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Précinéma

procédés inventés pour reconstituer le mouvement à partir de dessins ou de photographies antérieurement au cinéma From Wikipedia, the free encyclopedia

Le terme précinéma [1] désigne les procédés inventés au cours du XIXe siècle, pour reconstituer le mouvement à partir de dessins ou de photographies, disposés (souvent) sur un support circulaire revenant cycliquement à son point de départ. Les procédés du précinéma sont antérieurs à une invention capitale qui va délivrer le spectacle présenté de sa répétition cyclique : le film souple, mis au point en 1887 par l'Américain John Carbutt, constitué de nitrate de cellulose (le celluloïd), que l'industriel George Eastman met sur le marché en 1888, débité en rouleaux de 70 mm de large, enduits ou non de substance photosensible[2]. Si les procédés antérieurs n'ont pas été pour autant abandonnés à cette époque car ils avaient un marché spécifique, 1888 semble la date clé qui sépare le précinéma du cinéma. Les bandes dessinées ou les alignements de photographies du précinéma présentaient une saynète qui durait une à deux secondes au maximum. Grâce au film souple, les spectacles représentés peuvent durer une dizaine de secondes, voire quelques dizaines de secondes, et, très rapidement, permettront de présenter des films de plusieurs dizaines de minutes[3].

Le phénomène qui permet au cerveau de percevoir le mouvement tel que le présentent les procédés du précinéma, et plus tard les techniques du cinéma, a été étudié au début du XXe siècle par Max Wertheimer[4]. C'est que l'on appelle « l'effet bêta » (confondu encore aujourd'hui avec « l'effet phi », autre phénomène mis en lumière également par Wertheimer), un phénomène d'interprétation de la vision par le cerveau, qui explique notre perception des images animées en mouvement[5]. C'est la capacité du cerveau à identifier deux lumières clignotantes, éloignées l'une de l'autre, comme étant un seul objet lumineux qu'il croit voir se déplacer. Un bon exemple est donné par les flèches géantes lumineuses fixes décalées l’une derrière l’autre, en cascade, qui signalent sur les autoroutes un resserrement de la circulation ou une déviation, et qui s’allument et s’éteignent les unes après les autres, donnant l’illusion d’une flèche unique qui se déplacerait dans le sens indiqué.

La « persistance rétinienne » entre pour peu de chose dans le phénomène (mais pas pour rien), et elle est surtout un inconvénient que chaque inventeur a dû combattre à sa manière[6].

Les appareils du précinéma (avant 1888)

Appareils utilisant des dessins ou impression sur papier

Appareils projecteurs utilisant des photographies transparentes ou du film transparent

Captation de la reconstitution d'un zootrope projecteur.
  • 1880 - le Zoopraxiscope, inventé par l'Anglais Eadweard Muybridge. Il met en mouvement un disque rotatif portant 12 ou 16 photographies sur verre (captées par un procédé de chronophotographie) et utilise la lumière d'une classique lanterne magique pour la projection. Ce dispositif à mouvement continu devait donner une projection plus proche de l'animation ci-contre à gauche que de la moderne (et trop parfaite) animation .gif ci-dessous du même galop.
  • 1886 - le LPCC Type-16, inventé par le français Louis Aimé Augustin Le Prince, enregistre 16 photographies sur verre avec 16 objectifs. Type de visionnement non reconnu.
Animation gif des images de Le Prince
  • 1887 - le LPCCP Type-1 Mk2, inventé par Louis Aimé Augustin Le Prince, enregistre 20 photographies sur papier photosensible avec 1 unique objectif. Type de visionnement non reconnu (essais reportés en 1930 sur film souple Eastman Kodak 35 mm projetable avec un appareil standard) (animation gif ci-contre du fils de Le Prince à l'accordéon).
  • 1891 - Phonoscope de Georges Demenÿ. Ce dispositif de projection utilise aussi un disque à rotation continue doté de 24 images devant lequel tourne un disque obturateur à une seule fenêtre[7].

Notes et références

Annexes

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