Portrait de l'artiste Geneviève Blanchot
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| Artiste | |
|---|---|
| Date | |
| Type |
Peinture |
| Technique | |
| Dimensions (H × L) |
116,7 × 90,0 cm |
| Mouvement | |
| No d’inventaire |
828.1.2 |
| Localisation |
Le Portrait de Geneviève Blanchot (?), ou Allégorie de la peinture, est une huile sur toile exécutée en 1704 par Jean-Baptiste Santerre (1651-1717) et aujourd’hui conservée au musée Sainte-Croix de Poitiers.
Cette huile sur toile[1] représente une jeune femme assise de trois-quarts, vêtue d’une élégante robe rouge aux manches bouffantes.
Son visage, présenté de face, est de forme ovale : elle possède de grands yeux marron légèrement tombants et aborde un léger sourire aux commissures des lèvres. Le rose de ses joues rehausse son teint porcelaine, tandis que ses cheveux noirs sont relevés, laissant une boucle retomber sur son épaule.
Sa main droite repose sur la toile posée sur un chevalet. Dans sa main gauche, elle tient un faisceau de pinceaux, un bâton de peinture ainsi qu'une palette où sont disposées avec soin des couleurs chaudes et terreuses.
La scène suggère qu'elle vient d'être interrompue ou qu'elle s'apprête à commencer son travail : les teintes présentes sur la palette n’ont pas été utilisées, à l'exception du blanc.
Historique
Jean-Baptiste Santerre est agréé le 28 juin 1698 à l’Académie royale de peinture et de sculpture[2] en tant que portraitiste, à charge d'exécuter comme morceau de réception un Portrait de Noël Coypel, alors directeur de l’institution. Ce tableau ne semble toutefois jamais avoir été réalisé, malgré deux prolongations du délai d'exécution[3].
Santerre n'entre donc à l’Académie qu'à un stade avancé de sa carrière, à l’âge de 53 ans[4]. Cette admission tardive joue d'ailleurs un rôle limité dans son parcours, l'artiste ayant réussi à se constituer un réseau de commanditaires fidèles[5].

Le 18 octobre 1704[6], Jean-Baptiste Santerre est reçu comme peintre d’histoire à l’Académie, présentant à cette occasion l'une de ses œuvres les plus célèbres : Suzanne au bain (1704, musée du Louvre)[4].
Lors du Salon de la même année, il expose douze toiles : Portrait de deux actrices, La Fille voilée, La Curiosité, La Géométrie, Une Fille qui menace, Une Pèlerine, Une Musicienne, Une Coupeuse de chou, Une Espagnolette, Une Fille qui lit une lettre et une paire d’œuvres qu’il intitule La Peinture en deux différentes attitudes[3].
Ce duo d’œuvres est constitué du Portrait de Geneviève Blanchot ou l’Allégorie de la peinture, conservé au musée Sainte-Croix, et d’un pendant identifié comme le Portrait de Geneviève Blanchot, dit aussi Allégorie de la peinture, une toile au format plus réduit conservée au musée des Beaux-Arts de Bâle[7],[8].
Ces deux peintures présentent un sujet similaire : le même modèle y est représenté en miroir, vu de trois-quarts, coupé aux genoux, sur un fond neutre, et accompagné des mêmes attributs. Elles se distinguent toutefois par la variation d'attitude annoncée dans le titre donné par Santerre.
- La Peinture en deux différentes attitudes, 1704
- Jean-Baptiste Santerre, Portrait de Geneviève Blanchot ou Allégorie de la peinture, 1704, Musée des Beaux-Arts de Bâle.
- Jean-Baptiste Santerre, Portrait de Geneviève Blanchot ou Allégorie de la peinture, 1704, Musée Sainte-Croix de Poitiers.
Aucune information n'est disponible concernant le devenir de la toile de Poitiers après son présentation au Salon de 1704. Sa réception demeure également peu connue ; tandis que la toile de Bâle a été reproduite au musée des Beaux-Arts d'Orléans et gravée par Catherine Duchesne[9], le Portrait de Geneviève Blanchot (?), ou Allégorie de la peinture du musée de Poitiers, a été reproduit dans une toile conservée au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg[10].
- Reproductions
- Jean-Baptiste Santerre, Dame peignant, musée des Beaux-Arts d'Orléans.
- Anonyme, Portrait de l'artiste Geneviève Blanchot, musée de l'Ermitage, fin du XVIIIème siècle.

Le 1er janvier 1828, l'œuvre est acquise par le musée Sainte-Croix de Poitiers[1] dans un état dégradé : la peinture est très écaillée et la toile, à l'origine rectangulaire, avait été pliée afin d'adopter un format ovale. Longtemps conservée dans les réserves du musée, elle fait l'objet en 1950 d'une grande campagne de restauration au cours de laquelle elle est nettoyée, consolidée et rétablie dans son format rectangulaire[3].
Depuis sa remise en état, la toile est exposée au cœur du musée Sainte-Croix, dans le département des beaux-arts.


