Pierre Lecomte du Noüy
mathématicien, physicien et philosophe français
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Pierre Lecomte du Noüy[1] (Paris, - New York, ) est un mathématicien, biophysicien, écrivain et philosophe français. Dans les milieux scientifiques il est connu pour ses recherches concernant la tension superficielle des liquides[2], mais en réalité il a abordé une variété élargie de disciplines (de son vivant De Noüy a publié plus de 200 papiers[3]). Officier de santé pendant la Grande Guerre, il a mis en relation la vitesse de cicatrisation des blessures et l'âge des patients[4].
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Faculté des sciences de Paris (à partir de ) Faculté de droit de Paris |
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Marie Lecomte du Nouÿ (d) |
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Prix Vitet () Prix Arnold-Reymond (d) () |
L'Homme et sa destinée (d) () |
Biographie
Pierre Lecomte du Noüy, descendant du dramaturge Pierre Corneille, naît à Paris, en France, au sein d'une famille d'artistes et d'intellectuels. Son père, André Lecomte du Noüy (1844 – 1914), est un architecte chargé par le roi roumain Carol Ier de la restauration de plusieurs monuments roumains, notamment le monastère de Curtea de Argeș. Sa mère, Hermine Lecomte du Nouÿ (1854-1915), a écrit de nombreux romans, dont l'un, Amitié amoureuse, a été traduit en seize langues et a connu six cents éditions en France. Son oncle paternel est le célèbre peintre Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ (1842-1923).
Il s'inscrit à la Sorbonne en 1913, mais, en 1914, pendant la guerre, il rencontre Alexis Carrel qui l'initie aux méthodes scientifiques. Responsable d'un laboratoire de santé de l'Armée, ses recherches sur la vitesse de cicatrisation le font connaître des Américains. Il soutient sa thèse de doctorat en 1917 puis part pour les États-Unis.
Attaché (1919), puis membre associé (1920-1927) de l'Institut Rockefeller à New York, il devient chef de service à l'Institut Pasteur de Paris (1927-1936)[5]. Il est nommé en 1937 directeur d'étude à l'École pratique des hautes études de la Sorbonne.
En 1925, il propose une méthode pour déterminer la tension de surface des liquides[6],[7]. Cette méthode portera son nom, méthode de l'anneau de du Noüy, et lui permettra d'inventer un nouveau modèle de tensiomètre[8]. La même année il épouse Mary Bishop Harriman (1891-1974), petite-fille de l'homme d'affaires américain Oliver Harriman.
C'est en 1928 qu'il écrit son premier article pour la Revue de Paris.
En 1939, il est à Paris lors de la déclaration de la guerre, mais accompagné de son épouse il réussit à quitter l'Europe pour les États-Unis en où il poursuivra ses travaux et donnera, entre 1944 et 1945, de nombreuses conférences dans les camps militaires américains[9].
Il a écrit et fait publier plusieurs ouvrages philosophiques inspirés par sa conversion au christianisme (1942-1947). C'est dans ces quelques dernières années de sa vie que De Noüy développe sa théorie du « téléfinalisme »[10], une vision finaliste et spiritualiste, voire même théologique, de l'évolution biologique[11] (L'Homme et sa destinée, 1947). Aux États-Unis, De Noüy rencontre Pierre Teilhard de Chardin, évolutionniste avec qui il partage certaines idées[12].
Il meurt à New York le après une courte maladie, ville où il est toujours inhumé. Après le décès de son mari, Mary du Noüy s'installe à Paris où elle vivra jusqu'à sa mort en 1974. La dépouille de madame Du Noüy fut rapatriée aux États-Unis pour reposer aux côtés de son mari au cimetière de Woodlawn, dans le Bronx, à New York[13].
Publications
- Équilibres superficiels des solutions colloïdales (Masson 1929)
- La Tension superficielle et sa mesure, La Nature n° 2857 -
- Méthodes physiques en biologie et en médecine (Baillière 1933)
- Le Temps et la vie (NRF Gallimard, L'Avenir de la science 1936)
- La Température critique du sérum (Hermann 1936)
- L'Homme devant la science (Flammarion, Bibliothèque de philosophie scientifique 1939)
- L'Avenir de l'esprit (1941), prix Vitet de l’Académie française (1942)
- La Dignité humaine (1942)
- L'Homme et sa destinée (1947)
Citations
- « L'homme est le seul être qui éprouve le besoin d'accomplir des actes inutiles. » (La Dignité humaine)
- « [L'homme] existe moins par les actes qu'il exécute pendant sa vie que par le sillage qu'il laissera derrière lui, comme une étoile filante. » (L'Homme et sa destinée)
- « C'est dans ce qu'il y a de divin en l'homme, et non dans ce qu'il y a d'humain dans les doctrines qu'il faut chercher l'unité des religions. » (La Dignité humaine, 153)
- « La liberté n'est pas qu'un privilège : elle est une épreuve. Nulle institution humaine n'a le droit d'en exempter un homme. » (id., 132)
- « Il n'existe pas d'autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la dignité individuelle. » (L'Homme et sa destinée)