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Siège d'Oran et de Mers el-Kébir (1708)

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Le siège d'Oran et de Mers el-Kébir est la prise des présides d'Oran et de Mers el-Kébir par la régence d'Alger face à l'Espagnols en 1708. Elle est conduite par Mustapha Bouchelaghem, le bey de Mascara. Oran tombe entre le 19 et le 21 janvier 1708, tandis que Mers el-Kébir capitule le 3 avril suivant[1]. Cette victoire ouvre une première période, de 1708 à 1732, pendant laquelle la ville demeure sous l'autorité de la régence d'Alger avant sa reprise par les Espagnols.

Date
(5 mois et 3 jours)
Casus belli Razzia espagnole sur la tribu des Béni Amer
Issue Victoire de la régence d'Alger
Faits en bref Date, Lieu ...
Siège d'Oran (1708)
Description de cette image, également commentée ci-après
Le Fort de Santa-Cruz à Oran.
Informations générales
Date
(5 mois et 3 jours)
Lieu Oran, Algérie
Casus belli Razzia espagnole sur la tribu des Béni Amer
Issue Victoire de la régence d'Alger
Changements territoriaux Perte du préside d'Oran et de Mers el-Kébir par les Espagnols jusqu'en 1732
Belligérants
Régence d'Alger Empire espagnol
Commandants
Bey Bouchelaghem Melchor de Avellaneda
Forces en présence
inconnues inconnues
Pertes
inconnues inconnues

Conflits algéro-hispaniques

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Contexte

Les Espagnols voient une dégradation de leurs relations avec l'environnement d'Oran. Les "Maures de paix", communautés liées aux autorités du préside par des pactes annuels prévoyant notamment le versement de tributs en céréales et en marchandises ainsi que la remise de présents aux chefs locaux, rompent progressivement leurs relations avec la place, ce qui contribue à son isolement[2].

La trêve conclue en 1701 entre la monarchie espagnole et la régence d'Alger, favorisée par la menace représentée par le sultan Moulay Ismaïl, est rompue en mars 1703. Sous le gouvernement de Juan Francisco Manrique de Araña, les Espagnols et leurs alliés attaquent les Béni Amer, tuant environ 80 personnes et en capturant 250, puis s'en prennent aux Béni Rajes sur le chemin du retour. Cette expédition provoque la réaction du bey de Mascara, Mustapha Bouchelaghem, et du dey Hadj Mustapha[2].

Le bey Mohammed ben Youssouf — plus connu sous le nom de Bouchelaghem, "l'homme à la moustache", ou comme le terrible Bigotillo par les Espagnols — est au fait des difficultés des Espagnols, empêtrés dans la guerre de Succession d'Espagne. À partir de 1703, il mobilise ses troupes et ses alliés afin d'interrompre les relations commerciales entre Oran et son arrière-pays. Les attaques menées entre 1703 et 1705 sont d'abord repoussées grâce à des renforts arrivés de la péninsule Ibérique, mais le blocus terrestre est poursuivi après l'élection du dey Hussein Khodja en octobre 1705. Le 26 mai 1706, une armée plus importante commandée par Bouchelaghem établit son camp à La Zeñuela, à une lieue d'Oran, resserrant l'encerclement de la place[3].

La phase finale du siège commence au printemps 1707, lorsque le dey Mohammed Baktache envoie une force dirigée par Ouzoum Hassan. Le 1er novembre 1707, celui-ci s'empare du fort Saint-Philippe.

Bataille

Le bey prend possession des hauteurs de l'Aïdour (Santa Cruz), d'où il fait pilonner les positions espagnoles par ses tobdjias, ses canonniers, à qui il doit son succès.[4][5]

Selon les estimations d'Antoine Sénéchal, les forces réunies par la régence comprennent entre 3 000 et 6 000 janissaires, plusieurs milliers d'auxiliaires et d'alliés maghrébins, ainsi qu'un ingénieur britannique et des mineurs européens. Elles disposent de dix à douze canons, de huit mortiers, de bâtiments de transport et de six à huit galiotes destinées à compléter le blocus terrestre par un blocus maritime. Les effectifs totaux restent toutefois incertains[6]. La garnison espagnole est estimée à environ 1 900 hommes en 1703, renforts temporaires compris, mais elle tombe à moins de 1 400 hommes en 1707, notamment après le transfert d'une partie de ses troupes vers la péninsule Ibérique pendant la guerre de Succession. Entre 3 094 et 3 531 soldats et condamnés affectés au service militaire sont ensuite envoyés vers Oran et Mers el-Kébir. Leur arrivée est néanmoins tardive et leur expérience militaire inégale. Des vivres, des armes, des munitions, des outils et des vêtements continuent également d'être acheminés vers les deux places malgré les retards et les difficultés du blocus[7].

Oran tombe entre le 19 et le 21 janvier 1708, la date du 20 janvier étant retenue par Ismet Terki Hassaine. Mers el-Kébir poursuit sa résistance après la perte d'Oran et capitule le 3 avril 1708[1],[8].

Conséquences

Ce succès militaire des Algériens surprend le gouvernement espagnol mais aussi les observateurs européens de l'époque ; dans le monde musulman, il est présenté comme une victoire sur la chrétienté. La ville d'Oran, presque désertée au moment de sa prise, se repeuple rapidement avec des habitants venus de différentes régions de l'Ouest, notamment des artisans et des commerçants. Le commerce se développe également avec l'installation de négociants juifs et français, dont l'un, Decaux, porte le titre de consul de France[8].

Après la prise de 1708, Oran accueille des négociants juifs et français ainsi qu'un afflux important d'artisans, principalement des maçons et des menuisiers[8]. La ville connaît alors une première période sous l'autorité de la régence d'Alger, de 1708 à 1732, avant sa reprise par les Espagnols. La seconde occupation espagnole s'achève en février 1792 avec l'évacuation définitive d'Oran et de Mers el-Kébir, qui repassent sous l'autorité de la régence d'Alger

Références

Bibliographie

Voir aussi

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