Philippe-François, ditPhilippe-César d'Aligre de Saint-Lié, deuxième baron de La Mothe (en 1675), né à Paris en 1639 ou le et mort à Toulon le , est un officier de marine français des XVIIeetXVIIIesiècles.
Origines et famille
Philippe-François descend de la famille d'Aligre, famille de la noblesse de robe originaire de Chartres, mentionnée dès le XVIesiècle. Il est le fils de Michel d'Aligre, baron de Saint-Lié (†1675), trésorier général des menus plaisirs du roi, intendant de Justice, Police et Finances en Catalogne, et Roussillon (1651) et de sa femme Marie Perou. Le couple se marie en 1639.
Il entre dans la Marine royale et fait les campagnes sous le célèbre Duquesne pendant la guerre de Hollande. Lieutenant de vaisseau, il fait partie de l'escadre française envoyée en Sicile pour ravitailler les villes italiennes qui s'étaient révoltées contre les Espagnols.
L'amiral Ruyter, parti des ports de Hollande, au mois d', tente de s'opposer au passage du convoi et réuni sa flotte à celle des Espagnols. Il arrive trop tard pour opérer sa jonction et est vaincu par trois fois. D'Aligre sera blessé par deux fois au cours de ces combats. Une première fois lors de la bataille d'Alicudi, près de Milazzo, le . Les vaisseaux hollandais avaient été si maltraités que Ruyter croit devoir, par prudence, songer à la retraite mais sur les ordres contraires de la République, il livre — le — un second combat naval au cours duquel il est tué. Cette fois encore le baron de la Motte-Saint-Lié reçoit un coup de feu après avoir vaillamment monté à l'abordage d'un brick ennemi. Ses blessures l'éloignent quelque temps du service et l'empêchent de prendre part aux victoires remportées par le duc de Vivonne sur les flottes combinées d'Espagne et de Hollande.
Il sert à nouveau pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Pendant la campagne de 1693, il commande le vaisseau L’Éclatant, qui fait alors partie de l'escadre du comte de Tourville, qui incendie l'escadre anglaise, réfugiée dans le port de Malaga[2]. Plus de quatre-vingts vaisseaux richement chargés sont brûlés ou coulés à fond. Il est nommé chevalier de Saint-Louis en 1694[3].
↑ Le curé de la cathédrale Sainte-Marie de Toulon lui attribue à tort 76 ans, alors qu'il est décédé à 70 ans, dont 52 passés au service, de 1668 à 1720
Table ou abrégé des cent trente-cinq volumes de la Gazette de France, vol. 1, Paris, 1766, [lire en ligne], p. 20
Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume, et des maisons princières de l'Europe, t.3, Paris, chez l'auteur, (lire en ligne), p.59
Michel Vergé-Franceschi, Les officiers généraux de la Marine Royale: (1715-1774): origines, conditions, services, Librairie de l'Inde, , 383p. (ISBN9782905455048), p.24