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Pépinides

membres d'une dynastie de la noblesse franque d'Austrasie dont plusieurs se nommèrent Pépin From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Pippinides ou Pépinides sont les membres d'une dynastie de la noblesse franque d'Austrasie dont plusieurs se nommèrent Pépin.

Le terme désigne au sens strict les membres de la famille de Pépin de Landen en ligne agnatique, c'est-à-dire issus de ce dernier par les hommes. À la suite du mariage de l'Arnulfien Ansegisel avec la pippinide Begga, les Arnulfiens sont parfois appelés improprement Pippinides. Le prestige de la famille de Pépin de Landen a rejailli sur les Arnulfiens qui puisèrent dans le stock anthroponymique des Pépinides les noms des membres de leur famille issus de cette union et donc cognatiquement des Pépinides. Ainsi, Ansegisel nomma son fils Pépin. La puissance acquise par Pépin de Herstal ajoutée à son héritage maternel[1] fut à l'origine de l'accession à la royauté de sa descendance avec Pépin le Bref en 751. Ce fait contribue également à l'attribution du nom de Pépinides aux Arnulfiens qui n'en sont issus que cognatiquement.

À partir de Charles Martel, les Arnulfiens issus des Pippinides sont nommés Carolingiens.

Origines

Aucun document contemporain ne mentionne le nom des parents de Pépin l'Ancien, et la Vita Garitrudis abbatissae Nivialencis rédigée au VIIe siècle se borne à dire que son origine est si illustre que nul en Europe n'ignore le nom et la gloire de ses aïeux. Au Xe siècle, la Genealogia regum Francorum parle de « Carloman, maire du Palais d'Austrasie sous Théodebert II [596-612] et père de Pépin »[2], puis au XIe siècle, la Vita Pippini ducis le dit simplement fils d'un Carloman, sans plus de précision. La documentation contemporaine permet de confirmer l'inexistence d'un maire du Palais nommé Carloman au début du VIIe siècle. Les historiens sont partagés sur l'existence même de ce Carloman, certains rejetant complètement l'information[3]. Mais cette mention de Carloman comme père de Pépin dans la Vita Pippini ducis n'apporte pas d' information particulière et semble être issue d'une autre source que la Genealogia regum Francorum. De plus, à la naissance de Charles Martel, le continuateur de Frédégaire, indique que son père Pépin de Herstal choisit son nom dans sa propre langue, c'est-à-dire sa langue maternelle. Ceci indique que le prénom Charles provient de sa famille maternelle, celle de Pépin de Landen[4].

Quant à la mère de Pépin l'Ancien, elle reste inconnue des différentes sources tant contemporaines qu'ultérieures. Cependant, on peut remarquer dans la parenté proche de Pépin un certain nombre de porteurs de prénoms agilolfinges (Bavière et Italie du nord). Il est en effet frère d'une Waldrade[5] et père d'un Grimoald (prénom porté par des ducs de Bavière et des rois des Lombards) et d'une Gertrude. Comme aucun document ne mentionne Pépin comme un Agilolfinge, ce dernier ne peut être allié à cette famille que par les femmes. Chronologiquement, le seul lien agnatique qui rende compte de cette onomastique est que la mère de Pépin de Landen soit une fille de Garibald, premier duc de Bavière, et de son épouse Waldrade, veuve des rois Théodebald et Clotaire Ier. Compte tenu de la transmission du prénom Gertrude, qui est celui d'une probable nièce de Garibald, à la fille de Pépin, il est possible que la mère de Pépin portait ce prénom[6].

Histoire

Pépin de Landen ou Pépin l'Ancien

Pépin de Landen est avec Arnulf l'un des deux principaux chefs de l'aristocratie austrasienne au début du VIIe siècle. Comme ils supportent de moins en moins l'autorité de la reine Brunehaut, régente au nom de son arrière-petit-fils Sigebert II, ils font appel au roi neustrien Clotaire II pour éliminer la reine. Ce dernier envahit l'Austrasie en 613, défait Sigebert II et le fait tuer, ainsi que Brunehaut. En récompense, il nomme saint Arnulf comme évêque de Metz et Pépin comme maire du palais. Mais ils tombent en disgrâce à la mort de Clotaire II, en 629, son fils Dagobert Ier ayant décidé de les écarter du pouvoir. À la mort de Dagobert, en 639, son fils Sigebert III rappelle Pépin au pouvoir, mais celui-ci meurt peu après (640)[7],[8].

Grimoald Ier

La succession par voie héréditaire à la mairie du Palais n'était pas encore assurée et Sigebert III y nomma son précepteur Otton. Puis le duc Radulf de Thuringe se révolta, et Pépin et le duc Adalgisel organisèrent une expédition contre l'insoumis. L'armée austrasienne fut battue, le roi Sigebert faillit être tué et fut secouru par Grimoald. Il s'ensuivitt une amitié entre les deux hommes, et Sigebert fit assassiner Otton puis nomma Grimoald maire du Palais. D'après le Liber Historiae Francorum, quelque temps après, le roi n'espérant pas avoir d'enfant, adopte le fils de Grimoald qu'il rebaptise Childebert, lequel succède à Sigebert, mais est assassiné en 662 avec son père par les Neustriens, hostiles à cette usurpation[9]. Cette histoire ne fait cependant pas l'unanimité parmi les historiens, et certains voient dans Childebert un fils de Sigebert que ce dernier a mis sous la protection de Grimoald peu avant sa mort[10].

La mort de Grimoald s'accompagne ensuite de persécutions envers les membres de sa famille. Sa veuve est enfermée dans un monastère. Sa fille Vulfetrude, abbesse de Nivelles, est brimée en vue d'obtenir sa démission ; devant l'échec de cette manœuvre, les biens de l'abbaye sont saisis et Ansegisel, son beau-frère, est assassiné[11].

Pépin de Herstal ou Pépin le Jeune ou Pépin II

Pépin de Herstal n'est pas un Pépinide par voie agnatique, mais un Arnulfien : il est fils d'Ansegisel et de Begga, celle-ci étant la sœur de Grimoald. À partir de Pépin de Herstal, les Arnulfiens se réclament plus de l'héritage pépinide que de l'héritage arnulfien, en transmettant plus de prénoms puisés dans le stock onomastique pépinide (Pépin, Grimoald, Charles, Carloman) que dans le stock arnulfinge, à tel point que les Annales de Metz, composées à la fin du VIIIe siècle, ne présentent Pépin de Herstal que comme petit-fils de Pépin de Landen, et ne mentionnent Arnulf que comme un parent agnatique qui n'aurait contribué à la puissance des Carolingiens que par ses conseils. Cet état de fait perdure encore et les descendants d'Ansegisel et de Begga sont, de nos jours, encore considérés comme des Pépinides[12].

Pépin de Herstal apparaît en 675 quand, duc austrasien associé au duc Martin, il s'oppose à Ébroïn, maire du Palais de Neustrie. En 679, une première bataille tourne court pour les Austrasiens et le duc Martin est tué. La mort d'Ebroïn fut suivie d'une période de paix, les hostilités reprirent en 687 et se terminèrent favorablement pour Pépin, qui devint le véritable maître des trois royaumes francs (Neustrie, Bourgogne et Austrasie). Il délaissa l'Aquitaine, confia la Neustrie à des fidèles puis à ses fils, et se concentra sur les frontières nord et orientales des royaumes : Saxe, Frise, Bavière et Alémanie. Mais la cour était divisée entre deux factions, l'une regroupée autour de Plectrude, l'épouse de Pépin, et l'autre autour d'Alpaïde, la concubine de Pépin. Ce dernier réussit à conserver l'équilibre entre les deux parties, mais il mourut en 714 en laissant une succession difficile[13].

Charles Martel

Plectrude, la veuve de Pépin de Herstal, fit immédiatement enfermer son beau-fils Charles et fit reconnaître son petit-fils Théodebald comme maire du Palais. Mais les difficultés commencèrent rapidement car les Neustriens se révoltèrent, élirent un autre maire du Palais, Ragenfred et, alliés aux Frisons, attaquèrent l'Austrasie. C'est alors que Charles réussit à s'échapper et à organiser une contre-attaque avec quelques partisans, qui repoussèrent les Neustriens et les Frisons. Fort de son succès, il écarta Plectrude et Théodebald réunit les trois royaumes sous son autorité. Avec l'aide de l'Église, il organisa les royaumes francs en une principauté cohérente. C'est alors que les Sarrasins, une première fois repoussés à Toulouse en 721, envahirent de nouveau la Gaule, mais furent vaincus par Charles près de Poitiers le . Cette victoire apporta à Charles le surnom de Martel et lui permit d'intervenir en Aquitaine qu'il soumit à son autorité. En 737, à la mort du roi mérovingien Thierry IV, Charles Martel ne jugea pas utile d'introniser un nouveau roi et resta seul maître des royaumes francs, sans cependant tenter de monter sur le trône[14].

À sa mort, en 741, ses fils Carloman et Pépin le Bref, choisirent de nommer un roi, Childéric III, pour faire face aux troubles liés à la succession. Puis Carloman se retira dans un monastère en 747 et Pépin obtint en 751 le soutien du pape pour déposer Childéric III et devenir roi. La dynastie carolingienne succédait aux Mérovingiens[15].

Généalogie

 
 
Clotaire Ier
roi des
Francs
 
 
 
Waldrade
princesse
lombarde
 
 
 
Garibald Ier
duc de
Bavière
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Carloman
noble franc
 
 
 
(une agilolfienne)
 
Grimoald Ier duc de Bavière
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Babo[16]
ambassadeur
à Byzance (585)
 
 
Waldrade
 
Pépin Ier l'Ancien
maire du Palais
(† 640)
 
 
 
Itte Idoberge
abbesse de Nivelles
(† 652)
 
 
 
 
 
 
Arnulf
évêque de Metz
(† 640)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Waldechise
noble de Verdun
 
 
 
Grimoald Ier
maire du Palais
(v.615 † 657)
 
 
Gertrude
abbesse de Nivelles
(v.625 † 659)
 
 
Begga
(† 693)
 
 
 
Ansegisel
domestique
(† 662)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Wandregisel
abbé de Fontenelle
(† 668)
 
Childebert III l'Adopté
roi d'Austrasie
(† 662)
 
Vulfetrude
abbesse de Nivelles
(† 669)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Clotilde Doda[17]
(† 699)
x Thierry III
 
Griffo[18]
archevêque
de Rouen
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pépin II de Herstal
maire du Palais
(† 714)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Plectrude
(Hugobertide)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Alpaïde
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Adaltrude
fille de Berthaire
maire du Palais
 
 
 
 
 
Drogon
duc de Champagne
(670 † 708)
 
 
 
Grimoald II
maire du Palais
(† 714)
 
Charles Martel
maire du Palais
(v.685 † 741)
 
Childebrand
duc en Provence
(† 751)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Arnulf
duc de Champagne
(† 723)
 
Hugues
arch. de Rouen
(† 730)
 
Pépin
(† 723)
 
Godefried
(.. 708-723 ..)
 
Théodebald
maire du Palais
(† 741)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
descendance (?)[19]
 
 
 
 
 
Carolingiens
 
Nibelungides
 
 

Notes et références

Voir aussi

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