Restriction de l'accès au bain
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La restriction de l'accès au bain d'une catégorie de la population est une mesure discriminatoire consistant à restreindre ou supprimer l'accès aux bains publics ou aux étendues d'eau à une catégorie de la population. La raison invoquée est souvent liée à l'hygiène, la décence publique, la sécurité ou la religion, mais ces restrictions sont souvent accusées de participer à une mécanique d'oppression, souvent raciste ou sexiste.
Les mesures de restriction peuvent être diverses : l'interdiction pure et simple de baignade, l'interdiction ou l'obligation de se baigner séparément (non-mixité), des restrictions sur la tenue de bain ou sur les formes de baignade autorisées.
En Grande-Bretagne, jusque dans les années 1930, les femmes avaient l'interdiction de se baigner dans les étendues d'eau douce. Les piscines, lacs, rivières, canaux, étangs, etc., étaient réservés aux hommes. Comme le relate l'écrivaine féministe Margaret Nevinson, il était courant de justifier l'interdiction par le fait que « Dieu a fait les rivières et les canaux pour les garçons[1] ». C'est en 1930 que George Lansbury, homme politique travailliste, ouvre sur une plage du Serpentine une des premières plages mixtes de Grande-Bretagne[1],[2].
Dès les années 1920, aux États-Unis, les piscines publiques sont interdites aux Noirs. Sous l'effet des lois anti-ségrégation, ces interdictions sont levées vers la fin des années 1950. Afin d'éviter la mixité raciale, de nombreuses villes privatisent leurs piscines publiques, ce qui permet de maintenir les dispositions ségrégationnistes[3].
Encore aujourd'hui, la majorité des piscines collectives des États-Unis sont gérées par des établissements privés et l'accès des minorités raciales et des plus défavorisés aux établissements de bains est difficile et peut mener à des altercations[3]. En , des collégiens afro-américains fêtant l'anniversaire d'une de leurs camarades de classe, Tatyana Rhodes, dans une piscine résidentielle de McKinney, au Texas, sont victimes de violences policières[3],[4] après l'agression de Rhodes par une résidente blanche proférant des injures racistes[5].
En 2015, pendant la crise migratoire en Europe, une piscine proche de la jungle de Calais réclame pièce d'identité et justificatif de domicile à l'entrée pour éviter la fréquentation de la piscine par les migrants. La mesure intervient alors que la fréquentation de la piscine est en baisse, la présence des migrants étant jugée « dérangeante » par les autres usagers, notamment à cause de rumeurs – infondées – sur les risques de gale ou de maladies infectieuses[6]. La décision est soutenue par la maire de Calais Natacha Bouchart et critiquée par les associations humanitaires sur place qui ont saisi le défenseur des droits sur la question[7]. En 2016, le bourgmestre de Coxyde, en Belgique, annonce son intention d'interdire la piscine municipale aux demandeurs d'asile, avant de se rétracter. L'annonce survenait après que, semble-t-il, un migrant d'origine irakienne ait été accusé à tort d'agression sexuelle pour être venu en aide à une fillette de 10 ans qui faisait une crise de panique dans un des bassins[8].