Wikiwand AI

Rue de la Chaussée-d'Antin

rue de Paris, en France From Wikipedia, the free encyclopedia

La rue de la Chaussée-d'Antin[1] est une voie du 9e arrondissement de Paris.

Faits en bref Situation, Arrondissement ...
9e arrt
Rue de la Chaussée-d’Antin
Voir la photo.
Vue de la rue avec l'église de la Trinité au dos.
Voir la plaque.
Situation
Arrondissement 9e
Quartier Chaussée-d'Antin
Début 4, boulevard des Capucines
384, boulevard des Italiens
Fin 73, rue Saint-Lazare
59, rue de Châteaudun
Morphologie
Longueur 578 m
Largeur 20 m
Historique
Dénomination 1712
Ancien nom Rue de la Grande-Pinte
Rue Mirabeau
Rue du Mont-Blanc
Géocodification
Ville de Paris 1940
DGI 1949
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Rue de la Chaussée-d’Antin
Géolocalisation sur la carte : 9e arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 9e arrondissement de Paris)
Rue de la Chaussée-d’Antin
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons
Fermer

Situation et accès

La rue vers l'église de la Sainte-Trinité.

Elle relie l'église de la Sainte-Trinité au nord aux Grands Boulevards au sud.

Elle est desservie par les stations de métro Chaussée d'Antin - La Fayette (lignes 7 et 9) et Trinité - d'Estienne d'Orves (ligne 12).

Origine du nom

Elle porte ce nom en raison de son voisinage avec l'ancien hôtel d'Antin.

Historique

La chaussée d'Antin avant la Première Guerre mondiale.

Au XVIIe siècle, le chemin des Porcherons reliait la porte Gaillon (une des portes de l’enceinte édifiée sous Louis XIII) au petit village des Porcherons situé plus au nord, en traversant un espace marécageux.

La rue porte le nom de « chaussée », car en raison du terrain marécageux, il a fallu la surélever, la poser sur du remblai. À la hauteur de la rue de Provence, la chaussée franchissait le Grand Égout de deux mètres de large environ, par un pont appelé pont de l’Hôtel-Dieu[2]. La rue est d’abord nommée ruelle de la Grande-Pinte, chaussée-Gaillon, puis rue de l’Hôtel-Dieu parce qu’elle menait à la ferme de l’Hôtel-Dieu, située rue Saint-Lazare[3].

Les fréquents séjours de Louis XV dans Paris amenèrent à y construire de splendides demeures, tel l’hôtel de Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin, duc d’Antin (1665-1736), fils de la marquise de Montespan et surintendant des Bâtiments du Roi, qui donna son nom à la rue dès 1712. L'ordonnance du a porté la largeur de la rue à 8 toises et l'a prolongée jusqu'aux boulevards.

Sous la Révolution elle est débaptisée « rue Mirabeau » ou « rue Mirabeau-le-Patriote » (1791-1793). Dénommée ensuite « rue du Mont-Blanc » (1793-1816), la voie devient le centre des quartiers bourgeois du Paris du début du XIXe siècle, habité surtout de la haute bourgeoisie orléaniste, et opposé au Marais peuplé de la noblesse et du clergé légitimiste[4]. Bien qu'officiellement renommée « rue de la Chaussée-d'Antin » en 1816, son ancien nom semble avoir été encore en usage quand Alexandre Dumas y résida, à son retour de Florence, d' à puisque son adresse est couramment indiquée comme étant le no 45 de la « rue du Mont-Blanc »[5],[6],[7].

Sous le Consulat, la rue est dotée d’un trottoir malgré les protestations des riverains qui ont la charge de l’entretien. Ce trottoir est interrompu de nombreuses fois devant chaque porte cochère[8].

Au cours du même siècle, des magasins remplacent les anciennes résidences. En 1905, les Galeries Lafayette, fondées en 1894 dans le voisinage, s'agrandissent et s'étendent désormais jusqu'à la rue de la Chaussée-d'Antin.

Le [9],[10], elle fait l'objet, avec la rue de Mogador qui lui est parallèle, d'une mise en sens unique avec retour, la première à Paris[11].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Plaque au no 42.
Plaque au no 2.
Plaque au no 62, lieu de décès du général Maximilien Sébastien Foy.
Plaque au 1, rue Lafayette.
Hôtel de Mlle Guimard.
Entrée de l'hôtel du général Moreau.
Panneau Histoire de Paris
« Hôtel Moreau ».
Vue de la rue de la Chaussée-d'Antin du haut du clocher de l'église de la Sainte-Trinité. Au premier plan, la rue de Châteaudun sur la gauche, la rue Saint-Lazare sur la droite.

Plusieurs beaux hôtels (aujourd'hui disparus) furent construits dans la rue, car le quartier avait la réputation d'un air plus sain que le centre de Paris.

Carrefour de la rue et du boulevard Haussmann ; au milieu le n°13 de la rue.
  • No 18 : emplacement de l'atelier du photographe Ferdinand Carlier (1829-1893)[21].
  • No 20 : en fond de parcelle, hôtel Lakanal dit également hôtel du général Moreau, construit en 1797 par l'architecte François-Nicolas Trou dit Henry pour Joseph Lakanal, ancien conventionnel et membre du Conseil des Cinq-Cents. On ignore si Henry fut également l'architecte des maisons construites sur la rue, nos 18 à 22, pour lesquelles un permis de construire fut délivré au Sr Bonin en 1790. L'hôtel est un édifice de deux étages avec portique d'entrée présentant l'originalité d'un ordre ionique sans base. Une aile est ajoutée en 1801. Au milieu du XIXe siècle, l'hôtel et l'aile sont surélevés de deux niveaux et les façades sont modifiées. En 1977, 400 fragments sculptés appartenant à la façade de Notre-Dame de Paris sont retrouvés dans la cour de cet hôtel, notamment les têtes des statues des rois de Juda de la façade de la cathédrale, qui avaient été détruits par les révolutionnaires qui croyaient qu'il s'agissait des rois de France. Depuis 2013, cet ancien hôtel d'époque Directoire abrite le siège du Conseil supérieur de la magistrature[22].
No 23.
  • No 44 : domicile du compositeur Isaac Strauss, où il meurt en 1888.
  • No 45 : ancien siège de la Banque de Saint-Phalle et de la Banque parisienne privée (1919-1936).
  • No 46 : s'y trouvait le restaurant « Chez Meunier », ouvert de 1912 à 1938, auquel Francis Ponge a consacré un poème[27].
  • No 57 : au XVIIe siècle, la rue était traversée par un petit pont appelé « pont de l’Hôtel-Dieu qui franchissait un ruisseau « fétide et noir ». Au-delà cet emplacement, se trouvaient la ferme de l’Hôtel-Dieu (d’où le nom qu’a porté un temps la rue) et la barrière « des Petits-Porcherons » (ou d’Antin)[2],[28].
  • No 62 : le général Maximilien Sébastien Foy y est mort ; une plaque lui rend hommage.
  • No 68 : hôtel du cardinal Fesch, archevêque de Lyon et oncle de Napoléon.
  • No 70 et intersection de la rue Saint-Lazare devenue place d'Estienne-d'Orves : emplacement de la caserne du Mont-Blanc, également appelée caserne Clichy, caserne Lazare ou caserne Saint-Lazare, l'une des casernes des Gardes françaises.
  • Le Cabaret de la Grande Pinte se trouvait à l'emplacement actuel de l'église de la Trinité. Ouvert en 1724, il pouvait accueillir 600 personnes pour des réjouissances populaires[29].

Dans la littérature

Au XIXe siècle, les aristocrates de cette rue sont en rivalité permanente avec ceux du faubourg Saint-Germain dans La Comédie humaine d'Honoré de Balzac. Si leurs blasons sont moins anciens, ils sont cependant plus riches et très puissants comme Frédéric de Nucingen ou madame de Sérisy[30].

Dans Le Colonel Chabert, Balzac écrit[31] :

« Avec quelle joie et quelle promptitude j’allai rue du Mont-Blanc, où ma femme devait être logée dans un hôtel à moi ! Bah ! la rue du Mont-Blanc était devenue la rue de la Chaussée-d’Antin. Je n’y vis plus mon hôtel, il avait été vendu, démoli. Des spéculateurs avaient bâti plusieurs maisons dans mes jardins. »

Notes et références

Pour approfondir

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks