Immédiatement après la clôture du scrutin, une ovation a lieu dans la salle de l'Assemblée générale, à tel point que le Président de l'Assemblée générale, Abdulla Shahid, a eu des difficultés à proclamer le résultat du vote[1],[13],[11].
Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré « Le message de l’Assemblée générale est fort et clair : mettez fin aux hostilités en Ukraine – maintenant. Ouvrez la porte au dialogue et à la diplomatie – maintenant. L'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine doivent être respectées conformément à la Charte des Nations unies. Nous n'avons pas un instant à perdre. Les effets brutaux du conflit sont bien visibles … et menacent d'être pire, bien pire »[14],[11],[18].
Le Président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky, a déclaré sur Twitter : « Je suis reconnaissant à chacun et chaque État qui ont voté pour. Vous avez choisi le bon côté de l'histoire. Une coalition mondiale anti-Poutine s'est formée et est fonctionnelle. Le monde est avec nous. La vérité est de notre côté. La victoire sera notre ! »[19],[40],[41].
Lors du débat devant l'Assemblée générale, le représentant permanent de l'Ukraine auprès des Nations unies, Serhiy Kyslytsya, a déclaré que l'offensive russe a été déclenchée « pas seulement pour tuer certains d’entre nous et nous faire changer de cap et de
priorités, mais aussi pour priver l’Ukraine du simple droit d’exister […] Il est d’ores et déjà clair que l’objectif de la Russie n’est pas simplement l’occupation ; c’est aussi le génocide »[14],[42],[18]. Il en a appelé aux pays qui songeaient à s'abstenir : « d’aucuns pourraient être tentés de se dire " Ce n’est pas ma guerre ". Ce serait une erreur. Le mal ne s’arrête jamais. Il lui faut toujours conquérir plus d’espace. Si on le tolère, il s’étendra de plus en plus. Le [projet de résolution] est l’une des pierres du mur qui pourra l’arrêter, le stopper en Ukraine et ne pas le laisser aller plus loin. Ce mur nous protégera tous, en particulier les jeunes générations »[22],[43]. Il affirme que « Si l'Ukraine ne survit pas, la paix internationale ne survivra pas […] Ne nous faison pas d'illusions […] il ne faudra pas s’étonner de voir ensuite la démocratie échouer »[8].
Le représentant permanent de l'Union européenne auprès des Nations unies, Olof Skoog, insiste sur la signification du vote sur la résolution : « Il ne s'agit pas seulement de l'Ukraine. Il s'agit de défendre un ordre international fondé sur des règles que nous avons tous acceptés »[44]. Après le vote, il déclare « Le gouvernement russe est de plus en plus isolé. Le monde a déclaré qu'il doit immédiatement arrêter l'agression, retirer ses troupes, et respecter les règles de la Charte des Nations unies. La Russie a choisi l'agression. Le monde a choisi la paix »[45],[46].
Dans un communiqué, le Président des États-Unis, Joe Biden, a estimé que le vote « exposait au grand jour l’isolement » de la Russie et qu' « une immense majorité des nations reconnaissent que Poutine n’attaque pas seulement l’Ukraine, mais également les fondations même de la paix et de la sécurité dans le monde »[14]. Il affirme « Une majorité écrasante du monde a reconnu que si nous ne tenons pas tête à la Russie de Poutine, elle ne fera qu'infliger plus de chaos et d'agression sur le monde »[18].
Le Secrétaire d'État des États-Unis, Antony Blinken, a déclaré à la presse : « Comme le savent 141 États membres des Nations unies, il y a plus en jeu que le conflit en Ukraine même. Il s'agit d'une menace pour la sécurité de l'Europe et de l'ordre international basé sur les règles dans son entièreté »[47].
Avant le vote, la représentante permanente des États-Unis aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, a déclaré : « certains des Ukrainiens et des Russes les plus âgés se souviennent peut-être d’un moment comme celui-ci, un moment où une nation européenne agressive en a envahi une autre, sans provocation, pour revendiquer le territoire de son voisin ; un moment où un dictateur européen a déclaré qu’il allait rendre à son empire sa gloire passée ; et une invasion qui a provoqué une guerre si horrible qu’elle a donné naissance à l’Organisation des Nations Unies » [22]. Ella a affirmé que la Russie souhaitait utiliser des armes à sous-munitions et des armes thermobariques en Ukraine[14]. Elle ajoute que : « Il s’agit d’un moment extraordinaire […] Aujourd’hui, plus que jamais dans l’histoire récente, le rôle de l’ONU est remis en question […] Nous pensons que ce vote est simple. Les membres doivent voter pour ce projet de résolution s’ils estiment que les États membres, y compris leur pays, ont droit au respect de leur souveraineté et de leur intégrité territoriale. Ils doivent voter pour ce projet de résolution s’ils estiment que la Russie doit être tenue responsable de ses actes. Ils doivent voter pour ce projet de résolution s’ils croient en la défense de la Charte des Nations unies et de tout ce que cette institution représente »[47].
Après l'adoption, Mme Thomas-Greenfield s'est dite « fière d'avoir assisté à ce vote historique et écrasant pour la défense de l'Ukraine et de la Charte des Nations unies. 141 États membres ont voté pour être aux côtés de l'Ukraine et tenir la Russie responsable »[48]. Elle appelle à « conserver le momentum » pour tout faire pour aider le peuple ukrainien, tenir la Russie responsable et « mettre des actions fortes sur nos mots forts »[18].
Le Premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, a salué un vote historique et ajoute « Nous sommes unis dans notre exécration des actions malveillantes du régime de Poutine et nous nous tenons côte-à-côte sur la scène internationale pour déplorer son agression dans des termes les plus énergiques. Rarement le contraste entre le bien et le mal a été aussi frappant. 141 pays ont voté pour condamner la guerre de Poutine »[14],[40].
La représentante permanente du Royaume-Uni auprès des Nations unies, Dame Barbara Woodward, a déclaré « Nous avons tenu tête à ceux qui recherchent à redessiner les frontières du monde par la menace ou l'usage de la force. Si l'agression du Président Poutine contre l'Ukraine n'est pas contrôlée, quel pays pourrait être le prochain ? »[18].
La Ministre fédérale des Affaires étrangères de l'Allemagne, Annalena Baerbock, a déclaré pendant le débat : « La guerre de la Russie marque le début d’une nouvelle ère. Nous vivons un moment charnière. Les certitudes d’hier ont disparu. Nous sommes aujourd’hui confrontés à une nouvelle réalité qu’aucun d’entre nous n’a choisie. C’est une réalité que le Président Poutine nous a imposée ». Elle a interpellé son homologue russe avant le vote : « M. Lavrov, vous pouvez vous dupez vous-même, mais vous ne nous duperez pas. Vous ne duperez pas notre peuple, et vous ne duperez pas votre propre peuple »[19]. Après le scrutin, elle a remercié les États qui avaient soutenu ce « vote historique » et affirmé « quand notre ordre pacifique est attaqué, nous sommes ensemble »[4].
La représentante permanente des Émirats arabes unis auprès des Nations unies, Lana Nusseibeh, a déclaré à propos de la résolution : « nous y voyons le signal nécessaire pour indiquer la voie à suivre. Si nous nous résignons à un cycle perpétuel de violence et de sanctions qui ne fait qu’aggraver les souffrances des civils, nous nous en trouverons tous diminués. Nous avons voté pour la résolution afin de nous joindre aux autres États membres dans un appel en faveur de la paix – une paix juste et qui dure parce qu’elle tient compte des préoccupations légitimes de toutes les parties et respecte les principes d’indépendance, de souveraineté et d’intégrité territoriale inscrits dans la Charte des Nations unies ». Elle ajoute : « Malgré l’aggravation des dissensions, l’heure est venue de prendre du recul, de définir les voies de sortie diplomatiques et de nouer un dialogue constructif pour mettre fin au conflit. L’heure est également venue de mobiliser nos réserves de sagesse et d’expérience pour aller de l’avant »[28],[49],[50].
Le représentant permanent du Népal auprès des Nations unies, Amrit Rai, a rappelé que son pays était fermement opposé au recours à la menace ou à l'emploi de la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État souverain. Il a ajouté : « Il n'est jamais trop tard pour revenir sur la voie de la paix »[51].
Le représentant permanent d'Antigua-et-Barbuda auprès des Nations unies, Walton Webson, a déclaré au cours du débat : « Antigua-et-Barbuda appuie pleinement le projet de résolution dont est saisie l’Assemblée et appelle tous les membres, en particulier les petits États insulaires, à reconnaître qu’il protège les principes consacrés par la Charte. La force ne fait pas droit » (en anglais : Might is not right)[46].
La représentante permanente des États fédérés de Micronésie auprès des Nations unies, Jane Chigiyal, a affirmé à propos du récit russe pour tenter de justifier son agression : « Il ne s’agit pas d’une mission de maintien de la paix mais d’une guerre d’agression. Il ne fait pas l’ombre d’un doute qui est l’agresseur et qui est la victime ». Elle a ajouté que la Micronésie a rompu ses relations diplomatiques avec la Russie en signe de protestation et par solidarité avec le peuple ukrainien[46].
Le représentant permanent de la Jamaïque auprès des Nations unies, Brian Wallace, a également soutenu la résolution et conclu son intervention avec « les paroles éternelles et inspirantes de Bob Marley, levons-nous, dressons-nous, défendons les droits de tous les Ukrainiens, parce qu’aujourd’hui, nous sommes tous Ukrainiens »[46].
Le représentant permanent du Rwanda auprès des Nations unies, Robert Kayinamura, a déclaré : « Nous avons voté en faveur de cette résolution pour soutenir fermement le principe que la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de n'importe quel pays doivent être respectées. L'escalade militaire devrait cesser immédiatement, pour parvenir à un règlement pacifique de cette crise. La Russie et l'Ukraine ont la clé pour résoudre ce conflit. L'intervention extérieure ne fera qu'aggraver la situation. Nous soutenons pleinement les efforts internationaux en vue d'une désescalade de la guerre. Nous demandons aux parties concernées de faire preuve de calme et de chercher une solution à travers le dialogue pour s'assurer que les civils arrêtent de payer le plus lourd tribut. Une solution durable ne sera possible que si les parties dialoguent, et en prenant compte les préoccupations des deux camps. Nous sommes aussi inquiets par les rapports sur les Africains discriminés et empêchés de quitter l'Ukraine en sécurité pour atteindre les pays voisins. Nous demandons à tous les acteurs de permettre une évacuation sans entrave, sans considération pour la couleur ou l'origine »[52].
Le représentant permanent de la Turquie auprès des Nations unies, Feridun Sinirlioğlu, a déclaré : « un membre permanent [du Conseil de sécurité], qui s’est vu confier par l’ensemble des membres la mission de maintenir la paix et la sécurité, s’est livré à un acte d’agression injustifié, illégal et illégitime à l’endroit d’un membre fondateur de l’ONU, et […] ce membre du Conseil, qui est lui-même l’auteur de l’agression, a fait usage de son droit de veto. Nous nous devons de réaffirmer que l’offensive militaire que mène actuellement la Russie contre l’Ukraine constitue une violation flagrante des règles fondamentales du droit international et des principes sur lesquels l’Organisation qui est la nôtre a été fondée. Ces règles et principes visent à prévenir les guerres et à protéger l’humanité de leurs conséquences dévastatrices, des conséquences dont nous sommes malheureusement témoins en Ukraine et alentour en raison des attaques perpétrées par la Russie. La communauté internationale ne pouvait rester cantonnée au rôle de spectatrice face à un tel acte d’agression, et je suis fier que ce ne soit pas le cas aujourd’hui. En adoptant aujourd’hui la résolution ES-11/1, l’Assemblée générale a exprimé haut et fort sa position contre les violations flagrantes de l’indépendance, de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’unité politique de tout État membre […] Nous exhortons une fois de plus la Russie à prêter attention aux demandes de la communauté internationale et à répondre aux appels lancés par sa propre population pour qu’elle mette un terme à ses opérations militaires, qu’elle procède au retrait de toutes ses forces d’Ukraine, qu’elle revienne sur sa décision relative aux régions ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk, ainsi que sur son annexion de la Crimée, et qu’elle renoue sans plus attendre avec la diplomatie et le dialogue […] En tant que voisin et ami des peuples russe et ukrainien, la Turquie se tient prête à contribuer à un règlement pacifique du conflit »[49].
Pour sa part, le représentant de la Jordanie a déclaré : « La Jordanie a voté pour la résolution ES-11/1, qui vient d’être adoptée par l’Assemblée générale, afin de souligner l’importance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique des États. Nous estimons en outre que la force ne doit pas être employée dans les relations internationales, car elle est contraire aux dispositions du droit international et de la Charte des Nations unies »[49].
Le représentant du Liban a déclaré : « Le Liban a voté pour la résolution ES-11/1 parce que, en tant que membre fondateur de l’Organisation des Nations unies, nous croyons aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies […] Nous avons connu des invasions, l’occupation et l’ingérence dans nos affaires intérieures, et nous avons vécu la dévastation, la perte et la douleur dont nous subissons encore les conséquences aujourd’hui […] Le Moyen-Orient est particulièrement préoccupé par cette guerre, en raison des répercussions qu’elle aura sur l’Europe, mais aussi parce que nous savons par expérience que les événements qui surviennent en Europe ne se limitent pas à cette région. Nous savons que les deux guerres mondiales ont laissé de profondes cicatrices dans notre région du monde, qu’elles ont anéanti des pays et des espoirs, et nous en subissons encore les conséquences aujourd’hui. J’espère que nous tirerons toutes et tous les enseignements des guerres du passé et qu’à partir de maintenant, nous n’œuvrerons qu’en faveur de la paix »[49].
Quant au représentant du Bahreïn, il a précisé : « Mon pays a voté pour la résolution ES-11/1, car nous croyons fermement aux principes consacrés par la Charte des Nations unies et le droit international, en particulier les principes du bon voisinage, du règlement des différends par des moyens pacifiques et du respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de tous les États. Le Royaume de Bahreïn insiste sur son appui à tous les efforts déployés pour obtenir la fin des opérations militaires, favoriser le dialogue et faire primer les moyens diplomatiques »[49].
Le Ministère des affaires étrangères tunisien a publié un communiqué après le scrutin, expliquant le vote positif de Tunis : « la Tunisie a réaffirmé son attachement à la paix et au dialogue, estimant que la solution militaire n’a jamais prouvé son efficacité. Les pays signataires appellent à la cessation des opérations militaires en Ukraine afin de protéger des vies et créer les conditions d’une solution pacifique et permanente à cette crise »[23].
Le lendemain du vote, 3 mars 2022, le Premier ministre du Cambodge, Hun Sen, a justifié son vote positif sur la résolution devant une réunion de son gouvernement et de son parti. Il a dit espérer que la Russie, de qui il a toujours été proche, « comprendrait » la décision alors que la situation en Ukraine se dégrade, et a fait valoir que le Cambodge était un État souverain qui avait le droit d'agir mais également une responsabilité en tant que membre des Nations unies et devait « protéger la vérité ». Il a rappelé que le Cambodge a pour « politique étrangère de ne pas soutenir la partition d'un État » et est opposé à « l'usage de la force et [à] la volonté d'utiliser la force ou d'utiliser la menace de la force ». Il a précisé que la Cambodge avait co-parrainé la résolution à la demande de la France, du Japon, de l'Allemagne, et des États-Unis[53].
La représentante permanente de l'Afrique du Sud auprès des Nations unies, Mathu Joyini, s'est dite très préoccupée et a rappelé la nécessité de respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale des États mais aurait souhaité un texte permettant « la construction de ponts » entre les parties. Elle a déclaré : « la résolution ne crée pas un environnement favorable à la diplomatie, au dialogue et à la médiation. L'Afrique du Sud estime qu'un plus grand effort aurait dû être déployé pour rapprocher les parties en vue d'un dialogue. Le texte dans sa forme actuelle pourrait créer un fossé encore plus grand, au lieu de contribuer à une résolution du conflit. La résolution aurait dû accueillir avec bienveillance le début des négociations entre les parties. On sait que les causes d'un conflit sont liés à l'inquiétude des parties vis-à-vis de leur sécurité. Il aurait fallu aborder cela dans la résolution. L'Afrique du Sud estime que l'ONU devrait être utilisée comme une plateforme pour rapprocher les points de vue, régler les divergences d'opinion, fournir des recommandations et un soutien aux parties pour qu'elles se parlent dans un esprit de compromis. Tout en faisant baisser les tensions, en s'engageant à la cessation des hostilités, en construisant la confiance. Malheureusement, le texte qui est devant nous n'a pas fait cela »[52],[20].
Le représentant permanent de l'Inde auprès des Nations unies, T. S. Tirumurti, a appelé à une cessation immédiate des hostilités, affirmant qu'il n'y avait « pas d'autre choix que de revenir à la voie de la diplomatie »[8].
Le représentant permanent du Pakistan auprès des Nations unies, Mounir Akram, a déclaré : « Le Pakistan est attaché aux principes fondamentaux énoncés dans la Charte des Nations Unies, à savoir le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le non-recours à la menace ou à l’emploi de la force, la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les États et le règlement pacifique des différends. De même, le Pakistan défend le principe d’une sécurité égale et indivisible pour tous. Ces principes doivent être respectés de manière systématique et universelle […] Le Premier ministre Imran Khan avait déploré l’évolution récente de la situation entre la Russie et l’Ukraine et exprimé l’espoir du Pakistan que la diplomatie pourrait éviter un conflit militaire. Depuis lors, nous n’avons eu de cesse d’insister sur la nécessité d’une désescalade, d’une reprise des négociations, d’un dialogue soutenu et de la poursuite de l’action diplomatique. Tout doit être fait pour éviter une nouvelle escalade de la violence, du nombre de morts et des tensions militaires, politiques et économiques, qui risquent de faire peser une menace sans précédent sur la paix et la sécurité internationales et sur la stabilité économique mondiale […] Nous espérons que les pourparlers organisés à l’initiative des représentants de la Fédération de Russie et de l’Ukraine permettront d’obtenir une cessation des hostilités et une normalisation de la situation. Il est absolument indispensable de parvenir à une solution diplomatique basée sur les accords multilatéraux pertinents, le droit international et les dispositions de la Charte ». Il ajoute que le Pakistan soutenait tous les efforts humanitaires vers les zones touchées et était vivement inquiet par le sort des civils et étudiants pakistanais en Ukraine. La plupart de ces derniers ont été évacués ou le seront dès que possible, et il a remercié les autorités ukrainiennes, roumaines, polonaises et hongroises pour leur coopération à cet égard. La déclaration de l'ambassadeur Akram avait été approuvée préalablement par le Gouvernement du Pakistan[12].
Le représentant permanent de l'Ouganda auprès des Nations unies, Adonia Ayebare, a ainsi justifié l'abstention de son pays sur la résolution : « En tant que prochain président du Mouvement des non-alignés, la neutralité est centrale. L'Ouganda continuera de jouer un rôle important dans le maintien de la paix et de la sécurité tant à l'échelon régional que national »[54].
Le représentant permanent de la Chine auprès des Nations unies, Zhang Jun, a rappelé l'attachement de son pays à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de tout État et au règlement pacifique des différends conformément à la Charte des Nations unies. Il a qualifié la situation en Ukraine d'« alarmante » et de « véritablement déchirante », de manière plus sensible que d'ordinaire pour la délégation chinoise[18]. Cependant, il a déploré que la résolution « n’a pas fait l’objet de consultations approfondies avec l’ensemble des Membres et ne tient pas pleinement compte de la genèse et de la complexité de la crise actuelle. Elle ne met pas en évidence l’importance du principe de sécurité indivisible ni l’urgence de promouvoir un règlement politique et d’intensifier les efforts diplomatiques. Cela n’est pas compatible avec la position invariable de la Chine »[28].
Le représentant algérien a déclaré après le vote : « Alors que mon pays, l’Algérie, suit avec une profonde inquiétude l’évolution dangereuse de la situation et l’escalade des tensions en Ukraine, ma délégation tient à réaffirmer que l’Algérie est fermement attachée aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies […] l’Algérie se doit de joindre sa voix à tous les efforts et appels diplomatiques qui visent à apaiser les tensions actuelles et à encourager le dialogue afin de promouvoir la coexistence pacifique entre les États et de préserver la paix et la sécurité internationales »[49].
Le représentant de l'Égypte a déclaré « nous ne devons pas perdre de vue qu’il importe de s’attaquer aux causes profondes de la crise actuelle […] l’Égypte rejette l’approche qui consiste à recourir à des sanctions économiques en dehors du cadre des mécanismes internationaux multilatéraux, car l’expérience acquise au cours des dernières décennies a montré que ce type de sanctions avait des conséquences humanitaires désastreuses et soumettait les civils à de plus grandes souffrances […] met une nouvelle fois en garde contre les répercussions économiques et sociales que la crise actuelle pourrait avoir sur l’économie mondiale, qui subit encore les conséquences de la pandémie. Les perturbations croissantes des chaînes d’approvisionnement et du trafic aérien international en sont les exemples les plus manifestes »[49].
Après le vote, le représentant de l'Iran a déclaré : « La République islamique d’Iran suit avec une vive inquiétude l’évolution du conflit entre la Russie et l’Ukraine […] Nous constatons que les difficultés qui se posent actuellement en Europe orientale, région à l’équilibre déjà précaire, ont été exacerbées par les actions et les décisions provocatrices des États-Unis et de l’OTAN. Les préoccupations de la Russie en matière de sécurité doivent être respectées […] Nous estimons que le texte de la résolution ES-11/1 manque d’impartialité et de mécanismes réalistes permettant de régler la crise par des moyens pacifiques […] Mon gouvernement continue d’appeler à un règlement global, pacifique et durable du conflit, y compris un cessez-le-feu immédiat, l’ouverture d’un dialogue et la fourniture d’une aide humanitaire aux personnes dans le besoin. Pour toutes ces raisons, ma délégation s’est abstenue dans le vote sur la résolution »[49].
Le représentant de l'Irak a déclaré : « L’Iraq déplore la dégradation de la situation et l’escalade des tensions entre la Fédération de Russie et l’Ukraine. Nous appelons toutes les parties à régler cette crise en privilégiant le dialogue et la diplomatie, et à revenir à la table des négociations pour y trouver une solution à leurs problèmes, et ce, dans le but de maintenir la paix et la sécurité internationales et d’éviter que des États ne subissent des crises économiques et sécuritaires en raison de ce conflit. L’Iraq est profondément préoccupé par le risque que des terroristes tirent parti de cette crise, ainsi que par les dissensions qu’elle pourrait créer au sein de la communauté internationale. Cette crise est également susceptible d’entraver les efforts collectifs déployés à l’échelle internationale pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent. La position de l’Iraq sur la question repose sur sa propre histoire et sur les souffrances que les guerres incessantes ont fait subir à ses citoyens, sur plusieurs générations »[49].
Le représentant permanent de Cuba auprès des Nations unies, Pedro Luis Cuesta, a déploré l'« absence d'équilibre » de la résolution qui, selon lui, ne prend pas en compte les préoccupations de toutes les parties ni « la responsabilité de ceux qui ont entrepris des actions qui ont précipité l'escalade du conflit ». Il fait peser la responsabilité du conflit sur la détermination des États-Unis à élargir l'OTAN et la livraison d'armement moderne à l'Ukraine[18].
Le représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies, Vassili Nebenzia, a dénoncé « des pressions [exercées par les occidentaux] sans précédent sur un très grand nombre de pays, les poussant à voter selon ce qui les arrange. On ne peut même pas parler de pression. Il s’agit plutôt de menaces ouvertes et cyniques, et nous en sommes conscients »[22]. Selon lui, la résolution « ne permettra pas de mettre fin aux hostilités. Au contraire, il pourrait encourager les radicaux et les nationalistes de Kiev à continuer de décider à tout prix de la politique du pays en prenant la population civile en otage. J’emploie le terme « otage » au sens propre et pas au sens figuré »[11]. Il a soutenu que la Russie ne visait pas les civils et se bornait à défendre les populations russophones du Donbass ukrainien[14].
Le représentant permanent de la Biélorussie auprès des Nations unies, Valentin Rybakov, a vivement critiqué la résolution et les contre-mesures prises par certains pays contre la Russie comme « la pire manifestation du terrorisme économique et financier »[28]. Il rejette catégoriquement la condamnation de la complicité biélorusse dans l'agression contre l'Ukraine contenue dans la résolution, affirmant que son pays se contente d'organiser des pourparlers[18],[46].
Le représentant permanent de la Syrie, Bassam Sabbagh, a critiqué le « deux poids, deux mesures » de « l'Occident » pour avoir organisé une session extraordinaire d'urgence pour l'Ukraine et non pour « les crises successives et les défis majeurs auxquels la communauté internationale a été confrontée depuis des décennies »[8]. Il qualifie la résolution d'« hypocrisie politique flagrante »[46].