République de Fredonia

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Carte de la république de Fredonia, 1835.

La république de Fredonia (ou rébellion de Fredonia), du au était la première tentative de colons américains au Texas sous domination mexicaine de faire sécession. Les colons, menés par Haden Edwards, un empresario (agent d'immigration), déclarèrent l'indépendance du Texas mexicain et créèrent la république de Fredonia près de Nacogdoches. L'éphémère république englobait des terres que le gouvernement mexicain avait accordé à Edwards en 1825 et des zones précédemment colonisés. Les agissements d'Edwards étaient la cause d'hostilités croissantes entre les résidents établis et les nouveaux colons recrutés par Edwards, incitant le gouvernement mexicain à révoquer son contrat. En , un groupe de partisans d'Edwards prit le contrôle de la région, en arrêtant et destituant plusieurs officiers municipaux affiliés aux résidents locaux. Un mois plus tard, les partisans d'Edwards déclarent leur indépendance.

Bien que la tribu d'Amérindiens Cherokees voisine signa un traité avec la nouvelle république, les autorités mexicaines et l'empresario respecté Stephen Austin convainquirent les chefs tribaux de rejeter la rébellion. Le , une force de 100 soldats mexicains et 250 miliciens de la colonie d'Austin, marchèrent sur Nacogdoches pour restaurer l'ordre. De nombreux participants à la rébellion dont Edwards fuirent pour les États-Unis. Un commerçant local fut arrêté et condamné à mort mais plus tard gracié.

La rébellion incita le président mexicain Guadalupe Victoria à renforcer la présence militaire dans la région. En conséquence, plusieurs tribus amérindiennes hostiles arrêtèrent leurs raids sur les colonies et acceptèrent de signer des traités de paix. Les Comanches respectèrent ces traités pendant de nombreuses années. Craignant que les États-Unis espèrent contrôler le Texas grâce à une rébellion, le gouvernement mexicain réduisit considérablement l'immigration au Texas. La nouvelle loi sur l'immigration fut âprement contestée par les représentants des colons. Elle causa une contestation croissante du gouvernement mexicain. Certains historiens considèrent que, bien que précoce, la république de Fredonia a jeté, avec neuf ans d'avance, les bases de la future révolution texane en 1835.

Après avoir conquis leur indépendance de l'Espagne en 1821, les provinces composant le Mexique décident de s'unir. Parmi elles, le Texas mexicain devient une région de l'Etat de Coahuila y Tejas. Celui-ci est divisé en départements, dont celui de Béxar, qui inclut l'ensemble de l'actuel Texas. Il est lui-même divisé en municipalités, chacune gouvernée par un alcalde, l'équivalent du maire. Une large partie du Texas oriental est regroupé au sein de la municipalité de Nacogdoches, majoritairement peuplée d'hispanophones mais connaissant un afflux de plus en plus important d'anglophones, qui s'y sont installés à l'occasion de la guerre d'indépendance mexicaine. Souvent arrivés illégalement, ils appartiennent parfois à des milices et tentent de se rendre indépendants du Mexique.

En 1824, le jeune gouvernement mexicain tente d'accroître son autorité dans une région peu peuplée, en favorisant l'établissement de nouveaux colons, au travers de la loi de colonisation générale. Chaque Etat fédéré est alors libre d'organiser son immigration. Après quelques débats, celui de Coahuila y Tejas met en place un système dans lequel des terres sont octroyées aux empresarios, chargés ensuite d'y installer des colons pour les exploiter. Ainsi, à chaque fois que l'un d'eux favorise l'arrivée de cent familles, il reçoit 23 000 hectares de terres à cultiver. Rapidement, les empresarios se constituent en groupe de pression avec des personnalités comme Haden Edwards, connu pour son agressivité. En dépit de ses manières, il obtient un contrat de colonisation particulièrement intéressant qui l'autorise à installer 800 familles dans l'est du Texas. Le contrat stipule aussi que Edwards doit reconnaître tous les titres de propriété préexistants dans la région, lever une milice pour assurer la protection des colons et autoriser le commissaire gouvernemental à certifier tous les droits de propriété.

Le territoire d'Edwards comprend les terres allant du fleuve Navasota jusqu'à près de cent kilomètres à l'ouest de la Sabine et d'une centaine de kilomètres au nord du golfe du Mexique jusqu'à une soixantaine de kilomètres au nord de Nacogdoches. A l'ouest et au nord, les terres sont occupées par des Amérindiens, récemment expulsés des Etats-Unis. La frontière sud la sépare d'une colonie supervisée par Stephen Austin, le fils du premier empresario du Texas. Enfin, à l'est, se situe la Zone neutre entre la rivière Sabine et la rivière Calcasieu, disputée entre le Mexique et les Etats-Unis. Bientôt, des conflits d'autorité apparaissent entre Edwards et la municipalité de Nagogdoches, tandis que l'essentiel des colons s'installe au-delà de la frontière orientale de la colonie d'Edwards.

Prélude

Edwards arrive à Nacogdoches en août 1825. Croyant à tort qu'il a le pouvoir de déterminer la validité des titres de propriété existants, Edwards demande la preuve écrite des droits de propriété. À défaut, la terre serait vendue aux enchères. Par ailleurs, il n'hésite pas à s'en prendre surtout aux propriétaires les plus pauvres. En les chassant, il peut donner leurs terres à des individus plus riches, souvent venus des Etats-Unis.

Dans l'ensemble, très peu de résidents anglophones ont un titre de propriété valable. La plupart relève de la catégorie dite des flibustiers, arrivés au Mexique en étant parfois trompés par des spéculateurs fonciers peu scrupuleux. En revanche, les Hispanophones jouissent souvent de propriétés déjà anciennes mais ils sont incapables d'en produire la preuve écrite. Pour éviter tout contentieux, les autorités municipales se mettent à régulariser les occupations de longue date, alors même que cette tâche relève du commissaire gouvernemental. Edwards en profite pour les accuser de produire de faux titres, contribuant à susciter un climat de plus en plus tendu.

Vers décembre 1825, Edwards recrute cinquante familles qui quittent les Etats-Unis. Il organise ensuite une milice texane ouverte aux colons et aux habitants déjà présents. Cependant, les premiers membres élisent comme capitaine Sepulveda, le clerc de la municipalité de Nacogdoches. Edwards réagit en annulant l'élection et en se proclamant lui-même chef de la milice. Bientôt, il va plus loin et décide d'appeler à élire un nouvel alcalde. Deux hommes se présentent, dont le beau-fils d'Edwards, Chichester Chaplin, vu comme le représentant des nouveaux colons et Samuel Norris, un Américain marié à une native de la région, proche des propriétaires terriens établis. Après la victoire de Chaplin, de nombreux résidents dénoncent une fraude et en appellent à Juan Antonio Saucedo, le chef du département de Béxar. En mars, il annule l'élection et proclame Norris vainqueur, ce que refuse Edwards.

Peu après la décision de Saucedo, Edwards recrute d'autres colons américains et quitte d'ailleurs le Texas pour susciter des vocations, laissant son jeune frère, Benjamin, agir en son nom. Bientôt, Benjamin est dépassé par les événements. Un groupe de miliciens issus des résidents originaires de la région se met à harceler les nouveaux venus. Face à ces tensions, les autorités mexicaines mettent fin à la concession de terres octroyée à Edwards et intiment à celui-ci et à son frère de quitter le pays. Le gouvernement s'inquiète alors probablement des raisons pour lesquelles Edwards s'est rendu aux Etats-Unis, possiblement pour y recruter des soldats plus que des colons. Edwards refuse d'obtempérer et d'abandonner des terres dans lesquelles il a investi pour 50 000 dollars (équivalant à plus d'un million de dollars en 2022). Il rejoint son frère à Nacogdoches à la fin du mois d'octobre 1826 et décide de poursuivre ses affaires en dépit de la décision gouvernementale.

Conflit

Conséquences

Sources

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