Prix national d'excellence (Côte d'Ivoire)
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des personnes morales (structures publiques, entreprises privées, sociétés coopératives, organisations non gouvernementales, associations de développement, organisations culturelles et collectivités territoriales).
| Prix national d'excellence (Côte d'Ivoire) | |
| Prix remis | 10 millions Franc CFA |
|---|---|
| Description | Les lauréats peuvent être des personnes physiques (enfants, femmes, hommes et couples) et/ou
des personnes morales (structures publiques, entreprises privées, sociétés coopératives, organisations non gouvernementales, associations de développement, organisations culturelles et collectivités territoriales). |
| Organisateur | République de Côte d'Ivoire |
| Pays | |
| Date de création | 2013 |
| Site officiel | https://prixdexcellence.gouv.ci/accueil/index_intro |
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Le Prix national d’excellence (PNE) distingue chaque année, depuis 2013, des institutions et des sociétés représentées par des personnes qui, par leur créativité, leurs capacités et leur talent d’innovation, participent au rayonnement du pays dans le monde. Ce prix matérialise l’engagement de l’État de Côte d’Ivoire à promouvoir une société d’excellence.
Depuis sa création, le Prix national d'excellence a distingué plus de 800 lauréats et vise à promouvoir la reconnaissance du mérite dans l'espace public ivoirien[1].
Institué en 2013, le prix national d’excellence vise à promouvoir la culture du travail bien fait et à inciter les Ivoiriens à s’inscrire dans la quête permanente de l’excellence, dans les domaines économique, social, culturel, scientifique et administratif[2]. Les lauréats, par leur exemplarité, doivent ainsi inspirer tous les Ivoiriens et être des acteurs clés du développement de la Côte d’Ivoire.
Dans le cadre de la réalisation de l’objectif primordial de la politique nationale qui est de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent en 2020 avec une forte réduction de la pauvreté, le gouvernement adopte le lors du conseil des ministres la ré-institution des prix d’excellence[3]. Il s’agit pour la Côte d’Ivoire de mettre à l’honneur le mérite et le savoir-faire dans les domaines clés de l’activité économique, sociale et culturelle. Le gouvernement avait mis en place, entre 1995 et 2000 un comité des prix d’excellence essentiellement axé sur la promotion des vertus cardinales du mérite et de l’excellence. La dernière édition des prix d’excellence a eu lieu en 1997. Le Premier ministre institue, par arrêté no 152/PM/CAB / du , le comité national de la Journée nationale de l’excellence qui est assisté d’un comité technique[4].
Historique
Antécédents (1995-2000)
L'État ivoirien avait déjà institué entre 1995 et 2000 un comité des prix d'excellence axé sur la promotion des valeurs de mérite et d'excellence[5].
Réinstitution (2012-2013)
Dans le cadre de l'objectif national de faire de la Côte d'Ivoire un pays émergent à l'horizon 2020, le Conseil des ministres adopte le 19 décembre 2012 la réinstitution des prix d'excellence[2]. Le Premier ministre institue officiellement, par arrêté n°152/PM/CAB du 24 avril 2013, le Comité national de la Journée nationale de l'excellence, assisté d'un comité technique[6].
La première édition post-réinstitution se déroule le 6 août 2013 au Palais présidentiel du Plateau à Abidjan. Elle récompense 44 lauréats, chacun recevant un trophée et une enveloppe de 10 millions de FCFA[7].
Évolution et consolidation (2014-2025)
Le Prix national d'excellence est décerné chaque année depuis 2013, à l'exception de l'année 2020 marquée par la pandémie de Covid-19[2]. L'édition 2024 marque un tournant avec l'introduction d'un système de candidature en ligne qui permet une participation citoyenne accrue : 1 486 candidatures sont enregistrées, dont 700 via la plateforme numérique, contre 517 en 2023 et 509 en 2022[8].
En 2025, la 12e édition enregistre un record de 4 505 candidatures pour 87 prix en compétition[9].
Organisation institutionnelle
Structure administrative
Le cadre institutionnel du Prix national d'excellence comprend quatre organes principaux[6] :
Comité national
Présidé par le Premier ministre, le Comité national valide les propositions de lauréats présentées par le Comité technique. Cette liste est ensuite soumise à l'approbation du Conseil des ministres. Il est composé de représentants d'institutions, de ministres, du président de la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire (CGECI) et de la société civile. Sa composition est passée de 13 à 17 membres avec l'entrée de quatre nouveaux ministères.
Comité technique
Présidé par le directeur de cabinet du Premier ministre, il valide les propositions émanant du Secrétariat permanent et prépare les travaux du Comité national. Il comprend des représentants de la Présidence de la République, de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, de l'Inspection générale d'État et de la société civile[2].
Secrétariat permanent
Dirigé par un secrétaire permanent assisté de quatre membres, il assure le suivi quotidien des activités et appuie le Comité technique. Depuis 2024, le Dr Eugène Kra Kouadio occupe ce poste[7].
Jurys sectoriels
Installés au sein des ministères et de la CGECI, ils sont chargés de la sélection des lauréats dans leurs secteurs d'activités respectifs.
Processus de sélection
Les candidatures sont examinées selon une procédure rigoureuse en plusieurs étapes :
- Réception des candidatures via les ministères, la CGECI ou la plateforme en ligne
- Examen par les jurys sectoriels selon des critères objectifs (performances mesurables, régularité des résultats, impact)
- Validation par le Comité technique après vérifications et missions de terrain
- Approbation finale par le Comité national
- Adoption par le Conseil des ministres
Cette rigueur explique que certains prix ne soient pas attribués faute de candidats répondant aux critères d'excellence. En 2024, 6 prix n'ont pas été décernés, et en 2025, 13 prix sont restés vacants sur 87 en compétition[2].
Catégories de prix
Le Prix national d'excellence récompense des acteurs dans de multiples domaines[2] :
- Secteur public : administrations, juridictions, établissements d'enseignement
- Secteur privé : entreprises, entrepreneurs, chefs d'entreprise
- Société civile : ONG, coopératives agricoles, associations de développement
- Domaines spécifiques : biotechnologie, technologies de l'information et de la communication, arts et culture, aménagement du territoire, finances, énergie, mines, éducation, santé, sports, agriculture, recherche scientifique, innovation
L'édition 2019 a introduit trois nouvelles catégories : lutte contre le désordre urbain, meilleur artisan de la paix et cohésion sociale, et promotion de l'investissement privé[7].
Les lauréats
Le Prix national d’excellence est décerné chaque année depuis sa réinstauration en 2013, à l’exception de l’année 2020, marquée par la pandémie de COVID-19.
2013
La cérémonie de remise des prix s’est déroulée le au palais présidentiel au Plateau. Cette première édition a récompensé 44 lauréats[10], chacun recevant un trophée et une enveloppe de 10 millions de FCFA[3],[11].
2014
Cette édition a honoré 55 acteurs de la vie socio-économique et administrative, dont 36 personnes physiques et 19 personnes morales qui se sont distinguées par leur exemplarité[12],[13].
2015
Un total de 77 lauréats nationaux et un lauréat de prix spécial ont été primés pour encourager les secteurs public, privé et la société civile. La répartition se fait ainsi : 33 prix pour le secteur public, 21 prix pour le secteur privé et 24 prix pour la société civile[14],[15].
2016
L’édition a récompensé 74 lauréats, répartis entre 22 prix pour le secteur public, 24 prix pour le secteur privé et 28 prix pour la société civile[16],[17].
2017
Cette année, 74 lauréats ont été distingués, parmi lesquels 11 femmes, 26 hommes, 2 couples, 18 entreprises et 17 structures telles que des ONG, des coopératives agricoles, des écoles de formation et des associations[18],[19].
2018
Un total de 77 lauréats issus des secteurs public, privé et de la société civile ont été primés dans divers domaines (économie, culture, sport[20],[21],[22].
2019
L’édition de 2019 a introduit 3 nouveaux prix : lutte contre le désordre urbain, meilleur artisan de la paix et cohésion sociale, et promotion de l’investissement privé. Au total, 81 lauréats ont été distingués, avec une enveloppe de 10 millions de FCFA et un diplôme d’honneur pour chacun[23],[24],[25].
2021
Après l’interruption de 2020, cette édition a récompensé 84 lauréats, dont 48 personnes physiques et 36 personnes morales provenant de 37 ministères, 2 secrétariats d’État et de la CGECI[26],[27].
2022
Cette édition a distingué 84 lauréats, répartis en 43 personnes physiques et 41 personnes morales. Les lauréats provenaient du secteur public, privé et de la société civile, dans des catégories telles que les cadres de santé, les agents paramédicaux et les établissements sanitaires[28].
2023
Pour célébrer les 10 ans du Prix national d’excellence, 83 prix ont été décernés[29],[30].
2024
Cette édition a apporté une innovation avec la mise en place d’un système de soumission des candidatures en ligne. Au total, 78 lauréats ont été primés, comprenant 29 hommes, 14 femmes, 1 couple, 10 structures publiques, 18 entreprises privées, 2 coopératives et ONG, ainsi que 4 associations de développement. Chaque lauréat a reçu un trophée, un certificat et une enveloppe de 10 millions de FCFA[31],[32],[33],[34].
Lauréats notables
Cette section présente une sélection non exhaustive de lauréats ayant fait l'objet d'une couverture médiatique nationale ou institutionnelle significative.
Secteur de la santé
- Professeur Aka Roland N'Guetta (2024) : professeur de cardiologie interventionnelle à l'Institut de cardiologie d'Abidjan, premier à développer l'angioplastie coronaire en Afrique de l'Ouest (2010), ayant traité avec succès 6 500 cas avec un taux de réussite de 97 %[2]
Secteur scientifique et technologique
- Dr Somlawa Mihia Kassi (2024) : à 26 ans, plus jeune femme ivoirienne docteure en technologies de l'information et de la communication, développeuse de la première unité de bande de base virtuelle (vBBU Pool) au monde[7]
- Professeur Yaya Soro (2024) : directeur de l'École doctorale Sciences et Techniques de l'Ingénieur de l'INP-HB de Yamoussoukro, concepteur d'un procédé breveté de production de polyhydroxyalcanoates[2]
Secteur agricole
- Mikanidio Yéo (2024) : meilleur producteur individuel de vivriers avec une production rizicole de 385 tonnes en 2023, cultivant 110 hectares de riz et 50 hectares de maïs annuellement[2]
Secteur de l'entrepreneuriat
- Lamine Koné (2024) : président du GIBTP et vice-président de la CGECI, meilleur chef d'entreprise avec son entreprise MCT, modèle dans le secteur du BTP[9]
- Valérie Zoudiet-Coulibaly (2024) : fondatrice et directrice générale d'IBSA (International Bilingual Schools of Africa), meilleure cheffe d'entreprise[35]
Secteur de l'éducation
- Prince Michael Amessan Amadou (2024) : élève à l'EPV Saint Simon Abobo Houantoué, obtention de la plus forte note au CEPE 2024 avec 167,37/170 (moyenne de 19,69/20)[36]
- Youssef Hussein Diaby (2024) : élève au Lycée Moderne Aka Aouelé d'Aboisso, major de sa classe, obtention du BEPC avec 328,31/360 (moyenne de 18,24/20)[37]
- Lycée Technique d'Abidjan (2024) : créé en 1959, établissement récompensé pour ses innovations technologiques et ses taux de réussite impressionnants au BAC et BTS[38]
Secteur de la justice
- Tribunal de Première Instance de San Pedro (2024) : meilleure juridiction
- Cour d'Appel de Bouaké (2024) : 2e prix de la meilleure juridiction
- Pôle Pénal Économique et Financier (2024) : 3e prix de la meilleure juridiction, dirigé par Esso Blanche épouse Abanet[39]
Secteur culturel
Réformes et amélioration continue
Face aux enjeux de transparence et de crédibilité du processus de sélection, des réformes ont été progressivement introduites depuis 2024 pour renforcer la rigueur du dispositif[2].
Numérisation du processus
L'introduction en 2024 d'une plateforme de candidature en ligne accessible à tous les citoyens a marqué un tournant dans l'ouverture du dispositif. Cette innovation a permis de diversifier les profils de candidats au-delà des canaux traditionnels (ministères et CGECI), avec 700 candidatures en ligne en 2024, puis une explosion à 4 505 candidatures en 2025[7]. Selon les autorités, ce dispositif renforce la transparence et facilite le pilotage du processus de sélection[2].
Missions d'information territoriale
Depuis 2025, le comité technique mène des missions d'information dans les capitales régionales (Bouaké, Yamoussoukro, Korhogo, Abengourou et Man) pour sensibiliser les populations sur les critères de sélection et encourager les candidatures en dehors d'Abidjan[9].
Rigueur des critères
La décision de ne pas attribuer certains prix faute de candidats répondant aux critères d'excellence témoigne de l'exigence du processus. En 2024, 6 prix n'ont pas été décernés, et en 2025, 13 prix sur 87 sont restés vacants, ce qui, selon le Premier ministre Robert Beugré Mambé, « matérialise la rigueur d'analyse et la responsabilité dans le processus de sélection »[41].
Les critères de sélection incluent notamment la vérification des antécédents avec la justice, la régularité fiscale et sociale, l'engagement dans la lutte contre la corruption, et la contribution effective au développement du secteur d'activité[35].
