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Programme nucléaire de l'Afrique du Sud

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Le programme nucléaire de l'Afrique du Sud comprend l'utilisation de l'énergie nucléaire pour des programmes civils et militaires. L'Afrique du Sud a mis fin à son programme militaire et planifie à partir de 2025 la relance de son programme civil après le coût d'arrêt de 2017.

Drapeau de l'Afrique du Sud

Programme Nucléaire civil

Membre fondateur de l'AIEA

L'Afrique du Sud est un des membres fondateurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). En 1948, le pays crée l'Atomic Energy Board (AEB), précurseur de l'actuelle South African Nuclear Energy Corporation (Necsa)[1].

Éducation

Ces universités dispensent des cours d'ingénierie nucléaire en Afrique du Sud :

Recherches

Centre de recherche de Pelindaba.

Le programme de recherche et développement nucléaire sud-africain débute en 1959. En 1961, le site de Pelindaba, à l'ouest de Pretoria, est choisi pour accueillir le premier réacteur nucléaire de recherche du pays. Le premier personnel s'installe en 1963 et le réacteur est mis en marche le [1]. En 2015, le SAFARI-1 (en) (South African Fundamental Atomic Research Installation 1) est le seul réacteur nucléaire de ce genre dans le pays.

Le projet est en cours de démantèlement.

Mines d'uranium

Production en tonnes d'uranium provenant des mines sud-africaines

L'Afrique du Sud produit environ 550 tonnes de concentrés d'uranium par an, ce qui représente environ 1 % de l'extraction de l'uranium dans le monde. Les réserves d'uranium sont estimées à environ 6 % des ressources mondiales en uranium[2].

Énergie nucléaire

Compagnie sud-africaine de l'énergie nucléaire

La Compagnie sud-africaine de l'énergie nucléaire (NECSA) a été créée en tant que société publique par la Loi sur l'Énergie Nucléaire en République d'Afrique du Sud de 1999 et est entièrement détenue par l'État. La NESCA remplace la Société de l'Énergie Atomique nationale. Les principales missions du NESCA sont d'entreprendre et de promouvoir les recherches et le développement dans le domaine de l'énergie nucléaire et des technologies liées; traiter et stocker le matériel nucléaire; et coordonner les autres organisations de ce domaine. South African Fundamental Atomic Research Installation 1.

En , l'entreprise russe Rosatom signe un accord avec le ministère de l'Énergie sud-africain pour faire avancer la perspective de la construction de 9,6 GW d'ici 2030. Necsa (South African Nuclear Energy Corporation) a déclaré que cet accord ne porte que sur les modalités de fournitures des prestations au cas où la Russie serait choisie et que des accords similaires seront signés avec d'autres vendeurs ayant exprimé leur intérêt. En , un accord de coopération nucléaire a été signé avec la France et un autre en avec la Chine, suivi d'accords avec China National Nuclear Corporation (CNNC) et Industrial & Commercial Bank of China. Des accords existent déjà avec les États-Unis et la Corée du Sud, et un accord est en négociation avec le Japon[3].

Dans son discours annuel sur l'état de la nation en , le président sud-africain prévoit un objectif de 9,6 GW de puissance nucléaire installée pour 2030, pour cible de mise en service du premier réacteur 2034. Il a précisé que des offres seraient demandées aux États-Unis, à la Chine, à la France, à la Russie et à la Corée du Sud[3].

En 2017, l'Afrique du Sud a mis un coup d'arrêt à la relance du programme nucléaire civil du pays, à la suite d'un arrêt de la justice déclarant « inconstitutionnels et illégaux » des accords de coopération signés avec la Russie, les États-Unis et la Corée du Sud}[4].

En 2025, le gouvernement présente le Plan intégré de ressources (IRP) qui vise à planifier le développement énergétique du pays. C'est l'annonce d'une relance officielle de l’atome civil après plusieurs échecs consécutifs depuis le coup d'arrêt de 2017. Parmi les mesures phares, il est prévu un déploiement de 5,2 à 10 GW d’énergie nucléaire d’ici à 2039[5].

En 2026, 2 réacteurs(Koeberg 1 et 2 de l'ordre de 960 Mw de puissance en service depuis 1984, 1985) sont en fonctionnement, produisant 5,5 % de l'électricité du pays, aucun réacteur n'est en construction[6].

Koeberg

La centrale nucléaire de Koeberg est l'unique centrale du pays, elle comporte deux réacteurs à eau pressurisée conçus par la société française Framatome. La centrale est située à 30 km du Cap. Elle appartient et est exploitée par le fournisseur national, Eskom.

PBMR

De 1993 à 2010, un réacteur nucléaire à lit de boulets (Pebble Bed Modular Reactor - PBMR) était en développement par la société sud-africaine PBMR (Pty) Ltd. Le projet prévoyait la construction d'une centrale de démonstration près de la centrale de Koeberg et d'une usine de combustible à Pelindaba, à l'ouest de Pretoria.

Ce projet a été abandonné en [7].

Groupes de pression

NIASA

L'Association de l'Industrie Sud-Africaine du Nucléaire (NIASA) est une association ayant pour but d'aider le public à comprendre les technologies nucléaires. Ce groupe de lobby est constitué d'entreprises comme Eskom, PBMR, Areva et EDF.

Earthlife Africa

Earthlife Africa (en) est une organisation faisant campagne contre l'énergie nucléaire en Afrique du Sud. Elle ne croit ni en sa sûreté ni en son rapport efficacité/prix[8].

Programme nucléaire militaire

Faits en bref Date de lancement, Premier essai nucléaire ...
Afrique du Sud
Arsenal nucléaire
Image illustrative de l'article Programme nucléaire de l'Afrique du Sud
Programme
Date de lancement 1967
Premier essai nucléaire N/A
Premier essai Bombe H N/A
Dernier essai nucléaire N/A
Statistiques
Charge nucléaire la plus élevée 20 kt
Nombre maximal d'armes nucléaires 6 (1989)
Nombre total d'essais nucléaires N/A
Arsenal courant 0 (depuis 1989)
Portée maximale N/A
Traités internationaux
Traités signés Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires
Fermer

En , l’Afrique du Sud s'inquiète devant la progression soudaine du MPLA lors du conflit civil angolais, et souhaitant protéger les installations menacés du fleuve Kumene qui alimente le Sud-Ouest africain en électricité, décide d’envoyer des commandos avant de dépêcher son armée. L'UNITA et le FNLA s'allient avec l'Afrique du Sud, qui leur livre un grand nombre d'armes et de munitions. Dans ce contexte, l'Afrique du Sud décide de développer une série d'armes nucléaires, destinées à contrer l'incursion de troupes communistes sur son territoire.

L'incident Vela fait spéculer qu'elle a éventuellement effectué un essai nucléaire en 1979, et reconnu par le vice-ministre sud-africain des affaires étrangères Aziz Pahad en 1997[9].

Le pays possédait également un programme militaire secret pour la South African Defence Force, abandonné par la ratification du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en 1991, avant l'arrivée au pouvoir du Congrès national africain. Les six bombes aériennes atomiques d'une puissance de 15 à 20 kt construites entre 1982 et 1989 et une septième en construction sont démantelées avant 1993[10]. Elles devaient être emportées par les avions Blackburn Buccaneer de la Force aérienne sud-africaine[11]. Le programme a notamment été aidé par plusieurs partenaires étrangers dont la France, l’Allemagne de l'Ouest, la Suisse et Israël, mettant au point une technologie innovante d’enrichissement de l’uranium[12].

Comme vecteur, l'Afrique du Sud a développé une série de missiles dont un lanceur pouvant servir de missile balistique intercontinental, le RSA-3 (en), à partir des années 1970 qui est également abandonné[13].

Durant la guerre de la frontière sud-africaine, le gouvernement sud-africain est très inquiet devant la possibilité d’une invasion cubaine en Namibie depuis l’Angola et fait discrètement savoir durant l'été 1988 à Fidel Castro qu’il dispose de plusieurs têtes nucléaires largables par bombardiers. L’invasion n’a finalement pas lieu et Fidel Castro avoua plus tard qu'il n’avait jamais eu lieu l’intention de la lancer, en partie par peur de l’arme atomique sud-africaine[14].

Un cessez-le-feu entre l'Afrique du Sud, Cuba et l'Angola en , et le retrait des troupes sud-africaines de l'Angola conduisent à un accord tripartite entre ces nations, au retrait de 50 000 soldats cubains de l'Angola et à l'indépendance de la Namibie.

L'amélioration de son environnement de sécurité joue un rôle déterminant dans la décision de l'Afrique du Sud de démanteler son programme d'armes nucléaires, effective en 1991. L'Afrique du Sud est le seul pays à avoir construit des armes nucléaires puis à les avoir démantelées volontairement, ce qui est révélé le , devant l'Assemblée sud-africaine, par le président De Klerk[10].

Notes et références

Voir aussi

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