Problème du mal

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En philosophie, plus spécifiquement en théologie, le problème du mal est la question de savoir s'il est possible de concilier l'existence du mal avec celle d'un Dieu omniscient, omnipotent et bon. Selon ses formulations, il se confond ou non avec le paradoxe d'Épicure[1].

Il s'agit d'un dilemme théorique avec des implications pratiques, ou plutôt d'un trilemme problématique, qui se fonde sur l'impossibilité prima facie de tenir pour vraies les trois propositions suivantes de manière simultanée : (1) le mal existe ; (2) une divinité capable d'empêcher le mal existe ; et (3) une divinité qui souhaite empêcher le mal existe. Il semble en effet possible d'en admettre deux sans contradiction, mais seulement à la condition d'abandonner la troisième[2].

Le problème du mal se pose à la fois pour le mal dit naturel et le mal dit moral, bien que de manière différente. L'existence du mal physique renvoie alors à la souffrance et aux maux qui ne sont pas du ressort des agents moraux, comme les catastrophes naturelles, les maladies ou la prédation, tandis que le mal moral renvoie aux maux qui impliquent l'action d'agents moraux, comme la perversité, la cruauté ou le conflit. Le problème du mal moral rejoint alors le problème de la responsabilité du mal, comme dans le problème de la responsabilité du péché dans certaines religions, ou la reponsabilité de la possibilité du mal.

On distingue généralement deux versions du problème du mal : le problème logique et le problème probant[3]. Le problème logique ou a priori cherche à démontrer qu'il est logiquement impossible que l'existence du mal et l'existence de Dieu soient compatibles[3]. Ce problème se pose dans la mesure où les croyances théistes maintiennent généralement la coexistence des trois croyances qui sous-tendent le trilemme[3] : que Dieu existe, qu'il est omniscient et omnipotent, qu'il est bon, et que le mal existe. Pour les partisans du problème logique, les quatre premières prémisses, qui reflètent une conception théiste de la divinité, sont incompatibles avec la cinquième, soit l'existence du mal[3]. Le problème probant ou a posteriori considère que, bien que Dieu et le mal puissent logiquement coexister, l'apparente contradiction constitue un argument en défaveur du théisme[3], autrement dit, que l'existence du mal a une incidence négative sur les raisons de croire en l'existence d'une telle divinité, de comprendre son plan pour l'univers, ou de lui vouer un culte.

Historique

Tentatives de résolution

Notes et références

Annexes

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