Rue Patissíon
rue d'Athènes en Grèce
From Wikipedia, the free encyclopedia
La rue Patissíon (en grec moderne : Οδός Πατησίων, « rue de Patíssia ») est une des grandes artères d'Athènes.
| Pays | |
|---|---|
| Agence publique |
Administration décentralisée de l'Attique (en) |
| Périphérie | |
| District régional | |
| Municipalité | |
| Coordonnées | |
| Début |
Rue Panepistimíou (près de la place Omónia) |
| Fin |
| Type | |
|---|---|
| Longueur |
4500 |
| Lieu |
|---|
La partie sud de cette rue (jusqu'à Platía Amerikís) prend officiellement le nom de « rue du » («28ης Οκτωβρίου») en souvenir de la commémoration du jour du refus par la Grèce en 1940 de l'ultimatum de Benito Mussolini.
Situation et accès
Elle constitue un grand axe sud-nord qui relie la Place Omónia à Patíssia, un des grands quartiers nord du dème d'Athènes. Avec une longueur de 4,5 km, cet axe débute dans la communauté municipale 1, traverse la communauté municipale 6 et se termine dans la communauté municipale 5 du dème d'Athènes.
Elle est ainsi la colonne vertébrale du quartier Mousío, qu'elle traverse du sud au nord (de la rue Panepistimíou à l'avenue Alexándras) jusqu'à la place Egýptou. Puis elle fait office de frontière entre sept quartiers successifs à l'ouest (Platía Victoria, Aristotelous, Amerikis, Koliatsou 1, Koliatsou 2, Agia Paraskavi, Kloranidou, et Ano Patísia) et sept quartiers successifs à l'est (Pedio Areos-Scholi Evelpidon, Agios Georgios Kypselis, Fokionos Negri, Agias Zonis, Kato Patisía 1, Agios Loukas, Kypriadou, et Agia Varvara)[1].
Métro
La rue Patissíon se termine à la station de métro Ano Patíssia de la ligne verte. Dans sa partie sud, la rue est parallèle à la rue du 3 Septembre (el), et donc au tracé du tronçon Omónia-Victória de cette même ligne, bénéficiant donc de la desserte par ces deux stations.
Tram
La rue Patissíon a été parcourue dans son histoire par des trams hippomobiles dès 1882, remplacés en 1908 par des trams électriques[2], mais ce mode de transport a désormais disparu de cette artère. La rue étant engorgée de bus, les projets de retour d'un tram reviennent souvent[3]. En particulier il est régulièrement question d'un prolongement du réseau existant par un tronçon Sýntagma-Egýptou. Cette voie de tram qui emprunterait la rue Patissíon pour traverser tout le quartier Mousío a de nouveau été évoquée par l'organisme des transports d'Athènes (OASA) en avril 2026[4].
Trolleys et bus
La rue Patissíon est un axe important des transports en commun sur route, avec de nombreux bus et trolleybus qui y circulent. Des voies de bus y sont donc aménagées.
Origine du nom
Elle porte le nom de «Οδός Πατησίων», « rue de Patíssia » (nom pluriel décliné au génitif), du nom du quartier de Patíssia qu'elle rejoint au nord.
D'après Edmond About[5], le village qui est devenu quartier, « était, sous les Turcs, la résidence du pacha. Le nom de pacha, ou padischah, lui est resté, un peu corrompu il est vrai : les Athéniens disent Patissia ».
Histoire
Historique de la construction

À la fin de la période ottomane de la Grèce, en 1821, l'entrée à Athènes par le nord se fait par une route antique campagnarde non pavée, la route de Patissia, qui relie Athènes au bourg de Kifissia[6]. Déjà dans le plan de Kleanthis-Schaubert de 1833, missioné dès son intronisation par le roi Othon, cette artère est primordiale de par sa connection avec la place structurante de tout le projet : la place Omonía[6]. Pour satisfaire less protestations conte les expropriations, le plan de Klenze de 1834 modifie le plan précédent mais conserve la structration autour de la place Omonía. Le plan ne sera que partiellement mis en oeuvre, mais il provoque une urbanisation rapide des terrains éloignés du centre ancien, entre 1830 et 1850. Ainsi, la ville s'étire le long de l'axe rue Athinás / rue Patissíon vers le nord[6]. La transformation de la route campagnarde en artère urbaine commence en 1841[7].
Dans le chapitre 9 de la Grèce contemporaine d'Edmond About publié en 1854, le paragraphe 5 commence par une description de la route de Patissia[5]. Il la décrit comme une route mal entretenue bordée d'arbres morts mais qui est le « turf des Athéniens » avec « un des beaux panoramas du monde ». A cette époque, « le monde élégant d’Athènes a pour distraction principale, en été comme en hiver, la promenade sur la route de Patissia. On y vient à pied, en voiture, et surtout à cheval ».
Événements historiques
Le 8 rue Patissíon est un lieu important de mémoire de la résistance au nazisme pendant la seconde guerre mondiale. C'est cet immeuble qui fut dynamité le par la cellule de résistance PEAN (Πανελλήνιος Ένωσις Αγωνιζομένων Νέων (ΠΕΑΝ)) pour mette fin aux activités de l'organisation pro-nazie ESPO. Cette dernière, installée dans ce bâtiment, tentait de recruter une « légion hellénique » pour combattre parmi la division multinationale de la Waffen SS. Cette action qualifiée alors par les radios de Londres et Moscou comme « le plus grand acte de sabotage jamais perpétré en Europe occupée » tua 29 membres de l'ESPO et 48 soldats allemands[8].
Le soulèvement de l'université polytechnique d'Athènes, sise rue Patissíon, se produit du 14 au contre la dictature des colonels en Grèce. Le 23 juillet 1974, à l'annonce du retour de Konstantínos Karamanlís, figure de l'opposition à la dictature réfugiée à Paris, pour former un gouvernement d'union nationale, une foule se réunit pour célébrer dans la rue Patissíon, devant Polytechnique, devenu symbole de la chute de la dictature[9]. Chaque 17 novembre, jour férié pour les étudiants et professions universitaires, la rue Patissíon est un lieu de rassemblement pour commémorer ce soulèvement.
- Liesse sur la rue Patissíon, devant Polytechnique, le 23 juillet 1974.
- Le cortège sur la rue Patissíon le 17 novembre 1984.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire
La numérotation va du sud vers le nord, avec les numéros pairs à l'est, et les numéros impairs à l'ouest.
| No | Bâtiment | Photo | Quartier (district municipal) | |
|---|---|---|---|---|
| 13 -17 | Immeuble Minión (el) | Premier Grand Magasin de Grèce et icône pendant des décennies, mais fermé dans les années 1980, à la suite d'un incendie, l'immeuble a été rénové au début des années 2020[10] et a retrouvé une fonction commerciale[11]. | Mousío (Mousío-Exárcheia-Neápoli) | |
| 42 | Polytechnique | Site historique de l'université (depuis 1837), et symbole de la chute de la dictature des colonels, de par son soulèvement en 1973, il est le lieu de rassemblement des commémorations. La majorité des facultés sont désormais sur le campus de Zografou, construit dans les années 1980. | Mousío (Mousío-Exárcheia-Neápoli) | |
| 44 | Musée archéologique national | La plan de rénovation du musée par David Chipperfield adopté en mai 2026[12], inclut des interventions de rénovations urbaines pour la rue Patissíon. | Mousío (Mousío-Exárcheia-Neápoli) | |
| 51 | Palace Acropole (el) | Ce bâtiment (maintenant public) iconique de l'Art nouveau grec a été rénové à la fin des années 2010, après trente ans d'abandon d'un hôtel qui a marqué l'histoire du pays[13]. | Mousío (Mousío-Exárcheia-Neápoli) | |
| 55 | Résidence Livierátou (el) ou Résidence Ypatía | Mousío (Mousío-Exárcheia-Neápoli) | ||
| 61 | Maison de la Callas | Mousío (Mousío-Exárcheia-Neápoli) | ||
| 65 | Résidence Isaïa | Mousío (Mousío-Exárcheia-Neápoli) | ||
| 69 | Résidence Iasonídou | Ce bâtiment, dont la construction est estimée en 1910-1915 est emblématique du mouvement néo-baroque français. Il est le siège de la Confédération Générale des Travailleurs de Grèce depuis 1940[14]. | Place Victoría (Platía Attikis) | |
| 85 | Tour OTE | Ce bâtiment iconique, et site historique des télécommunications grecques, est en travaux pour notamment déplacer le musée de télécommunications[15]. | Place Victoría (Platía Attikis) | |
| 76 | Université d'économie | Pedio Areos-Scholi Evelpidon
(Pedio Areos - Evelpidon) | ||
| 348 | Construit en 1922-1923, ce bâtiment est considéré par les historiens de l'architecture comme le plus ancien véritable «Πολυκατοικία / polykatoikía» (immeuble d'habitation) d'Athènes[16]. |







