Républicanisme irlandais
idéologie nationaliste irlandaise
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Le républicanisme irlandais est une idéologie politique opposée à la présence britannique en Irlande, et prônant la réunification de l'île en une république égalitariste.
Histoire
Au cours du XIXe siècle, le républicanisme irlandais est influencé par le radicalisme des républiques américaine et française. Vers le milieu du XXe siècle, l'influence prédominante devient marxiste-léniniste et anticolonialiste.
Le fondateur du républicanisme irlandais est le protestant Theobald Wolfe Tone ; son mouvement, les United Irishmen, s'inspire des Patriots américains et des Patriotes de la France révolutionnaire. À la fin du XVIIIe siècle, cette idée est portée par la bourgeoisie libérale protestante d'Irlande et par la paysannerie catholique. Après l'échec de la rébellion irlandaise de 1798, la bourgeoisie protestante se divise, comme en France les Légitimistes et les Orléanistes ; d'un côté, un camp libéral et modéré se range du côté de l'Establishment anglais ; de l'autre, un libéralisme qui est pourtant trop conservateur pour les républicains irlandais ; comme leurs homologues radicaux de l'époque, ils réclament une démocratisation profonde, à commencer par l'égalité de vote (suffrage universel) ; un camp réactionnaire milite pour la préservation du discrimination (Orangisme et loyalisme)[1].
À la différence de ses homologues français ou américains, ce contexte ethno-religieux au sein du Royaume-Uni a produit deux poles dans le républicanisme irlandais[2]. L'un est révolutionnaire, laïque et égalitariste ; il est inspiré par le républicanisme radical des révolutions française et américaine et le Printemps des peuples de 1848 ; il mythifie l'ancienne union rompue entre catholiques et protestants ; ce sentiment est symbolisé par le drapeau irlandais, union du vert des Irlandais et de l'orange des Orangistes[1].
Cependant, dans un contexte de discrimination politique ethnique et religieuse (voir : anticatholicisme au Royaume-Uni, les lois pénales, et le mouvement pour les droits civiques en Irlande du Nord), le républicanisme irlandais contient aussi une philosophie compatible avec le cléricalisme catholique, un nationalisme catholique où l'on voit des influences de Maurice Barrès et Charles Maurras.
Commencée au XIXe siècle, à l'instar de mouvements républicains radicaux contemporains, tel les Carbonaris, l'action armée fait partie de la tradition républicaine irlandaise. Son histoire est émaillée de soulèvements et de groupes armés clandestins : les Irlandais unis dans les années 1790, la Jeune Irlande vers 1848, le Fenian Brotherhood vers 1860, l'Irish Republican Brotherhood vers 1880, les Volontaires irlandais vers 1916, et l'Armée républicaine irlandaise et ses successeurs présumés (Irish Republican Army (1922-1969)) et homonymiques (Armée républicaine irlandaise provisoire) depuis 1919[1].