Messagers de l'islam
prophètes ayant reçu par Révélation un ou plusieurs Livres
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La différence entre Messager et Prophète
L'islam est une « religion du Livre » (religion abrahamique) qui s'inscrit dans un modèle d'histoire « d'annonces successives transmises par des prophètes à des peuples qui restent globalement sourds à l'invitation qui leur est faite de reconnaître leur Seigneur et de se laisser guider par Lui »[2] (voir « Récit de punition »). Le premier terme utilisé pour les désigner - Nabî - est un emprunt à l'araméen et désigne un prophète. Le second terme est celui de Rasul, « messager »[2]. Ce terme est tardivement appliqué à Mahomet[2]. À La Mecque, Mahomet est un nadhir (« avertisseur [du Jugement] »). Cette récupération de termes bibliques, comme rasul, pourrait être liée à son arrivée à Yathrib (Médine), ville possédant une présence juive[3].
Cette polarisation dans les rôles des prophètes existe déjà dans le monde chrétien. Pour Chéno, « une piste pourrait s’ouvrir si on voulait rapprocher l'arabe nabî et rasûl du grec chrétien correspondant, prophètès et apostolos »[4],[5].
Messagers de l'islam
Selon le Coran, Allah, le Dieu unique, envoya de nombreux prophètes à l'humanité. Parmi eux, certains reçurent par Révélation un ou plusieurs Livres, tels que Abraham, Moïse, David, Jésus, et Mahomet[6] ; sont aussi considérés comme des Rusul (sans toutefois avoir recu un livre) : Noé, Ismaël, Loth, Hûd, Ṣâliḥ et Chou'ayb[2]. L'ismaélisme, une branche du chiisme, a développé l'idée d'une supériorité des rusul sur les anbiya (pluriel de nabi)[4]. Pour certains auteurs musulmans, Alexandre le Grand[7], eu égard à sa puissance sur terre, était soit un nabi soit un rasul[8].
Les rusul législateurs sont[9] :
Les prophètes auxquels le Coran attribue la dignité de rasūl sont au nombre de neuf[9] :
Par extension, dans une perspective non-musulmane, le terme rasul est aussi employé pour désigner Mani, Bouddha et Zoroastre[10].