Paradoxe de l'avocat
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Le paradoxe de l'avocat[1],[2],[3] est un paradoxe logique datant de la Grèce antique. Il met en scène un procès dont les parties sont un enseignant, maître en rhétorique, et un de ses anciens élèves. Il existe plusieurs traditions[4] : selon une d'elles, le maître est Corax et son ancien élève est Tisias[5] ; selon une autre, le maître est Protagoras et son ancien élève est Euathlos[6],[7],[8]. Dans toutes les traditions : le différend porte sur la rémunération du maître par son ancien élève ; le maître est le demandeur ; et les parties plaident en personne[4]. Le maître argumente auprès des juges en faveur d'une condamnation de son ancien élève. Le paradoxe intervient lorsque l'ancien élève doit à son tour s'exprimer devant les juges : il décide d'utiliser un argument presque identique à celui de son maître, mais cette fois dans le but de se faire acquitter. La première attestation de ce paradoxe se trouve dans le traité Contre les rhéteurs (2.96-99) de Sextus Empiricus[9]. En , dans sa thèse de doctorat sur les cas perplexes en droit, Gottfried Wilhelm Leibniz (-) a proposé une résolution du paradoxe[10],[11] qui en est devenue la solution standard[12].
En , dans la préface de son édition des Objections irréfutables du philosophe néoplatonicien Maxime d'Épire (fl. IVe siècle), le philologue classique allemand Hugo Rabe (de) (-) a publié sa recension des sources littéraires antiques relatives au paradoxe[13],[14]. Il a retenu[13],[14] : les Nuits attiques d'Aulu-Gelle[15] ; le Commentaire de Syrianus sur Hermogène de Tarse ; la Vie de Protagoras de Diogène Laërce[16] ; et les Florides d'Apulée[17].
Description de l'anecdote
Selon l’anecdote, Euathlos était pauvre et ne pouvait payer les leçons de Protagoras. Celui-ci l'accepta comme disciple après avoir conclu l'accord suivant : Euathlos remboursera les leçons reçues une fois qu'il aura gagné son premier procès.
Une fois son enseignement terminé, Eualthos refusa à la fois de plaider comme avocat et de payer Protagoras. Faute de plaider, il ne pouvait gagner aucun procès. N'ayant pas gagné de procès, il n'avait pas à rembourser son maître. Protagoras l'attaqua alors en justice, afin d'obliger son élève à plaider.
Le raisonnement de Protagoras est le suivant :
- Si Eualthos gagne son procès, il doit rembourser son maître car tels étaient les termes de leur accord.
- Si Eualthos perd son procès, il doit rembourser son maître car la justice l'y contraint.
Protagoras serait donc remboursé quelle que soit l'issue du procès. Soit en vertu de l'accord passé avec Eualthos, soit par une décision de justice. Le paradoxe intervient à la réponse du disciple. Selon lui, il n'aura rien à rembourser. Quelle que soit l'issue du procès, il ne paiera pas.
Le raisonnement du disciple s'exprime ainsi :
- S'il gagne son procès il ne doit pas rembourser son maître, puisque la justice l'a absous.
- S'il perd son procès il ne doit pas rembourser son maître, puisque ses leçons sont inefficaces.
