Papier d'Arménie
papier parfumé à la résine de benjoin
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Papier d’Arménie est la marque déposée[N 1] d'un papier parfumé à la résine de benjoin du Laos (Styrax benzoin)[3].

Marque française créée à la fin du XIXe siècle, elle est devenue un produit emblématique de la parfumerie d’intérieur commercialisé depuis plusieurs générations. Son histoire est étroitement liée à celle de la maison qui le fabrique, ainsi qu’à la diffusion des produits parfumés destinés aux usages domestiques. Il bénéficie aujourd’hui d’une notoriété internationale et constitue un produit ancien toujours commercialisé.
Présentation
Le carnet est composé de douze feuilles divisées en trois lamelles prédécoupées — soit trente-six lamelles au total —, sur chacune desquelles sont imprimées la marque, la mention « TRIPLE » et la signature d'Auguste Ponsot.
De nombreuses imitations de ce produit existent, mais la marque est déposée dans le monde entier[2] et de nombreux procès en contrefaçon ont été intentés par le fabricant depuis le début du XXe siècle[4].
- Le carnet original.
- Une contrefaçon.
- Un carnet ouvert.
- Trois lamelles découpées.
Historique
À la fin du XIXe siècle, Auguste Ponsot, chimiste, découvre lors d'un voyage que les Arméniens font brûler du benjoin, une résine qui vient de Malaisie[5], pour parfumer et désinfecter leurs maisons[6]. Il va adapter cette pratique en France avec Henri Rivier, pharmacien. D’abord le benjoin est macéré dans de l'éthanol, des feuilles de papier buvard passent dans les bacs d'eau salée (pour retarder la combustion)[7], puis sont séchées avant d'être trempées dans le benjoin et placées en étuve[6]. Le procédé permet au produit final de se consumer sans flamme.
Le procédé d’Henri Rivier va se révéler lucratif : présenté lors de l’Exposition d’hygiène de 1888 et l’Exposition universelle de 1889, l’entreprise qui le commercialise assure qu’il y rencontre alors un certain succès[8].
Il est produit à Montrouge, en France, depuis 1885[6] et est médaillé lors de plusieurs salons internationaux[8]. Sa formule reste inchangée depuis sa création.
Le , une explosion dans l'usine historique de Montrouge fait deux blessés graves[9]. La production de papier d'Arménie a repris dans cette même usine en [10].
Utilisation
Le Papier d’Arménie s’utilise en brûlant une lamelle détachable, préalablement pliée en accordéon, et déposée sur un support résistant à la chaleur. Le papier ne doit pas s’enflammer, mais rester incandescent. La lamelle consumée lentement dégage une odeur de benjoin et de vanille caractéristique. Cette odeur avait la réputation de purifier et d'assainir l'air[11], réputation fondée en partie sur le fait qu’un morceau de viande conservé sous une cloche où l’on avait fait brûler du Papier d’Arménie n’avait pas pourri au bout d’une semaine, alors qu'un autre placé sous une cloche normale était en décomposition[8].
Aujourd’hui, ce produit est présenté comme un parfum d’intérieur ou parfum d’ambiance (« désodorisant naturel »), sans gaz propulseur. C’est également un antimites, et son parfum est assez fort pour couvrir les odeurs de cuisine (notamment de friture), de fumée de cigarette, ou d’animaux.
Aujourd'hui, le Papier d’Arménie est proposé sous différentes senteurs (Tradition, Rose et Arménie), mais aussi sous différentes formes et présentations, notamment en coffrets, bougies parfumées et brûleurs[1].
Toxicité
En 2004[12], en , et en [13], le magazine Que choisir publie des études portant sur les désodorisants d’intérieurs. Ces études détectent des présences quantifiées de benzène et de formaldéhyde[14],[12]. Dans l'étude de 2008, sur 72 produits testés, le Papier d'Arménie avait néanmoins les taux les plus faibles[15].
L'étude de 2015 par Que Choisir, comparant cinq encens et le Papier d'Arménie, les classe de médiocre à mauvais[13] . Le dernier émet un puissant irritant (l'acroléine) en quantité non négligeable et de nombreuses particules fines, amenant à déconseiller son utilisation.
Dans la culture populaire
- Serge Gainsbourg cite le Papier d'Arménie dans sa chanson Les P'tits Papiers, popularisée par la chanteuse Régine :
« Laissez brûler les p'tits papiers
Papier de riz
Ou d'Arménie […] »
« Des proches partis dans l'après-vie à l'âge béni
Les cérémonies, le papier d'Arménie
Quand se mélangent rires et tragédies
J'ai cessé d'me demander pourquoi […] »
- En 1978, Isabelle Mayereau remporte le premier prix du festival international de la chanson française de Spa avec le titre Tu m'écris qui figure sur l’album Souffle en l'air.
« Tu m'écris sur papier d'Arménie […] »