Paul Vigné d'Octon

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CirconscriptionHérault
Paul Vigné d'Octon
Illustration.
Paul Vigne d'Octon vers 1895 photographié par Nadar.
Fonctions
Député français

(12 ans, 7 mois et 16 jours)
Élection 3 septembre 1893
Réélection 8 mai 1898
27 avril 1902
Circonscription Hérault
Législature VIe, VIIe et VIIIe (Troisième République)
Groupe politique RRRS
Prédécesseur Paul Ménard-Dorian
Successeur Paul Pelisse
Conseiller général de l'Hérault

(12 ans)
Circonscription Canton de Lunas
Prédécesseur Paul Leroy-Beaulieu
Successeur Pierre Masse
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Montpellier
Date de décès (à 84 ans)
Lieu de décès Octon
Nationalité Française

Paul Vigné d'Octon, nom de plume de Paul Vigné, né le à Montpellier et mort le à Octon, est un homme politique, naturiste et écrivain français.

Paul-Étienne Vigné naît rue de la Blanquerie, actuelle rue de l'Université, à Montpellier. Son père est boulanger, né à Octon, libre penseur et athée[1], ami de Jules Guesde[2]. Sa mère est catholique très pratiquante. Après un bref passage au Petit séminaire et la mort de son père, il fréquente le lycée et obtient son baccalauréat en 1876[3].

Il est admis en 1880 au concours d'entrée à l'École navale de Toulon. Il y passe un an, puis est admis au concours de l'internat à la Faculté de médecine de Montpellier. Il est détaché à l’hôpital d'Aix-en-Provence, puis promu médecin de la marine. Il part en Guadeloupe.

De retour à Montpellier, il passe sa thèse de médecine en 1884. Il est alors promu médecin de deuxième classe et est envoyé au Sénégal puis en Guinée[4].

En 1886, il sollicite un congé sans solde de trois ans et devient médecin de la Compagnie du chemin de fer de Dakar à Saint-Louis[5].

En 1888, en France, il épouse Madeleine Vigné, veuve d'un premier mari[6]. Il la connaissait depuis longtemps mais ses parents lui avaient refusé sa main.

Il se lance en politique et affronte Paul Leroy-Beaulieu aux élections du canton de Lunas pour le conseil général de l'Hérault de 1889. Il est battu[7].

Aux élections législatives de 1893, il est élu député de Lodève. Il retrouve à l'Assemblée nationale Jules Guesde, élu à Roubaix. Vigné est élu, en 1895, conseiller général du canton de Lunas[8]. Il est maire d'Octon l'année suivante, et battu aux municipales de 1905 et aux législatives de 1906[9].

On lui doit la loi du 10 juillet 1896. Elle permet la réapparition des universités en France que la Révolution avait supprimées[10]. Cette loi, adoptée à la suite du discours de Paul Vigné d'Octon, le 5 mars de la même année, crée ce que l'on appelait aussi des « universités régionales » : elles regroupent dans une même ville plusieurs facultés (droit, médecine, lettres, sciences).

L'ouvrage de référence sur le sujet est Il y a cent ans... la renaissance des universités françaises. Textes législatifs et débats parlementaires (1885-1896)[11].

De 1907 à 1909, il effectue des missions d’inspection pour le ministère de l'Instruction publique[12]. Elles alimenteront son ouvrage La Sueur du burnous, dans lequel il dénonce, notamment, l'accaparement des terres indigènes en Tunisie par des personnalités françaises. Publié en 1911, l'ouvrage s'inscrit dans son combat anticolonialiste. Il dénonce, à la même période, la conquête de la Tripolitaine ottomane par l'Italie, au moyen de photographies réalisées par le reporter de guerre Gaston Chérau[13]. Henri Brunchwig, un des grands historiens de l'Afrique noire selon Léopold Sédar Senghor, constate que Vigné d'Octon ne remet pas en cause le colonialisme et se contente d'en dénoncer les excès[14]. Vigné d'Octon écrit notamment : « Depuis trop longtemps, on fait au Sénégal ce que j'appellerai volontiers de la "colonelisation". Il serait à ce moment opportun d'y faire une peu de colonisation véritable. »[15]. Il mentionne « l'âme simpliste des races nigritiennes »[16] mais dans La gloire du sabre (p. 84), il condamne « l'abominable théorie des races inférieures ». L'historien Daniel Hemery, dans son livre Ho Chi Minh. De l'Indochine au Vietnam (Gallimard, 2013) , écrit à la page 138 :

« La campagne permanente contre la colonisation de Paul Vigné d'Octon dans Le Libertaire en 1921 fournit à Nguyen Ai Quoc (nom véritable d'Ho Chi Minh)... toute la thématique du « Procès de la colonisation », son style, la gouaille sarcastique et moqueuse des polémistes de l'anarchie, leur goût de la véhémence, de la dénonciation sentimentale et dédaigneuse de l'analyse théorique sur le mode marxiste. »

Vigné d'Octon publie plus d'une trentaine de romans. Les premiers sont exotiques, en lien avec ses voyages en Afrique. Il se consacre ensuite à des romans naturalistes, ancrés dans la paysannerie du Languedoc. Les amours de Nine, paru en 1893, est un de ses gros succès, apprécié de José Maria de Heredia. Il est adapté en pièce de théâtre en 1929 par Emile Barthe, une version cinématographique est envisagée, sans succès[17]. Le roman d'un timide, paru en 1892, obtient le prix du roman de l'Académie Française en 1893[18].

En décembre 1921, Nguyen A. Q. ( nom du futur Ho Chi Minh) sollicite l'hospitalité de Vigné d'Octon pour assister au premier congrès du Parti communiste français, tenu à Marseille (Roland Andréani, Les correspondants de Paul Vigné d'Octon (1859-1943) in 120e Congrès national des sciences historiques à Aix en Provence, 1995, p. 734).

Vigné consacre le dernier tiers de sa vie au naturisme. Influencé par les engagements d’Élisée Reclus, il allie pratique et investissement militant. Doyen des médecins naturistes, il publie des articles dans les revues Le Naturisme[19], La Revue Naturiste[20] et La Joie de Vivre[21]. Il écrit la Bible du Naturiste en trois volumes. Elle ne sera pas publiée mais en partie diffusée dans les colonnes du Petit Méridional entre 1931 et 1933[22]. Il transforme sa résidence, dite le « château » d'Octon, en centre naturiste et station uvale : la « Maison du Soleil »[21].

Il se remarie en 1939 (Madeleine était décédée en 1936) avec Hélia Clément-Béridon. Il meurt en 1943 et est enterré au cimetière d'Octon[23].

Ouvrages

Voir aussi

Bibliographie

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