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Barrage de Loyettes

projet français abandonné de barrage hydroélectrique sur le Rhône From Wikipedia, the free encyclopedia

Le barrage de Loyettes est un projet abandonné de barrage sur le cours du Rhône, en France, entre les communes de Loyettes en rive droite (département de l'Ain et Saint-Romain-de-Jalionas en rive gauche (département de l'Isère).

Faits en bref Pays, Région ...
Barrage de Loyettes
Rhônergia
Le Rhône à Loyettes
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
Cours d'eau
Objectifs et impacts
Vocation
Date de la fin des travaux
Projet abandonné
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Il existe deux versions de ce projet, toutes les deux contestées. La première est avancée au début des années 1980, à l'initiative de la Compagnie nationale du Rhône, et doit finaliser l'aménagement du fleuve entamé à la fin du XIXe siècle. La seconde est proposée dans les années 2020, sous le nom Rhônergia. Aucune de ces deux tentatives n'aboutit.

Historique

Premier projet

En 1982, la Compagnie nationale du Rhône souhaite terminer l'aménagement hydroélectrique du Rhône en complétant le dispositif existant, comprenant entre autres les barrages de Cusset, de Pierre-Bénite et de Donzère-Mondragon en aval, mais aussi de Génissiat en amont, par plusieurs édifices juste avant l'arrivée du fleuve en région lyonnaise. Si les projets de Brégnier-Cordon et de Sault-Brénaz, contemporains, aboutissent sans heurts, celui de Loyettes se heurte à une mobilisation locale[1]. L'aménagement de Loyettes doit alors répondre au souci d'améliorer la navigation entre la plaine de l'Ain, où un parc industriel émerge, où fonctionne la centrale nucléaire du Bugey et où une ville nouvelle est un temps projetée, à l'agglomération de Lyon[2]. Un canal doit dévier les eaux du Rhône en amont du barrage, en les dirigeant vers une zone portuaire, puis par un axe rectiligne vers Villette-d'Anthon. La centrale hydroélectrique doit être positionnée sur le canal, environ 6 km en aval de la dérivation, à hauteur de Saint-Maurice-de-Gourdans.

La contestation citoyenne se concentre sur des arguments environnementaux, le projet devant artificialiser une des dernières portions du Rhône encore naturelle, et notamment altérer la confluence avec l'Ain[1]. Une Association de coordination pour la défense du fleuve Rhône et de la rivière d'Ain, mobilisant élus, bénévoles et riverains, est créée. D'autres collectifs s'engagent (Association de défense du site d’Anthon, Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature[3]). L'opposition croissante suscite l'intérêt du ministre de l'Environnement Michel Crépeau, qui se rend sur place, et d'Haroun Tazieff, ancien ministre et désormais élu de l'Isère, opposé au projet. En dépit de la désunion des opposants, le chantier ne commence jamais et le projet est annulé en raison de la protection d'une partie du site[4]. Cette annonce est faite en par Huguette Bouchardeau, secrétaire d'État chargée de l'Environnement[5].

En 1990, après de longs débats, la confluence Ain-Rhône est ajoutée sur la liste des sites classés[6].

Second projet

Au début des années 2020, le projet est réactivé par la Compagnie nationale du Rhône, comprenant à nouveau la création d'un barrage en amont de Loyettes, sans toutefois qu'un canal de dérivation et un aménagement portuaire ne soient cette fois envisagés. Si la confluence Ain-Rhône n'est pas concernée, des craintes naissent de la perturbation sédimentaire que laisse présager le barrage[7].

Le projet est estimé à 330 millions d'euros, et présenté comme le dernier grand chantier de barrage en France[8]. À l'horizon 2023-2033, il est alors prévu de créer un barrage avec une chute de 6,8 m, produisant une retenue de 22 km de long[9].

Une concertation publique est organisée de à . La synthèse de cette procédure rend compte de la difficulté de la CNR de répondre avec précision aux interrogations formulées, faute d'études suffisamment détaillées en amont[10]. Le barrage est corrélé à la création d'un nouveau pont routier sur le Rhône, et à la construction à venir d'une nouvelle centrale nucléaire.

Un collectif Stop Barrage se met en place. La perspective suscite aussi l'inquiétude de certains élus lyonnais, qui craignent que le chantier puis la mise en service du barrage n'aient des conséquences sur le brassage de sédiments pollués, à proximité des champs de captage d'eau potable, notamment celui de Crépieux-Charmy[11].

Le projet est à son tour abandonné fin [12],[13]. En , pour fêter l'anniversaire du retrait du projet, les opposants mènent une action d'enterrement symbolique[14].

Références

Voir aussi

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