Les rituels d'adoption du XVIIIe siècle ne sont pas des objets de divertissement ou de parodies maçonniques, mais s'inscrivent à part entière dans la construction de la franc-maçonnerie dès ses débuts dans les années 1740. Ils élaborent des thèmes et des problématiques complexes à l'image des « Écossismes » naissant. Les rituels d'adoption développent de fortes similitudes avec des ordres comme l'Ordre royal d’Écosse dans lequel ils puisent une partie de sa tradition historique et initiatique[1].
Le plus ancien rituel officiellement cacheté date de l’année 1761. Celui-ci est intitulé « Maçonnerie des Dames » ou « La maçonnerie d'adoption, par le Prince de Clermont, grand maître des Orients de France, décliné en quatre grades. » Les manuscrits des rituels du Marquis de Gages dont la loge est à Mons aux Pays-Bas Autrichiens sont datés de 1767.
Les rituels pratiqués par la « maçonnerie des dames » aussi appelée « maçonnerie des femmes » peuvent être classés en grandes familles :
- Simples : « Clermont », « Grand Orient » et « Troisième Tradition »,
- Mixtes : « Grand Orient et Clermont » et « Grand Orient et Troisième Tradition ».
Les rituels se distinguent de la franc-maçonnerie masculine car ses rituels ne sont basés sur la construction du temple mais sur d'autres thèmes :
Ces thématiques se réfèrent explicitement aux premiers chapitres du Livre de la Genèse. La présence de récits bibliques dans le Rite d'adoption est rapportée, entre autres, par l'étude de tabliers féminins en peau peinte datant de l’époque napoléonienne. Ainsi, les symboles les plus connus de la maçonnerie d’adoption sont : l'Arbre de la connaissance, l'Arche de Noé et l'Échelle de Jacob[3].
Si les rituels diffèrent de ceux pratiqués par les hommes, les franc-maçonnes d'adoption portent, comme eux, le tablier et les gants[4].
Au trois degrés symboliques furent ajoutés divers systèmes spécifiques de hauts grades maçonniques, dont il n'est toutefois pas certain qu'ils aient jamais existé ailleurs que sur le papier de leurs rituels[5]. Parmi les thématiques des hauts grades, celui de la Reine de Saba, sous le nom de « Princesse de la couronne » était le sommet d'une échelle en dix grades attestée à la fin du XVIIIe siècle[4].