Psaume gaélique
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Le psaume gaélique est une forme particulière de polyphonie religieuse pratiquée par les fidèles de l'église presbytérienne libre d'Écosse. Fondée sur un livre de psaumes en langue gaélique, elle est conduite par un chantre (ou precentor) auquel l'assemblée répond de manière libre. La pratique hétérophonique de cette psalmodie traditionnelle est aujourd'hui principalement confinée à l'île de Lewis et Harris.
En 1659, des pasteurs presbytériens opposés à l'Église épiscopalienne écossaise publient un recueil de psaumes traduits en langue gaélique locale (Salmadaireachd). Ces textes vernaculaires sont chantés à l'office en suivant des trames mélodiques anciennes venues d'Angleterre ou des Lowlands, enrichies par la tradition écossaise et irlandaise du sean-nòs, un chant a capella faisant la part belle aux improvisations de solistes. Les modalités de cette « hétérophonie libre » sont également nourries par certaines techniques propres au joueurs de cornemuse (ceol mor ou piobaireachd)[1].
C'est sur la base de cette combinaison unique que se développe le psaume gaélique. Si l'usage de l'idiome est spécifique, la structure en réponse se rattache au lining-out préconisé par le clergé des Îles britanniques pour les congrégations n'ayant pas accès à la lecture. En raison de l'illettrisme et du prix élevé des livres, le chantre était en effet le seul à pouvoir lire le texte et la congrégation lui faisait alors simplement écho. À mesure que le public accédait à la lecture, cette ancienne façon de chanter (« old way of singing »), progressivement considérée par le clergé comme trop populaire et disharmonieuse, a cédé le pas à des formes chorales plus classiques. Le déclin concomitant du gaélique a entraîné la perte graduelle de la tradition[1],[2],[3].
Décrite comme « l'alchimie vertigineuse et époustouflante de l'âpreté presbytérienne et d'un ravissement radieux », la pratique actuelle du psaume gaélique, par des congrégations réduites en nombre et relativement âgées, ne donne qu'une pâle idée de sa puissance spirituelle du temps où elle pouvait être chantée par des communautés de plus d'un millier de fidèles[1],[4].