Politique de l'environnement en Chine

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En république populaire de Chine, la politique de l'environnement est décidée par l'Assemblée nationale populaire et gérée par le ministère de la protection de l'environnement. Le think-tank Center for American Progress décrit la politique menée avant 2014 comme étant similaire à celle des États-Unis d'avant 1970. En théorie, les lois environnementales sont assez strictes, mais leur application est laissée aux gouvernements locaux, qui sont corrompus et préfèrent favoriser l'industrie. De plus, le rôle que jouent les ONG et les journalistes dans la protection environnementale est limité par les réglementations instaurées par l'État[1].

La croissance économique rapide de la Chine, conjuguée à une politique environnementale laxiste, a entraîné de nombreux problèmes écologiques. Face aux protestations des citoyens, le gouvernement chinois a dû prendre des mesures afin de diminuer la pollution et améliorer la situation environnementale du pays[2]. Cependant, ces mesures ont été vivement critiquées et jugées inefficaces. En , le gouvernement a néanmoins durci sa politique environnementale.

Le Ministère de Protection de l'Environnement (MPE), autrefois l'Administration de Protection de l'Environnement d'État (APEE), est un ministère qui est responsable de mettre en œuvre des politiques environnementales, aussi bien que l'exécution de lois sur l'environnement et des règlements[3]. Le MPE est chargé de la protection de l'air de la Chine, et aussi l'eau et la terre de la pollution et la contamination. Dirigé par le Conseil d'État, il est autorisé à mettre en œuvre la loi, des règlements et des politiques environnementales. En complétant de son rôle comme régulateur, il finance et organise aussi la recherche et développement.

Histoire

En 1972, la Chine participe à la première conférence des Nations unies sur l’environnement. Deux ans plus tard, elle crée une agence de protection de l’environnement. En 1983, le gouvernement chinois annonce que la protection de l’environnement est désormais une affaire d’État. En 1998, la Chine subit de très graves inondations et l’agence de protection de l’environnement acquiert alors un statut quasi-ministériel, signe que le gouvernement accorde une certaine importance à l’écologie. La république populaire de Chine a signé le protocole de Kyoto le [4].

En 1998 et 2001, ce dernier investit plus de 40 milliards de yuan dans la protection de la flore et dans le reboisement. Entre 1999 et 2002, la Chine aura ainsi reboisé plus de 7,7 millions d’hectares, qui étaient auparavant utilisés pour l’agriculture[5].

Malgré ces mesures, la politique environnementale de la Chine n’est toujours pas au point et les autorités reçoivent entre 2001 et 2005 plus de 2,5 millions de lettres de protestation[6]. Par ailleurs, le nombre de manifestations liées à l’écologie ne cesse d’augmenter entre 2001 et 2007. Ces protestations conduisent le gouvernement chinois, plus intéressé par la croissance économique que par l’écologie, à montrer une plus grande attention à la protection environnementale. Ainsi lors de son discours annuel de 2007, le premier ministre Wen Jiabao, fait près de 50 références à la pollution et à la question environnementale. De nouvelles régulations sont alors mises en place et les subventions destinées aux industries polluantes sont annulées. Cependant, beaucoup de cibles environnementales internes ont été manquées[7].

Malgré ces nouvelles réglementations, la corruption empêche l’application de la loi et les autorités locales refusent d’appliquer les ordres. Le président Hu Jintao propose alors l’initiative du “ P.I.B. vert ”, qui prévoit le P.I.B. de la Chine soit ajusté en fonction de la pollution créée par l’industrie. Cependant ce projet est rapidement abandonné à cause de mauvais résultats[7]. Le gouvernement a ensuite essayé d’instaurer une journée sans voiture, pendant laquelle les voitures sont interdites de circulation sur les grands axes routiers. Cette initiative a cependant été largement boycottée[8]. En 2008, l'Administration de Protection de l'Environnement d'État était officielle remplacée par le Ministère de Protection de l'Environnement pendant le mars des sessions du Congrès National du Peuple[3].

L’activisme environnemental a augmenté dans les années 2010, de nombreux citoyens jugeant que l’action gouvernementale est néfaste à l’environnement[9]. Les défis faisant face aux politiques environnementales sont intimement reliés à la corruption. Depuis le 18e Congrès de Parti convoqué en , la Chine a entrepris une campagne étendue contre la corruption. La campagne a duré plus longtemps et a touché plus profondément le pays que la plupart des analystes avaient initialement pensé[10].

En , des manifestants de Yinggehai obtinrent l’abandon d’un projet de centrale électrique, qui aurait coûté près de quatre milliards de yuan. Une autre ville fut choisie par les autorités pour accueillir le projet mais celle-ci refuse également. Finalement le gouvernement décida de construire sa centrale à Yinggehai, ce qui provoqua des émeutes où plus de 50 manifestants furent arrêtés et presque 100 personnes blessées[11].

En 2012, la question environnementale stimule 50 000 manifestations[12].

En 2013, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un plan quinquennal de 277 milliards de dollars afin de lutter contre la pollution atmosphérique, particulièrement dans le nord de la Chine. Les autorités prévoient ainsi de réduire les émissions carbones de 25 % (par rapport à 2012) d'ici 2017.

En , le président Xi Jinping déclare la guerre à la pollution lors de l’ouverture de l’Assemblée nationale populaire. En avril, le parlement adopte le nouveau projet de loi sur l’environnement, fruit d’un débat de presque deux ans. La nouvelle législation prévoit de donner plus de pouvoir à l'agence de protection de l’environnement ainsi qu’une plus grande liberté aux ONG défendant l'écologie[13]. Cette révision de la politique environnementale de la Chine est la première depuis 1989. Les politiques mises en œuvre ont conduit à certains résultats : les concentrations moyennes de particules fines dans les villes chinoises ont reculé de 12 % entre 2017 et 2018[14].

Législation actuelle

Questions d'actualité

Notes et références

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