Protocole de Lusaka
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Le Protocole de Lusaka, signé à Lusaka le , est un accord entendant mettre fin à la guerre civile angolaise en intégrant et désarmant l’UNITA pour entamer un processus de réconciliation nationale. Les deux parties au conflit signèrent un cessez-le-feu complétant le protocole le 20 novembre de la même année.
À la fin de l’année 1993, l’UNITA contrôlait plus de 70 % du territoire de l’Angola mais plusieurs victoires militaires successives des forces gouvernementales en 1994 forcèrent la rébellion à rechercher un accord de paix. En novembre, le gouvernement avait récupéré 60 % du pays. Le leader de l’UNITA, Jonas Savimbi, refusant de signer personnellement, chargea son ancien secrétaire général, Eugenio Manuvakola, de signer à sa place, ce à quoi le président José Eduardo dos Santos répondit en envoyant son ministre des affaires étrangères, Venancio de Moura, représenter le MPLA.
Le président du Zimbabwe Robert Mugabe et le président de l’Afrique du Sud Nelson Mandela se rencontrèrent à Lusaka le , dans une tentative de promouvoir le protocole. Tous deux se déclarèrent désireux de rencontrer Savimbi et Mandela l'invita en Afrique du Sud, mais le leader angolais ne s'y rendit pas.
Termes du traité
Le traité prévoit le cessez-le-feu et la démobilisation des troupes gouvernementales et de l'UNITA. Cinq mille cinq cents membres de l'UNITA, dont 180 militants, rejoindraient les rangs de la police nationale angolaise; 1200 membres, dont 40 militants, intégreraient les forces de police de réaction rapide et les généraux de l'UNITA deviendraient des officiers des forces armées angolaises. Les mercenaires étrangers, quant à eux, devraient retourner dans leur pays d'origine et toutes les parties en conflit cesseraient d'acquérir des armes à l'étranger. Le gouvernement s'engagea à nommer des membres de l'UNITA à la tête des ministères des mines, du commerce, de la santé et du tourisme ainsi que des provinces de Uige, Lunda-Sud et Cuando-Cubango, auxquels viendraient s'ajouter des ambassadeurs et des administrateurs communaux. Le gouvernement devait également libérer tous les prisonniers politiques et amnistier l'ensemble des militants impliqués dans la guerre civile.
L'accord fonda une commission mixte, chargée de surveiller les violations des dispositions du protocole et composée d'officiels du gouvernement angolais, de l'UNITA et des Nations unies, avec les gouvernements du Portugal, des États-Unis et de la Russie dans le rôle d'observateurs.