, financement, mise en cohérence sectorielle, etc.) reste un défi important. Le PNACC 3 adopté en 2025 en France a été élaboré après une consultation publique large en 2024 (plusieurs milliers de contributions), et sa mise en œuvre est suivie par des organismes institutionnels nationaux[13].
Pays en développement
Les 67 plans des pays en développement publiés fin 2025 se répartissent par continent comme suit[10].
- Afrique: 23 plans (34,3 %)
- Amérique: 17 plans (25,4 %)
- Asie: 17 plans (25,4 %)
- Europe: 5 plans (7,5 %)
- Océanie: 5 plans (7,5 %)
