Philippe III (roi d'Espagne)

roi espagnol de la maison de Habsbourg (1578-1621) From Wikipedia, the free encyclopedia

Philippe III (ou Felipe III en espagnol), né à Madrid le et mort dans la même ville le , dit le Pieux, est un roi espagnol de la maison de Habsbourg. Fils de Philippe II et de sa nièce Anne d'Autriche, il est roi d'Espagne, de Naples, de Sicile et de Portugal Philippe II ») de 1598 à sa mort.

PrédécesseurPhilippe II
SuccesseurPhilippe IV
PrédécesseurPhilippe Ier
SuccesseurPhilippe III
Faits en bref Titre, Prédécesseur ...
Philippe III
Felipe III
Illustration.
Portrait de Philippe III par Pedro Antonio Vidal (es).
Titre
Roi d'Espagne, de Sicile et de Naples

(22 ans, 6 mois et 18 jours)
Prédécesseur Philippe II
Successeur Philippe IV
Roi de Portugal et des Algarves
Philippe II

(22 ans, 6 mois et 18 jours)
Prédécesseur Philippe Ier
Successeur Philippe III
Prince de Portugal et des Asturies

(15 ans, 9 mois et 23 jours)
Prédécesseur Diègue d'Autriche
Successeur Philippe d'Autriche
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg
Nom de naissance Felipe de Austria y Austria
Date de naissance
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Date de décès (à 42 ans)
Lieu de décès Madrid (Espagne)
Sépulture Escurial
Père Philippe II
(roi d'Espagne et de Portugal)
Mère Anne d'Autriche
Conjoint Marguerite d'Autriche-Styrie
Enfants Anne d'Autriche
Philippe IV
Marie-Anne d'Autriche
Charles d'Autriche
Ferdinand d'Autriche

Signature de Philippe IIIFelipe III

Image illustrative de l’article Philippe III (roi d'Espagne)
Monarques d'Espagne
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Biographie

Un demi réal à l'effigie de Philippe III.

Quatrième enfant du roi Philippe II et de sa quatrième épouse Anne d'Autriche, fille de l'empereur Maximilien II et de l'archiduchesse-infante Marie d'Autriche, il est à sa naissance troisième dans l'ordre de succession au trône. Sa mère meurt 2 ans plus tard en donnant le jour à une infante qui mourra à l'âge de 2 ans. Les morts prématurées de ses frères aînés, Ferdinand en 1578 et Diègue en 1582 en font l'héritier du trône à l'âge de 4 ans. Il est alors le seul enfant survivant du roi d'Espagne. Encore célibataire, sans descendance et à peine âgé de 20 ans, il ceint la couronne à la mort de son père le

Un roi sous influence

Philippe II se serait plaint que Dieu ne lui avait pas donné un fils capable de régir ses vastes domaines. Philippe III laisse en effet la direction du gouvernement à des favoris.

Sa devise est Dominus mihi adiutor Dieu est mon aide »). On la retrouve sur des plaques de cheminées en fonte datées de 1608 (à l'occasion de son trentième anniversaire) en Belgique et en Lorraine.

Issu d'une union dynastique consanguine (dont les méfaits potentiels étaient ignorés) et soumis depuis l'enfance à une étiquette implacable, Philippe III est un jeune homme pâle, effacé, apathique, flegmatique et dévot. Son unique passion est la chasse, mais il est également un musicien avisé. Il n'a ni énergie ni capacités pour gouverner. Il se tourne donc vers le duc de Lerma (de 1598 à 1618), son favori, pour gouverner à sa place. Le duc d'Uceda, fils du duc de Lerma, succède à son père et est le favori du roi de 1618 à 1621. C'est d'ailleurs sous le règne de Philippe III que la pratique du favori qui gouverne à la place du souverain est inaugurée. Comme son père, il épouse une cousine de la branche Autrichienne de sa Maison. Confronté au schisme protestant et à la menace musulmane, le pape accorde sans difficulté les dispenses nécessaires à une dynastie qui est le fer de lance du Catholicisme.

Cependant, le duc de Lerma et son fils trouvent une opposition active en la personne de la reine Marguerite qui, elle aussi, exerce une profonde influence sur son mari. La jeune reine meurt en couches en 1611, laissant le champ libre aux favoris. Durant son règne, Philippe III crée vingt marquis et vingt-cinq comtes[1].

L’Espagne gouvernée par les favoris

La faiblesse du royaume d’Espagne tient d'abord à la personnalité du roi et le rôle de son favori dans le gouvernement. L’Espagne est donc gouvernée par des « validos », des favoris qui ne sont pas tout à fait des Premiers ministres. Le roi leur délègue son autorité et l'exercice du pouvoir. Le valido étudie les affaires et propose des solutions, le roi y adhère en général sans plus d'examen ; la signature du valido a la même valeur que celle du roi. Les validos se succèdent au détriment du royaume et du crédit royal. Ainsi, durant le règne de Philippe III, deux validos se succèdent :

  • le duc de Lerma de 1598 à  ;
  • le duc d'Uceda, fils du précédent, de 1618 à la mort du roi, en 1621[2].
L'union ibérique sous Philippe III

La situation économique et politique sous le règne de Philippe III

L'Espagne s'enfonce dans une crise économique due à l'épuisement des métaux précieux en provenance d'Amérique et aux guerres coûteuses. À la suite de la banqueroute de l’Espagne en 1607, Philippe III fait abolir la dette publique et doit recourir à une nouvelle cessation de paiement à ses banquiers.

Profondément religieux, Philippe III ordonne en 1609 l'expulsion de tous les Morisques, descendants de musulmans convertis de force après 1492.

L'Espagne signe la même année une trêve de douze ans avec les Provinces-Unies. En 1610, l'assassinat du roi Henri IV de France permet l’avènement du jeune Louis XIII, alors âgé de neuf ans. La régence, confiée à la reine-mère Marie de Médicis, marque le début d'une politique pacifiste de rapprochement avec la maison de Habsbourg. À ce titre, elle conclut les mariages de ses enfants avec ceux du roi d'Espagne : en 1615, Louis XIII de France épouse l'infante Ana María, fille aînée du roi d'Espagne (que les Français nomment par la suite Anne d'Autriche) et Élisabeth de France (que les Espagnols nomment de leur côté Isabel de Borbón) épouse le prince des Asturies, futur Philippe IV.

C'est également sous Philippe III qu'éclate la guerre de Trente Ans (1618-1648), dans laquelle il prend parti pour sa maison, la maison d'Autriche, et qu'ont lieu la conjuration de Venise (1618), ainsi que l'occupation par les troupes espagnoles de la Valteline (1620)[3].

En 1618, il reçoit Laurent de Brindes qui vient plaider la cause des Napolitains confrontés au vice-roi duc d'Osuna. Ce dernier, victime de ses intrigues (ou de ses détracteurs) est démis et enfermé dans une forteresse.

La mort de Philippe III

Compromis dans différentes affaires, le duc de Lerma est renvoyé en 1618 et remplacé par son fils, le duc d'Uceda, mais celui-ci n'a pas le temps de réformer l'État car le roi meurt dès 1621.

La mort du roi révèle la pesanteur du cérémonial de la cour espagnole. Malade depuis plusieurs années, le roi se plaint de la chaleur de la pièce. Le serviteur préposé à la cheminée étant absent, personne n'éteint le feu. Le roi meurt de déshydratation[4].

Mariage et descendance

Marguerite d'Autriche-Styrie en 1609.

En 1596, le prince des Asturies étant âgé de 17 ans fût destiné par son père à épouser une de ses cousines Autrichiennes afin de consolider davantage encore l'union entre les branches Espagnoles et Autrichiennes de la Maison de Habsbourg. L'empereur Rodolphe II du Saint-Empire n'ayant pas d'enfant, le roi Philippe II manda à la cour de Styrie l'amiral d'Aragon avec mission de faire parvenir à la cour d'Espagne les portraits des filles aînées de l'archiduc Charles II d'Autriche-Styrie ayant un âge proche de celui de son fils : Gregoria-Maximilienne, 15 ans et Marguerite, 12 ans. Le portrait de la cadette plût d'avantage au jeune prince mais des conditions liées aux convenances et aux pratiques de l'époque amenèrent le roi à choisir l'aînée.

L'année suivante le prince Espagnol fût envoyé à Graz afin de rencontrer sa fiancée et sa famille Autrichienne. A son arrivée, il trouva la jeune archiduchesse malade et aux portes du tombeau. En effet la jeune princesse mourût bientôt laissant le rôle d'aînée à sa soeur cadette Marguerite, laquelle fut immédiatement fiancée à l'héritier du trône Espagnol.

Le , Philippe III épouse sa cousine Marguerite d'Autriche-Styrie, sœur du futur empereur Ferdinand II. Ils eurent huit enfants :

Ascendance

Notes et références

Annexes

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