Quatrième Reich
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Le Quatrième Reich (en allemand : Viertes Reich) est un futur Reich allemand hypothétique qui succéderait au Troisième Reich (1933-1945).
Le terme « Troisième Reich » a été inventé par Arthur Moeller van den Bruck dans son livre de 1923 Das Dritte Reich. Définissant le Saint-Empire romain germanique (962-1806) comme le « Premier Reich » et l'Empire allemand (1871-1918) le « Deuxième Reich », il présente le « Troisième Reich » comme un État idéal comprenant tous les peuples germaniques, entre l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse alémanique et toutes les minorités en Europe de l'Est.
Dans le contexte moderne, le terme fait désormais référence à l'Allemagne nazie qui a tenté de réaliser ce projet lors de la Seconde Guerre mondiale. Les nazis l'utilisèrent un temps pour dénigrer la République de Weimar et légitimer leur régime en tant que seul véritable successeur des Empires allemands, mais interdirent le terme après 1939 à cause de la suggestion d'une possible fin du régime à l'image des précédents.
L'expression « quatrième Reich » a été utilisée de différentes manières, suivant les circonstances. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle servait à désigner dans les conversations intimes le futur régime qui allait suivre celui d'Hitler après la défaite contre l'Alliance russo-américaine, qui devenait de plus en plus probable au fur à mesure que les fronts se rapprochaient des trois côtés.
Les nostalgiques du nazisme l'ont ensuite utilisé dès après la guerre pour décrire le renouveau envisagé de la "petite Allemagne", alors divisée entre une moitié Ouest et Est dont ils escomptaient la réunification prochaine, en un État ethniquement pur grâce au regroupement de toutes les minorités allemandes sur son territoire après leur expulsion de l'Europe de l'Est.
Néonazisme
Les néo-nazis, en majorité non germaniques désormais, envisagent le IVe Reich moins comme un empire pangermanique qu'un grand État transcontinental qui réunirait exclusivement les Blancs de pure souche, fondé sur la suprématie aryenne, l'antisémitisme, le Lebensraum nécessaire à l'épanouissement de la société occidentale, protégé par un militarisme agressif, et le totalitarisme[1].
Les néo-nazis allemands pensent en particulier que les pays germanophones pourraient constituer le noyau d'un État fédéral européen, doté cette fois des armes nucléaires, afin de réussir le projet d'unification européenne que leurs prédécesseurs avaient échoué à mener dans les années 1940. D'après des brochures publiées par David Myatt au début des années 1990, de nombreux néo-nazis en sont venus ensuite à croire que le Quatrième Reich en Europe ouvrirait ensuite la voie à l'établissement d'un Imperium occidental, c'est-à-dire un empire mondial aryen englobant toutes les terres peuplées par la race blanche (c'est-à-dire l'Europe, le monde russe, le monde anglo-saxon et l'Afrique du Sud blanche). Alternativement, les néo-nazis américains pensent que les États-Unis pourraient aussi refonder le nouveau Reich de leur propre côté de l'Atlantique, de sorte qu'il existe aussi une concurrence entre nazis germanophiles, russophiles et anglophiles pour savoir laquelle de leur "ethnie" deviendra le centre de l'Empire aryen.
Cela fait apparaître une différence considérable avec le Troisième Reich hitlérien, qui voulait un territoire peuplé uniquement de Germains et nordiques, excluant toutes les autres ethnies, "blanches" ou non.
Usage polémique
Le terme est utilisé de façon péjorative par des théoriciens du complot comme Max Spiers, Peter Levenda et Jim Marrs, qui en ont fait usage pour désigner ce qu'ils perçoivent comme une continuation cachée des idéaux nazis dans le bloc de l'Ouest après-guerre (en pointant par exemple son influence sur la science du management).
Plusieurs anciens dignitaires nazis ont en effet pu continuer à exercer de hautes responsabilités, tel que Kurt Waldheim, ancien SA et oberleutnant de la Wehrmacht, devenu secrétaire générale de l'Organisation des nations unies; symptomatique d'une dénazification qui n'a jamais été complète et laisse donc planer le risque d'une survivance de leur idéologie jusqu'à nos jours.
De même, des responsables nazis impliqués dans la fabrication des premiers missiles balistiques ont ensuite été recrutés tant par le programme spatial américain que soviétique (avec les exemples connus de Von Braun aux Etats-Unis et Gröttrup en URSS).
Il en résulte que les deux camps de la guerre froide pouvaient s'accuser mutuellement de perpétuer une partie de l'idéologie nazie : les États-Unis à travers son régime capitaliste hyper concurrentiel, longtemps marqué par la ségrégation qui plus est; et l'Union soviétique à travers son idéologie communiste totalitaire.
De nos jours, il s'agit aussi d'une critique des eurosceptiques, qui craignent que l'unification politique européenne, autour d'une population majoritairement germanique, ne débouche sur la résurgence d'un nouveau Grand Reich.