Réformes Qing (1901-1912)

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Drapeau de l'Empire Qing.

Les réformes de la fin de la dynastie Qing des années 1901-1912 (chinois : 晚清改革[1] ; pinyin : Wǎnqīng gǎigé), parfois appelées Nouvelles politiques de la fin de la dynastie Qing[1] (chinois : 清末新政 ; pinyin : Qīngmò xīnzhèng), ou consistaient en une série de réformes culturelles, économiques, éducatives, militaires, diplomatiques et politiques mises en œuvre au cours de la dernière décennie de la dynastie Qing afin de réformer l'empire après les invasions des grandes puissances de l'Alliance des Huit Nations, alliées aux dix provinces de la Zone de protection mutuelle du Sud-Est lors de la Révolte des Boxers.

Initiées par l'impératrice Cixi, ces réformes étaient souvent considérées comme plus radicales que le précédent Mouvement d'auto-renforcement, qui prit fin brutalement avec la défaite de la Chine lors de la première guerre sino-japonaise en 1895. Malgré ces réformes la révolution de 1911 éclata, ce qui entraîna la chute de la dynastie Qing et de son dernier empereur, Puyi.

Regarder et apprendre

En avril 1901, la dynastie Qing créa le Bureau de l'Administration pour superviser le plan global de réforme, nommant Ronglu, Yikuang et Li Hongzhang administrateurs et Zhang Zhidong et Liu Kunyi coordinateurs. Zhang Zhidong et Liu Kunyi soumirent conjointement au gouvernement impérial un document intitulé « Les trois axes de la réforme », comprenant la définition des orientations de la réforme, l'étude du modèle japonais et la transition vers une monarchie constitutionnelle[2].

Le 19 janvier 1904, le vice-roi du Yunnan, Ding Zhenduo, et le officiel provincial du Yunnan, Lin Shaonian, soumirent une demande de réforme politique au gouvernement impérial. Début juillet, le vice-roi du Liangjiang, Zhou Wei, demanda la mise en œuvre du système politique de « séparation des trois pouvoirs ». Le 2 juillet 1905, Yuan Shikai s'associa à Zhou Wei et au vice-roi du Huguang, Zhang Zhidong, pour demander au gouvernement impérial d'instaurer un gouvernement constitutionnel sur une période de douze ans. Ils demandèrent également au gouvernement d'envoyer des ministres à l'étranger afin d'étudier différents systèmes politiques. Le 24 septembre 1905, l'impératrice douairière Cixi décida d'envoyer cinq ministres à l'étranger : le prince Zhen Zaize, le ministre des Finances Dai Hongci, le ministre de la Guerre Xu Shichang, le gouverneur du Hunan Duanfang et le Premier ministre du Commerce Shaoying. Le 25 novembre, le gouvernement impérial créa une institution spéciale, le « Pavillon d'inspection des institutions politiques », chargée d'étudier le gouvernement constitutionnel de chaque pays et de formuler des recommandations en matière de réforme constitutionnelle.

La même année, le 7 décembre, la première délégation, conduite par Dai Hongci et Duanfang, partit pour les États-Unis, première étape de son voyage, où elle fut accueillie par le président américain Theodore Roosevelt. Le 14 janvier 1906, la seconde délégation, menée par Zaize, prit la route. À la fin de l'été 1906, la délégation rentra en Chine et remit un rapport affirmant que « le constitutionnalisme est la seule voie vers la puissance de l'État ».

Naissance d'une constitution

Le 1er septembre 1906, l'impératrice douairière Cixi promulgua un décret impérial annonçant l'élaboration d'une constitution préparatoire[3]. En 1907, le bureau préparatoire de l'Institut Zizhengyuan (Parlement) fut créé, et Ming Lun et Sun Jiaxuan en furent nommés présidents. Plus tard, Zhang Jiang et Tang Shouqian fondèrent une association constitutionnelle préparatoire à Shanghai[4]. Par la suite, diverses associations constitutionnelles furent établies dans les principales villes de toute la Chine.

En août 1908, le gouvernement impérial publia le « Projet constitutionnel »[5], la « Liste des préparatifs pour les prochaines années », ainsi que trois annexes : « Droits et obligations civils », « Principes fondamentaux du Parlement » et « Principes fondamentaux du droit électoral ». Ces projets de loi prévoyaient l'élection des conseils consultatifs provinciaux et du Conseil consultatif central l'année suivante. Au total, l'élaboration de la constitution devait s'étaler sur neuf ans. Le 14 novembre 1908, l'empereur Guangxu décède, et l'impératrice douairière Cixi meurt le lendemain.

Nouvelles élections, nouveau cabinet

Photo des parlementaires élus en 1909.

En 1909, le gouvernement Qing organisa des élections parlementaires pour le Conseil consultatif et des élections provinciales. La même année, après l'accession au trône de Pu Yi, dernier empereur de la dynastie Qing, les conseils consultatifs provinciaux furent élus. En 1910, l'Institut Zizheng inaugura ses portes.

En mai 1911, le prince régent Zaifeng nomma Yikuang, prince Qing, Premier ministre du Cabinet impérial, chargé de former le nouveau gouvernement[6]. Ce cabinet était composé de treize membres : huit Mandchous, quatre Chinois Han et un Mongol. Sept des Mandchous étant issus de la famille impériale, le cabinet fut qualifié de « cabinet royal ».

Cabinet impérial Qing.

Réformes des administrations locales

En 1902, le gouverneur du Shanxi, Zhao Erxun, proposa une réforme de l'administration locale, notamment du système des Baojia, incluant la mise en place d'une police moderne et l'élargissement des compétences des autorités locales. En 1907, le système des fonctionnaires locaux fut promulgué, et les pouvoirs financiers et militaires du gouverneur furent réduits. Le ministère des Affaires civiles se vit confier les fonctions de police nationale.

En 1906, Yuan Shikai avait déjà établi l'« Institut de recherche autonome » local et le Conseil du comté de Tianjin à Tianjin. En 1908, le gouvernement impérial commença également à mettre en place des instituts de recherche autonomes dans les zones urbaines et à rédiger le « Règlement des conseils consultatifs provinciaux », dont l'achèvement était prévu pour 1914.

Réformes militaires

L'armée impériale se modernise

En 1901, le gouvernement impérial abolit l'épreuve d'arts martiaux chinois traditionnels et fonda un système de formation des officiers. Puis, en 1903, le Commandement central de l'entraînement fut créé pour coordonner la formation de l'armée nationale[7]. En 1905, l'armée de Beiyang fut réorganisée en une Nouvelle Armée. Le gouvernement impérial prévoyait initialement de constituer 500 000 soldats réguliers dans les dix années suivantes, mais jusqu'à la fin de 1911 (chute de la dynastie Qing), seuls 190 000 hommes environ étaient bien entraînés[8].

Marins chinois en 1911.

Relance de la marine chinoise

  • En 1902, Sa Zhenbing, officier de la flotte de Beiyang, proposa quatre solutions pour relancer la marine impériale chinoise :
  • Premièrement, envoyer des officiers de marine étudier au Japon.
  • Deuxièmement, créer une école navale à Jiangyin.
  • Troisièmement, construire le chantier naval de Mawei comme base de réparation navale.
  • Quatrièmement, établir des villes de garde naval à Yantai et Fuzhou.

La Grande Réorganisation

Durant l'été 1904, la Commission pour la réorganisation de l'armée publia un plan détaillé de réorganisation. Ce plan prévoyait l'envoi régulier de fonctionnaires du gouvernement central dans les provinces afin de vérifier l'application des décrets impériaux, une pratique inédite. Par égard pour les provinces, les nouvelles armées devaient être contrôlées et levées par elles, mais resteraient en dernier ressort responsables devant le trône et pourraient être mobilisées par lui en cas de besoin. Les huit bannières n'étaient notamment pas incluses dans le programme de réforme. Le rapport soulignait la nécessité de disposer d'officiers spécialisés et instruits, ainsi que d'officiers d'état-major et de première ligne, avec une préférence pour les candidats formés dans les académies militaires. La solde des officiers devait être augmentée afin de couvrir leurs frais de subsistance et de limiter la corruption, les sanctions étant alourdies pour les contrevenants. Les officiers reçurent un règlement précis et furent appelés à commander leurs hommes, contrairement aux instructeurs qui, faute d'officiers qualifiés, étaient souvent employés pour former les soldats. Ces officiers intérimaires se révélèrent incompétents au combat et les hommes leur accordèrent peu de confiance. Il fut donc attendu des officiers qu'ils forment leurs propres hommes. Le taux d'alphabétisation des recrues devait atteindre 20 %, et un système de promotion et de rétrogradation devait être instauré. Ces hommes alphabétisés formeraient les sous-officiers de l'armée. Un système de pensions et de récompenses, resté lettre morte depuis 1737, devait être rétabli, avec des récompenses pour bravoure et services rendus, incluant des pensions pour les retraités, les morts et les invalides.

Soldats et officiers de la Nouvelle Armée photographiés en 1911.

Un système de services médicaux et logistiques de type occidental fut également recommandé, couvrant la ligne de front et les hôpitaux de campagne. Le rapport préconisait aussi la standardisation de l'armement sur un modèle simple, durable et moderne. L'armée elle-même fut divisée en trois catégories, selon le modèle occidental : l'armée permanente, la réserve de première classe et la réserve de deuxième classe. Les soldats réguliers serviraient pendant trois ans, puis rentreraient chez eux et seraient enrôlés dans la première réserve pour trois années supplémentaires, suivies de quatre années dans la seconde réserve, avec une solde et une formation décroissantes selon le niveau de service[9].

Le rapport préconisait également un nouvel organigramme. L'organisation de base était un corps d'armée composé de deux divisions. Chaque division comprenait un état-major de deux brigades d'infanterie, un régiment de cavalerie et un régiment d'artillerie, un bataillon du génie et un bataillon des transports, ainsi qu'une fanfare. L'effectif autorisé d'une division était de 748 officiers et 10 436 sous-officiers et soldats, avec 1 328 personnels de soutien, soit un total de 12 512 hommes. Chaque corps d'armée devait disposer de 1 595 officiers, 23 760 hommes de troupe, 4 469 chevaux et mules, et 108 canons. On estimait que chaque corps coûterait 2 778 222 taels, soit 1 300 000 taels par division. Avec 36 divisions, cela représenterait une dépense annuelle minimale de 50 000 000 taels pour la nouvelle armée[9].

Une nouvelle grille de solde fut également instaurée, prévoyant des versements mensuels de 1 600 taels pour un commandant de corps, 1 000 taels pour un commandant de division, 500 taels pour un commandant de brigade, 400 taels pour un commandant de régiment, 180 à 260 taels pour un commandant de bataillon, 58 à 64 taels pour un commandant de compagnie, 25 taels pour un lieutenant, 5,1 taels pour un sergent, 4,8 taels pour un caporal, 4,5 taels pour un soldat de première classe, 4,2 taels pour un soldat et 3,3 taels pour un surnuméraire[9].

Une vague de réformes

Évaluation

Notes

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