Plan Balcerowicz

From Wikipedia, the free encyclopedia

Leszek Balcerowicz

Le plan Balcerowicz (en polonais : Plan Balcerowicza), appelé également « le traitement de choc », était une tentative de passer rapidement d'une économie communiste, fondée sur la propriété d'État et la planification centralisée, à une économie de marché capitaliste. Ce plan adopté en Pologne en 1989, porte le nom de son auteur, le ministre et économiste polonais Leszek Balcerowicz.

Une transition aussi rapide fut difficile pour les pays qui les mirent en œuvre, comme la Pologne. Bien des pays qui appliquèrent un plan du même type connurent de façon dramatique l'instabilité et la pauvreté avant de pouvoir retrouver la croissance économique.

Après 45 ans de régime communiste, l'économie de la Pologne était complètement inadaptée à l'intégration dans un marché mondial fondé sur le capitalisme. Le taux d'inflation avait atteint 639,6 % et ne cessait de croître. La majorité des monopoles et des entreprises d'État étaient largement inefficaces et leur technologie tout à fait obsolètes. Même s'il n'y avait pratiquement aucun chômage en Pologne, les salaires étaient bas et l'économie de pénurie avait eu comme résultat que même les produits de consommation courante manquaient pour la plupart dans les magasins. L'échec du gouvernement communiste aux élections du rendit clair que le régime en place n'était plus légitime.

Des pourparlers officieux qui eurent lieu à Magdalenka, puis les discussions de la Table ronde polonaise de 1989, permirent de transmettre pacifiquement le pouvoir au gouvernement démocratiquement élu. Au départ il fut convenu que ce seraient Tadeusz Mazowiecki et l'opposition qui formeraient le gouvernement, tandis que le poste de président de la République serait donné à l'ancien premier secrétaire du Parti ouvrier unifié polonais, le général Wojciech Jaruzelski.

Le plan

En une commission d'experts fut constituée sous la présidence de Leszek Balcerowicz, l'économiste le plus écouté de Pologne qui était ministre des Finances et vice-premier ministre. Parmi les membres de la commission on trouvait George Soros et Jeffrey Sachs ainsi que Stanisław Gomułka, Stefan Kawalec et Wojciech Misiąg. La commission prépara un vaste plan de réformes susceptible de mener rapidement l'économie de la Pologne d'une planification centrale dépassée et inefficace au capitalisme tel qu'il avait été adopté par les États d'Europe occidentale et d'Amérique.

Le le programme fut présenté à la télévision publique et, en décembre, le Sejm passa un bloc de lois comprenant 11 actes, qui tous furent signés par le président le . Il s'agissait de :

  1. L'acte sur l'Économie financière à l'intérieur des sociétés appartenant à l'État. Il leur permettait de se déclarer en faillite et mettait fin à la fiction selon laquelle elles étaient capables d'exister même si leur efficacité et leur rendement étaient voisines de zéro.
  2. L'acte sur le Droit bancaire, qui interdisait à la Banque centrale nationale de financer le déficit budgétaire et défendait de recourir à la planche à billets.
  3. L'acte sur les taux de crédits, qui abolissait les avantages légaux en matière de crédits en faveur des sociétés d'État et qui liait les taux d'intérêt à l'inflation.
  4. L'acte sur la taxation des hausses de salaire excessives, introduisant ce que l'on appelle taxe Popiwek et limitant la hausse des salaires dans les sociétés d'État pour mettre un frein à l'hyperinflation.
  5. L'acte sur les nouvelles règles de taxation, qui introduisait une taxation commune pour toutes les sociétés et abolissait les taxes spéciales qu'une simple décision administrative pouvait auparavant appliquer aux compagnies privées.
  6. L'acte sur les activités économiques des investisseurs étrangers, qui permettait aux sociétés étrangères et aux particuliers d'investir en Pologne et de rapatrier leurs profits à l'étranger.
  7. L'acte sur les devises étrangères, rendant le zloty convertible à l'intérieur du pays et abolissant le monopole de l'État dans le commerce international.
  8. L'acte sur la législation douanière, qui créait un tarif douanier uniforme pour toutes les entreprises.
  9. L'acte sur l'emploi, qui réglementait les charges des agences pour l'emploi.
  10. L'acte portant sur les circonstances particulières dans lesquelles un ouvrier pouvait être licencié, qui protégeait les ouvriers des entreprises d'État contre des licenciements massifs et garantissait des indemnités de chômage et une indemnité de licenciement.

Vers la fin décembre le plan fut approuvé par le Fonds monétaire international. Le soutien du FMI était d'une importance particulière parce que la dette du pays vis-à-vis de plusieurs banques étrangères et de plusieurs gouvernements étrangers se chiffrait en 1989 à un montant de 42,3 milliards de dollars US (soit 64,8 % du PIB). Le FMI accorda à la Pologne un fonds de stabilisation d'un milliard de dollars US et un crédit stand-by supplémentaire de 720 millions de dollars US. Par la suite la Banque mondiale accorda à la Pologne des crédits supplémentaires pour moderniser ses exportations d'objets fabriqués et de produits alimentaires. De nombreux gouvernements se conformèrent à ses décisions et remboursèrent une partie de l'ancienne dette communiste (environ 50 % du capital dû et tous les intérêts accumulés jusqu'en 2001).

Les conséquences

Référence de traduction

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI